Le #NoFapChallenge, la cure de désintox des hommes (et de certaines femmes) pour arrêter la masturbation

Katia Rimbert
Journaliste

Vous n’avez jamais entendu parler du mouvement NoFap ? Laissez-nous éclairer votre lanterne. Des centaines de milliers d’hommes, et de plus en plus de membres de la gent féminine, ont décidé de ne plus s’adonner au plaisir en solo. Pour se sevrer de leur addiction à la branlette.

Haut les mains ! Fap signifiant “masturbation” en anglais (d’après le bruit que l’acte est censé faire, bon appétit), on comprend vite ce qu’est le NoFap : l’arrêt total de la branlette. Les adeptes de cette communauté, qui sont tout de même 450 000 (ça commence à faire du monde), se font appeler les Fapstinents ou encore les Fapstronautes et sont bien décidés à reprendre leur vie sexuelle en main. Enfin, sans leur main, justement.

Tout est parti d’une étude assez controversée - parce qu’elle n’avait analysé que 28 sujets masculins - qui affirmait qu’en arrêtant de se masturber, la testostérone avait des effets positifs le cerveau (plus de confiance en soi et moins d’anxiété) mais aussi sur notre énergie qui sera décuplée chez les hommes (et donnerait des sortes de “super-pouvoirs”, bon là faut peut-être se calmer). En 2011, la théorie s’est répandue sur le réseau social américain Reddit et a commencé à interpeller de plus en plus d’internautes. Et là vous vous demandez quel est le but derrière, parce qu’après tout il n’y a pas de mal à se faire du bien. On y arrive.

Une addiction au sexe… En solo

Si les no-frappeurs entreprennent cette démarche, c’est pour des raisons bien précises. Soit pour avoir un mode de vie, selon eux, plus sain sans sopalin au pied de leur lit. Soit et surtout parce qu’ils sont complètement accros à la pignole et particulièrement à cause du porno.

Quand on lit les témoignages publiés sur le site StopFap, ça fait froid dans le dos. On est dans l’addiction pure et dure : certain.e.s passent plusieurs heures par jour à se caresser, ont en permanence besoin de leur dose, présentent des signes de dépression, n’arrivent plus à avoir une érection ou de plaisir autrement qu’en mettant la main dans leur caleçon/culotte, perdent complètement leur libido et leur confiance en eux… Et beaucoup affirment que s’ils sont très portés sur la chose, c’est en grande partie à cause de leur exposition à la pornogaphie jeune et leur consommation de films X quasi quotidienne depuis.

Pire, des hommes révèlent être atteints de ce qu’on appelle le “death grip” (qui se traduit littéralement par “poigne de la mort”, ça vous donne une idée du truc), c’est-à-dire être quasiment insensible à une autre forme de stimulation que la masturbation et être incapable d’éjaculer sans s’astiquer le manche. C’est le cas de Julien, 19 ans, qui a témoigné de son mal-être à Glamour et dont le prénom a été changé.

"J’ai connu trois ou quatre filles avant ma première fois. Je n’ai jamais pu le faire avec elles car la branlette avait tué mon érection. J’étais condamné à la fellation et aux préliminaires, car je n’arrivais même pas à les pénétrer (...) La pénétration était infiniment moins jouissive que ma main et, à ce jour, je suis toujours obligé de me finir à la main à chaque relation”, a-t-il expliqué à nos confrères.

Le sevrage par l’abstinence

Après avoir mi un terme avec leur relation passionnée avec Madame cinq doigt, beaucoup de membres de la communauté NoFap ont révélé avoir vu des effets significatifs. Plus d’énergie, l’envie de faire plein de trucs, une aisance à aller aborder quelqu’un, une meilleure libido… Que du bonus. Et on ne parle pas de quelques jours passés en restant sage comme une image mais parfois de plusieurs années d’abstinence.f

Si vous pensiez que ce jeûne était réservé aux personnes dotées d’un pénis, détrompez-vous ! 5% de femmes dont partie de la team et elles sont plusieurs à avoir remarqué un changement au niveau de leur peau : un teint plus lisse, moins d’acné et globalement une meilleure mine qui les rend plus attrayantes. Il n’y a plus qu’à s’y mettre, bande de branleurs.