EN IMAGES - Romy Schneider : retour sur les histoires d’amour de la comédienne

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(Photo by Jean Pierre Loth/INA via Getty Images)
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Les Choses de la vie, César et Rosalie, La Piscine, Le Train… Romy Schneider a vécu des histoires d’amour passionnées et douloureuses au cinéma. Des idylles qui ont parfois dépassé l’écran, comme celles avec Alain Delon, Jacques Dutronc et Jean-Louis Trintignant. Retour sur la vie sentimentale d’une comédienne qui n’est jamais parvenue à trouver la stabilité, décédée prématurément à 43 ans le 29 mai 1982.

Amours de jeunesse

À l’âge de 17 ans, en 1956, Romy Schneider, auréolée du succès des trois volets de Sissi, vit sa première idylle médiatisée avec Toni Sailer, triple champion du monde de ski alpin. Si cette romance est brève, elle intéresse la presse en raison de la notoriété de la jeune actrice allemande et de l’athlète. Entre 1956 et 1957, la comédienne fréquente Horst Buchholz, qui connaîtra quelques années plus tard un succès international avec Les Sept Mercenaires. Le couple partage l’affiche du film Monpti. Ces deux idylles sont scrutées à la loupe par Magda Schneider, la mère de la jeune femme, inquiète de voir son emprise sur elle se déliter. En plus de tenter de contrôler la carrière de sa fille, elle valide ou non ses relations, comme le rapporte Télé Star. Et désapprouve celle avec Horst Buchholz, notamment en raison de sa réputation de mauvais garçon.

(Photo by ullstein bild/ullstein bild via Getty Images)
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"Un jeune type beaucoup trop beau"

En 1958, la vie de Romy Schneider est chamboulée par sa participation au long-métrage Christine de Pierre Gaspard-Huit, dans lequel elle incarne le rôle-titre. Sur le tournage, la comédienne tombe amoureuse de son partenaire, un certain Alain Delon. Elle a 20 ans, lui 23. Pourtant, leur première rencontre médiatisée ne s’apparente pas à un coup de foudre, loin de là. La production du film demande au jeune homme d’accueillir la star de Sissi à l’aéroport avec un bouquet de fleurs devant les objectifs des photographes. Citée par le site de Vogue France, l’actrice n’éprouve guère de sympathie envers ce "jeune type beaucoup trop beau, trop bien coiffé, en cravate, impeccable dans un costume trop à la mode".

(Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)
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"Très capricieuse et très ennuyeuse"

L’entente est compliquée entre Romy Schneider et Alain Delon, en partie parce que les comédiens ne se comprennent pas. Elle ne parle pas français, lui ne maîtrise pas l’allemand. Il n’apprécie pas les exigences de sa partenaire et va jusqu’à déclarer : "C'est une fille très jolie mais très capricieuse et très ennuyeuse". L’actrice a de son côté beaucoup de mal à composer avec la désinvolture du jeune premier : "Il arrivait toujours en retard au studio, après avoir sillonné Paris à une allure démente, au volant d’une voiture de sport. Je ne le supportais toujours pas. L’état de guerre était permanent entre nous".

"Qui est tombé amoureux le premier, toi ou moi ?"

Après une première période parisienne houleuse, le tournage de Christine se poursuit à Vienne. C’est dans la capitale autrichienne que Romy Schneider et Alain Delon développent des sentiments réciproques, comme l’écrit l’acteur après le décès de la comédienne le 29 mai 1982, dans une lettre déchirante publiée dans Paris Match. "Souvent, nous nous sommes posé l’un à l’autre cette question d’amoureux : 'Qui est tombé amoureux le premier, toi ou moi ?' Nous comptions : 'Un, deux, trois !' et nous répondions 'Ni toi ni moi ! Ensemble !'", se remémore-t-il.

"Ce n’était pas un baiser de cinéma"

Interrogé pour l’émission Un jour un destin en 2017, l’année de son décès, le cinéaste Pierre Gaspard-Huit évoque les débuts de la romance entre Romy Schneider et Alain Delon. "Dès le début il ne pouvait pas la pifer. Il y avait une telle différence entre eux de caractère… Il se sentait très inférieur, lui qui n’était pas très bien élevé, à côté d’une petite bourgeoise très policée. Les premiers temps ça a été très dur", assure le réalisateur de Christine, cité par Gala. Peu à peu, une complicité est née entre les deux acteurs. Au point qu’ils n’ont pas eu besoin de jouer une scène d’amour dans un parc de Vienne : "Ce n’était pas un baiser de cinéma, cela devenait vrai…"

