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« Misogynie » et « discrimination envers les femmes » : telles sont les conclusions d’un rapport parlementaire britannique sur l’industrie musicale

Le milieu de la musique britannique est un « boys club ».

De ces clubs qui auraient sans doute préféré ne jamais voir de femmes y entrer. En tout cas, le rapport que vient de publier le Women and Equalities Committee (WEC), un comité parlementaire britannique, n’y va pas par quatre chemins. Les femmes le dénonçaient, le rapport le met en évidence : la « misogynie » et la « discrimination » envers les femmes sont « endémiques » dans l'industrie de la musique au Royaume-Uni.

Un climat « entre mecs » qui autorise tous les abus, notamment sexuels. L’industrie musicale est un « boys club où le harcèlement sexuel et les abus sont monnaie courante », peut-on lire sur le rapport remis aux députés britanniques.

L’enquête a démarré en juin 2022, dans le cadre d’une plus grande investigation lancée à l’automne 2021 pour lutter contre les violences faites aux femmes et jeunes filles dans la société britannique. Plusieurs industries ont été étudiées par ce comité parlementaire.

Si la présence de stars féminines dans la musique est indéniable et que le comité a noté une « augmentation de la représentation » des femmes, l’inégalité est toujours la règle, et pas seulement salariale, les « opportunités limitées », et le « manque de soutien » sont pointés par l’enquête.

En 2023, les femmes représentaient 20% des têtes d’affiche des festivals britanniques. En comparaison, sur la même année dans les charts au Royaume-Uni, 48,5% des chansons à avoir atteint le Top 10 étaient interprétées par des femmes. Cela étonnera-t-il ? Aux discriminations de genre, s’ajoute celle de « race » : les personnes non blanches sont encore davantage discriminées.

Le rapport propose des pistes pour redresser la situation, même s’il semble que la volonté affichée en façade par le gouvernement de Rishi Sunak ne se transforme pas en actes, bien au contraire ! Sur un sujet aussi brûlant que le harcèlement sexuel, il s’est opposé en dernier recours à un projet de loi qui souhaitait « imposer aux employeurs de protéger leurs salariés contre le harcèlement sexuel ».

Le comité parlementaire s’attaque également aux clauses de confidentialités dans les contrats qui empêchent les victimes d’abus de témoigner. Il demande qu’elles soient rendues caduques, et avec un « moratoire rétrospectif » pour celles qui ont déjà signé, « en cas d’abus sexuel, de harcèlement sexuel, de comportement sexuel inapproprié, de harcèlement et discrimination ».

En France, l’association More Women On Stage, créée en 2022, tente de lutter contre les discriminations et veut aider les femmes qui intègrent le milieu musical. Ses membres ont développé notamment le More Women On Stage Festival qui aura lieu « chaque année en juin à Paris. Il s’écoule sur deux jours et nous permet de proposer une programmation musicale majoritairement féminine ainsi que des masterclass et tables rondes gratuites la journée », indique le site de l’association.

Sexisme et violence ne sont pas l’apanage du milieu de la musique, ou du cinéma. C’est l’ensemble de la société qui est touché.

Malgré les mobilisations féministes, un retour en arrière se dessine, selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publié ce mois-ci en France : près d’un quart des hommes de 25 à 34 ans estime qu’il faut parfois être violent pour se faire respecter, 59% des 25-34 ans pensent qu’il n’est « plus possible de séduire une fille sans être vu comme sexiste » et 52% qu’on « s’acharne sur les hommes ».