Montpellier: un homme lourdement handicapé reçoit 15 contraventions alors qu'il ne peut pas conduire

(Photo d'illustration) - AFP
(Photo d'illustration) - AFP

Lourdement handicapé et en incapacité de conduire, un habitant de Lavérune (Hérault) s'est pourtant vu adresser quinze contraventions au Code de la route. Ses supposés délits? Feux rouges grillés, excès de vitesse ou encore stationnements très gênants, comme l'ont rapporté nos confrères de Midi Libre.

Encouragé par son personnel soignant à porter plainte, l'homme, qui ne peut quitter son lit depuis plusieurs années, s'est finalement vu indiquer qu'il était victime d'une possible usurpation d'identité.

Un délit qui fait chaque année en France de nombreuses victimes. Une enquête menée en 2009 par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) faisait état de 210.000 cas avérés annuellement, soit un nombre plus élevé que pour les cambriolages ou les vols d'automobiles.

Des faits qui remontent à l'été 2020

Le travail d'enquête mené par le groupe des enquêtes administratives et des fraudes du commissariat central de Montpellier a permis d'établir qu'un certificat d'immatriculation pour une Citroën Picasso avait établi à l'été 2020 au nom de l'Héraultais lourdement handicapé, sans qu'il s'agisse de son véhicule.

Après avoir échangé avec le gérant du garage ayant issu la carte grise, les enquêteurs ont finalement pu retrouver la trace d'un Montpelliérain de 36 ans, défavorablement connu des services de police pour plusieurs faits de conduite sans permis.

Selon les dires du garagiste, l'homme se serait présenté à son garage avec le permis de conduire de la victime, assurant qu'elle l'avait mandaté pour éditer une carte grise en son nom. Un mensonge, puisque l'homme lourdement handicapé ignorait tout de la supercherie avant de recevoir les premières contraventions dans sa boîte aux lettres.

Une aide-soignante possible complice

Selon les enquêteurs, le Montpelliérain aurait mis la main sur le permis de conduire au travers de sa compagne. Cette dernière, aide-soignante, aurait travaillé à l'été 2020 auprès de la victime pour lui procurer des soins. Et en aurait donc possiblement profiter pour lui subtiliser le document.

Le couple a été interpellé et placé en garde à vue, avant d'être remis en liberté avec une convocation par officier de police judiciaire. Ils sont accusés d'usurpation d'identité, d'usage de faux en écriture, de recel de bien provenant d'un vol et de vol aggravé, et devront répondre de leurs possibles actes le 13 février 2023.

En France, le Code pénal prévoit un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende "le fait d'usurper l'identité d'un tiers".

Article original publié sur BFMTV.com