(Photo by FilmPublicityArchive/United Archives via Getty Images)
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La fuite

Une fois le tournage de Christine terminé, Romy Schneider et Alain Delon s’installent ensemble en France. "Tu te souviens, alors ? Ta famille, tes parents, furieux. Et toute l’Autriche, toute l’Allemagne qui me traitaient… d’usurpateur, de kidnappeur, qui m’accusaient d’enlever 'l’Impératrice' !", se souvient l’acteur dans sa lettre d’adieu. Pour la comédienne, cette fuite est une véritable libération, notamment des griffes de sa mère Magda. En mars 1959, le couple annonce ses fiançailles. Il ne franchira cependant jamais le cap du mariage.

Un bouquet et quelques mots

Romy Schneider et Alain Delon se retrouvent à l’écran dans Plein Soleil, qui propulse l’acteur sur le devant de la scène. Par la suite, la comédienne fait une incursion à Hollywood. Otto Preminger la dirige dans Le Cardinal. Elle fait son retour à Paris le 18 décembre 1963. En arrivant dans leur hôtel particulier du 22, avenue Messine, la star aurait découvert un bouquet de roses Baccara et un mot laissé par son compagnon : "Je suis parti à Mexico avec Nathalie. Mille choses. Alain". Une mise en scène "complètement bidon" selon le principal concerné, cité par Le Figaro.

"Je te rends ta liberté en te laissant mon cœur"

Après les quelques mots qu’il aurait laissés à leur domicile, Alain Delon fait parvenir une lettre de quinze pages à Romy Schneider pour lui expliquer les raisons de ce départ soudain. "La raison me force à te dire adieu. Nous avons vécu notre mariage avant de nous épouser. Notre métier nous enlèverait toute chance de survie... Ne te trompe pas sur la couleur de ces fleurs : ce ne sont pas des roses noires. Je te rends ta liberté en te laissant mon cœur", écrit-il. Le cœur brisé, la comédienne met du temps à se remettre de cette séparation.

VIDÉO : 5 choses à savoir sur l'idylle entre Alain Delon et Romy Schneider :

Les retrouvailles

Cinq ans après leur séparation, Romy Schneider et Alain Delon se retrouvent dans le drame sulfureux La Piscine de Jacques Deray. Le comédien aurait imposé le nom de sa partenaire en lançant : "La Piscine, ça sera Romy et moi ou il n'y aura pas de film". L’actrice aurait de son côté déclaré : "Je veux un vrai couple, un homme et une femme qui n'ignorent rien l'un de l'autre, qui savent mutuellement de quoi ils sont capables..." Et à l’écran, le couple est plus vrai que nature.

(Photo by AFP via Getty Images)
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Un bonheur de courte durée

Le 1er avril 1965, Romy Schneider fait la connaissance d’Harry Meyen lors de l’inauguration d’un restaurant dans Berlin-Ouest. Le coup de foudre est immédiat entre les deux comédiens. L’acteur quitte sa compagne pour épouser Romy Schneider. La cérémonie se déroule le 15 juillet 1966 à Saint-Jean Cap Ferrat. La star est alors enceinte de cinq mois de son premier enfant, David, qui voit le jour le 3 décembre 1966. Si elle se retire de la vie publique pour se concentrer sur sa famille, elle voit son mariage se désagréger rapidement.

(Photo by Peter Timm\ullstein bild via Getty Images)
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Un couple rattrapé par ses démons

Leur relation battant de l’aile, Romy Schneider et Harry Meyen s’éloignent. La première souffre de dépression, le second se noie dans l’alcool. Après une séparation en 1972, le divorce est prononcé le 5 juillet 1975. L’acteur réclame alors la moitié de la fortune de la star en échange de l’abandon de la garde de leur fils. Le 15 avril 1979, à la suite de plusieurs cures de désintoxication, le comédien se suicide par pendaison.

Une liaison pour refuge

En 1973, après avoir été la muse de Claude Sautet dans Les Choses de la vie, Max et les ferrailleurs ainsi que César et Rosalie, Romy Schneider joue dans Le Train. Dans ce drame signé Pierre Granier-Deferre, l’actrice partage l’affiche avec Jean-Louis Trintignant. Tout juste séparée de Harry Meyen, la comédienne traverse alors une période compliquée. Son comportement trouble l’équipe du long-métrage pendant le tournage, comme le raconte Sarah Briand dans l’ouvrage Romy, une longue nuit de silence : "À l’occasion d’une scène, elle souhaite absolument jouer la poitrine dénudée. Le réalisateur s’y oppose. […] Il parvient à la persuader avec un argument : l’un de ses seins paraît plus bas que l’autre suivant la façon dont il la filme". Chamboulée, la star trouve refuge dans les bras de son partenaire. L’attraction de leurs personnages devient réelle. "Elle ne pense qu’à cette passion intense qui la hante et aux moments qui suivent ceux où le réalisateur dit 'Coupez !'", poursuit l’écrivaine, citée par France Dimanche.

