Post-partum, suicides, pulsions de mort et manque de moyens : Aude Pépin lève le voile sur les tabous de la maternité

·3 min de lecture

Des clichés de la maternité "en bleu et rose" à la réalité, il y a des joies et des souffrances, mais aussi des tabous et des non-dits. Dans son premier documentaire "À la vie", consacré au post-partum, Aude Pépin suit Chantal Birman, une sage-femme de 70 ans. Ensemble, elles mettent en lumière le manque de moyens de toute une profession peut valoriser, mais aussi de la vie après la naissance. Un véritable chamboulement pour des femmes pas toujours (ou peu) préparées à la réalité de la maternité.

De l’accouchement au retour à la maison. De la rencontre avec bébé aux nuits blanches. De la chute d’hormones à la grande fatigue en passant par le congé maternité à la charge mentale. Dans son premier documentaire "À la vie", Aude Pépin lève le voile sur les tabous du post-partum. En salle dès le mercredi 20 octobre 2021, l'enquête suit Chantal Birman, une sage-femme libérale de 70 ans qui s’est battue toute sa vie pour les droits des femmes. Au fil des témoignages et des consultations avec des jeunes mamans, ces derniers se livrent sur les joies, mais surtout les souffrances de la maternité encore trop taboues.

Le mythe de l'instinct maternel

Dans son documentaire, Aude Pépin veut déconstruire un mythe : le fameux instinct maternel. Les débuts dans la vie de mère et la rencontre avec un nouvel être "n’a pas toujours lieu", comme le souligne la réalisatrice. Dès la première scène du film, la sage-femme aborde sans détour "la pulsion de mort" que peuvent ressentir certaines mamans sidérées de découvrir "que ce fameux instinct maternel, peut-être qu’il n’existe pas". Un malaise peu pris au sérieux et encore moins évoqué lors du pré et post-partum. "L’important, c’est que l’on sache que ça peut exister et que l’on n'ait plus honte de ça", a martelé Aude Pépin qui déplore un manque d’accompagnement psychologue des jeunes parents.

Vidéo. "C'est l'une des premières causes de mortalité chez les femmes mais c'est tabou"

13 et 14% des décès maternels en France sont des suicides

Parmi les tabous évoqués dans le documentaire, celui du suicide des jeunes mamans qui correspond à "13 et 14% des décès maternels en France à un an après la naissance du bébé". "C’est la première cause de mortalité à égalité avec les maladies cardiovasculaires", a rappelé la réalisatrice. Cette dernière souligne la solitude dans laquelle se retrouvent certaines mères dès la naissance de leur enfant, contrairement aux Pays-Bas où elles sont accompagnées pendant quelques jours "médicalement, psychologiquement". "On va même aider techniquement la maman chez elle à faire un peu de ménage ou à manger". Estimant que "l’on ne s’intéresse pas assez à ce que pensent les femmes", elle invite à repenser la maternité et les thèmes qui l’entourent.

Tout au long du documentaire, Chantal Birman et Aude Pépin déplorent le manque de moyens pour soutenir les parents avant et après l’accouchement. Sans oublier la condition précaire des sages-femmes dans les maternités, mais aussi pour les libérales. Entre les sous-effectifs, l’absence de ressources financières et psychologiques, celles-ci tentent au mieux d’accompagner les grossesses et les accouchements. La féministe militante de 70 ans regrette le peu d’égalité entre le suivi médical et psychologique des parents une fois les portes de la maternité passées.

Vidéo. "C'est une période qui est complètement invisibilisée. Beaucoup de gens ne savent pas"

À lire aussi :

>> Baby box : merci pour la crème hydratante, mais…

>> Pourquoi accoucher à la maison ne présente pas plus de risque qu'en maison de naissance ?

>> Elise raconte les conditions de travail éprouvantes des sages-femmes

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles