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Entre intimidations et insultes, elle fait voter la loi sur l’IVG

En acceptant ses fonctions au sein du ministère de la Santé, Simone Veil sait qu’elle va devoir mener un dur combat : celui de faire voter la loi autorisant l’avortement. "Mais je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter", confie-t-elle dans Les hommes aussi s'en souviennent, un livre d’entretiens d’Annick Cojean. Le sujet divise la France. Aussi bien sur les bancs de l’Assemblée (occupés par 490 hommes pour seulement 9 femmes) où la ministre doit affronter des insultes, parfois teintées de relents antisémites, que dans la rue où elle subit des injures d’une rare virulence. L’ancienne déportée doit même supporter des croix gammées peintes sur les murs de son immeuble. Mais elle ne baisse pas les bras et se bat pour ce droit des femmes de disposer de leurs corps. Le 26 novembre 1974, le texte est finalement adopté après de violents débats et la loi sur l’IVG entre en vigueur au mois de janvier suivant. Elle devient ainsi une icône du féminisme. Aujourd’hui encore, son portrait, souvent accompagné des mots "Merci Simone", est brandi lors des manifestations en faveur des droits des femmes. ©AFP

EN IMAGES - Les moments forts de la vie de Simone Veil, disparue il y a trois ans

"Mon premier réflexe est toujours de dire non, écrit-elle dans son autobiographie sortie en 2007. Je commence par m'opposer, c'est ainsi. Pas pour contrarier, mais pour forcer à explorer d'autres voies". Trois ans après sa disparition, Simone Veil continue d’inspirer toutes celles et ceux qui refusent de se contenter des états de faits et qui luttent pour un monde plus juste. Comme elle l’a fait tout au long de son existence. Déportée, magistrate, ministre, académicienne… Retour sur le parcours hors du commun de cette femme qui n’a jamais eu de cesse que de se battre pour les droits humains.