Maïwenn : « Ce film marque un tournant dans ma vie »

Anne Michelet
·2 min de lecture

Elle a écrit et réalisé l’émouvant « ADN », où elle évoque ses origines et dans lequel elle joue. Sincère et sensible, cette femme a le talent de transformer ses épreuves.

Pourquoi avez-vous eu envie d’aborder la quête des origines ?
Maïwenn -
C’est la conséquence d’une succession de chagrins, de manques. A partir d’un certain âge, on se prend des deuils en pleine face. On perd un parent, un ami, puis deux. Et l’on s’aperçoit que l’on dialogue avec eux, que l’on passe autant de temps avec les morts qu’avec les vivants. Ou alors, peut-être n’est-ce que moi qui suis torturée ? En tout cas, mes fantômes sont omniprésents. Je pense sans cesse à mes amies qui sont parties : que diraient- elles ? Je me souviens de moments où elles m’ont fait avancer, m’ont bousculée, à tous ces instants clés dans l’existence. Des questions m’obsèdent : comment rester vivant quand les morts s’accumulent ? Comment ne pas sombrer dans le morbide, le chagrin ? Il y a aussi eu cette phrase que l’on m’a dite : « Ton grandpère va vivre en toi maintenant ».

Qu’a-t-elle déclenché en vous ?
Maïwenn - Je l’ai trouvée stupide, passe-partout, et j’ai compris que, pour qu’elle ait un sens, il fallait la mériter. Pour se sentir heureux d’être en vie, il faut notamment accepter que l’absence nous apporte quelque chose que nous n’avions pas avant. Ce n’est pas la mort de mon grand-père qui a déclenché ADN, c’est la présence de tous les disparus. Une mort bouge les pions dans une famille et peut provoquer une quête identitaire. En tout cas, moi, je n’avais plus envie de vivre de la même...

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