Les hommes nés de mères âgées de plus de 35 ans risqueraient davantage de souffrir de problèmes cardiaques

Les mères plus âgées sont plus à risque de souffrir de diabète gestationnel et de pré-éclampsie. [Photo: Getty]

Les hommes nés de mères âgés de plus de 35 ans seraient plus à risque de souffrir de problèmes cardiaques, d’après la recherche.

Une grossesse au milieu de la trentaine ou après est qualifiée de « grossesse gériatrique » et est associée à un risque plus élevé de diabète gestationnel, de pré-éclampsie et de mortinaissance.

Des scientifiques de l'université de Cambridge ont examiné des rats afin d’en savoir plus sur le lien entre les complications de la grossesse et l'âge.

Ils ont constaté que les changements dans le placenta des rongeurs plus âgés limitaient la croissance fœtale, en particulier chez les descendants mâles.

Le placenta fournit des nutriments vitaux et de l'oxygène aux bébés en développement, et les scientifiques craignent donc que ces changements soient à l’origine de problèmes cardiaques plus tard.

« L’âge moyen de la première grossesse chez les femmes est de plus en plus élevé, surtout dans les pays développés. Il est donc très important de comprendre de quelle manière l'âge de la mère et le sexe du bébé interagissent et ont un impact sur la santé de la grossesse, puis celle de l'enfant plus tard », a déclaré l'auteure principale, le Dr Amanda Sferruzzi-Perri.

Entre 14 % et 22 % de toutes les naissances vivantes au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et en Australie concernent des femmes âgées de 35 ans ou plus, ont confié les scientifiques dans la revue Scientific Reports.

Et environ 5 % des naissances en Angleterre et au Pays de Galles concernaient des femmes âgées de 40 à 44 ans en 2016, d'après l'Office of National Statistics.

Pour en savoir plus, les scientifiques se sont penchés sur des rates enceintes âgées de 9,5 à 10 mois, soit l’équivalent d’environ 35 ans chez la femme.

Les rates représentent un « modèle utile » en raison de leur « biologie et physiologie relativement similaires à celles des humains », confient les scientifiques.

Les rates plus âgées avaient un placenta moins « efficace » par rapport aux rongeurs associés à un âge de reproduction plus « normal » de trois à quatre mois.

La structure et la fonction du placenta étaient particulièrement touchées chez les fœtus masculins, d’après les résultats.

L'efficacité a été mesurée par la présence de certaines hormones et protéines, ainsi que l'expression des gènes, la santé cellulaire et le stress dit « interne ».

Les changements de placenta chez les fœtus mâles limitaient ainsi leur croissance.

Ça n’était pas le cas chez les fœtus femelles, où les placentas des rates plus âgées soutenaient parfois la progéniture de manière plus efficace que les rongeurs plus jeunes. Il n’y a pas encore d’explication pour cela.

En plus de fournir des nutriments au bébé, le placenta émet des signaux qui soutiennent le développement du fœtus et agit également comme une barrière contre les toxines.

L'organe dynamique peut changer de fonction en réponse à de faibles niveaux de nutriments ou au stress maternel.

« Avoir une grossesse à un âge plus avancé est une proposition coûteuse pour la mère, car le corps doit décider comment partager les nutriments avec le fœtus », a déclaré le Dr Napso.

« C'est pour cette raison que les fœtus ne grandissent généralement pas suffisamment pendant la grossesse lorsque la mère est plus âgée ».

« Nous savons maintenant que la croissance, ainsi que l'expression des gènes dans le placenta, sont différentes chez les mères plus âgées, et que cela est en partie lié au sexe ».

« Les changements du placenta sont généralement dangereux pour les fœtus mâles ».

Ces mêmes scientifiques avaient déjà conclu que les enfants de mères plus âgées souffraient davantage de problèmes cardiaques et de tension une fois adultes, en particulier les hommes.

Grâce à cette étude, l'équipe souhaite encourager les médecins à tenir compte du sexe du bébé d'une femme enceinte plus âgée avant de leur donner des conseils.

Ils espèrent également mener de nouvelles recherches afin de trouver des moyens d'améliorer la fonction du placenta et d'optimiser la croissance fœtale.

Alexandra Thompson