La « matrescence » ou la naissance des mères

Christine Vilnet

À la naissance, le bébé est l’objet de toutes les attentions. Et la mère ? Le chamboulement qu’elle vit dans les premiers mois suivant l’accouchement a longtemps été sous-estimé. Or elle connaît un vrai processus de transition comparable à l’adolescence.

Comment se passe ta “matrescence” ? Dès que l’on rencontre une femme qui vient d’avoir un bébé, on devrait lui poser cette question. « En effet, après l’accouchement, la nouvelle mère vit un grand chamboulement interne qui peut être déroutant. Elle s’interroge sur son rapport au bébé mais aussi sur sa place dans son couple et dans sa vie professionnelle. Cela la rassurerait de savoir que ce processus de transition a été identifié », explique Julia Simon*, naturopathe, qui accompagne des femmes pendant leur grossesse et les premiers temps après l’accouchement.

C’est une anthropologue médicale américaine, Dana Raphael, qui, la première, a parlé de “matrescence” dans son ouvrage sur l’allaitement, publié en 1973. Ce terme fait référence à l’adolescence pour évoquer ce début de la maternité, un passage chahuté par des bouleversements physiologiques, hormonaux, et des émotions contradictoires.

Une période parfois douce-amère

La maternité est souvent idéalisée par les femmes enceintes. Certaines pensent qu’avoir un bébé va les combler, d’autres sont persuadées qu’instinctivement elles sauront toujours comment agir, d’autres qu’elles doivent tout sacrifier pour le nouveau-né… Or, parfois, c’est la déception, la frustration, voire la colère, qui ne sont pas des signes de dépression (voir encadré) mais des sentiments ordinaires dont les nouvelles mères n’osent pas toujours parler par peur que l’on pense qu’elles n’aiment pas leur enfant (...).

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