Qu'est-ce que l'écoféminisme, ce mouvement qui sous-tend que la domination masculine sur la nature et sur les femmes est à l’origine de la crise environnementale ?

Dans son roman graphique "RESisters" (éd.Tana), Jeanne Burgat Goutal tente de vulgariser la notion de l’écoféminisme, une notion née en France, apparue dans les années 70’ et théorisée par la militante féministe et autrice Françoise d’Eaubonne. Le terme écoféministe est une contraction entre "écologie" et "féminisme". Françoise d’Eaubonne, amie intime de Simone de Beauvoir, opère un parallèle entre ces deux concepts car elle soutient qu’une prise de conscience féministe est nécessaire à une révolution écologique. Pour elle, c’est la domination masculine sur la nature et sur les femmes qui est à l’origine de la crise environnementale.

Même si le mouvement a été théorisé en France et puise donc ses racines dans l’Hexagone, il a mis du temps à se propager. La raison ? Il y a eu une forme de rejet de la part des féministes françaises de la notion de "nature". "Le féminisme français s’est toujours désolidarisé de la notion de nature." nous explique Jeanne Burgat Goutal. L’exemple le plus parlant est cette fameuse phrase de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme, on le devient". Depuis que l’écologie est au coeur du débat, le mouvement se remplume. "Aujourd’hui, le concept de "nature" paraît moins dévalorisant et dégradant qu’autre fois."

Interview : Carmen Barba

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