(Photo by Patrice PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images)
(Photo by Patrice PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images)

Une famille recomposée

À l’instar du personnage qu’il interprète dans Le Train, Jean-Louis Trintignant n’est pas prêt à quitter sa compagne Nadine ainsi que leurs enfants Marie et Vincent pour vivre son histoire d’amour avec Romy Schneider. Une décision qui bouleverse la comédienne, qui espère de tout cœur que son partenaire quitte tout par amour. Néanmoins, elle trouve du réconfort auprès de son ami et confident Daniel Biasini. Après leur rencontre sur le tournage de César et Rosalie, ce régisseur devient son secrétaire particulier. Le 18 décembre 1975, le couple se dit "oui" à Berlin-Ouest. David, le fils de l’actrice et de Harry Meyen, s’attache très vite au deuxième époux de sa mère. Ce dernier devient une véritable figure paternelle pour le garçon après le suicide de son père en 1979.

(Photo by Rainer Binder/ullstein bild via Getty Images)
(Photo by Rainer Binder/ullstein bild via Getty Images)

"Elle avait besoin d’être aimée"

Dans le drame L’important c’est d’aimer d’Andrzej Żuławski, Romy Schneider et Jacques Dutronc forment un couple victime de l’ennui. En coulisses, les deux comédiens vivent une idylle passionnée, que l’acteur raconte lors d’un entretien pour Vanity Fair. "Romy était totalement sincère. Le film ne s'arrêtait pas après les prises. Elle aimait la personne qu'elle devait aimer dans le film. Elle vivait le film en dehors, donnait tout sans recevoir en retour. Une femme extraordinaire. Rien à voir avec les autres actrices, factices, pasteurisées", se souvient-il. Le chanteur admet s’être "mal comporté" avec la star, "malheureuse" et "qui avait besoin d’être aimée". Il ajoute : "Je me suis laissé embarquer dans une histoire avec elle. L'attirance était là. Mais je ne l'ai pas respectée. Elle avait une telle force. […] À la fin du tournage, je n'ai pas été très honnête ; parce que Françoise [Hardy], c'est Françoise, je n'allais pas la quitter pour Romy Schneider. C'était une femme blessée, et en tournant ce film-là, j'en ai blessé une autre : la mienne".

Le drame de sa vie

Après une fausse couche en décembre 1975, Romy Schneider donne naissance à une fille prénommée Sarah le 21 juillet 1977, fruit de son amour avec Daniel Biasini. Le couple voit sa relation vaciller progressivement et divorce en février 1981. Une rupture que le jeune David vit très mal, demandant à sa mère de pouvoir vivre aux côtés de son beau-père. Le 5 juillet 1981, l’adolescent de quatorze ans est victime d’un terrible accident. Après une balade à vélo, il se rend dans la propriété des parents de Daniel Biasini à Saint-Germain-en-Laye. Le portail est fermé et il décide de l’escalader. Il perd l’équilibre et s’empale sur l’une des pointes, qui lui perfore l’abdomen et l’artère fémorale. Il réussit à rejoindre la maison et est conduit en urgence à l’hôpital. L’actrice s’y rend précipitamment et découvre que son fils a succombé à ses blessures. Des paparazzis prennent en photo le cadavre de David. "Que des journalistes se déguisent en infirmiers pour photographier un enfant mort... Où est la morale ? Où est le tact ?", déclare-t-elle dans l’émission Champs-Elysées en 1982, citée par Purepeople. La star ne s’en remettra pas. "Pourquoi tout cela me frappe-t-il ? David est tout ce que j'aime. J'ai enterré le père. J'ai enterré le fils", écrit-elle dans son journal intime. "On dit que le désespoir que t'a causé la mort de David t'a tuée. Non, ils se trompent. Il ne t'a pas tuée. Il t'a achevée", affirme Alain Delon dans la lettre posthume qu’il lui adresse.

(Photo by Charles Biasini/Sygma/Sygma via Getty Images)
(Photo by Charles Biasini/Sygma/Sygma via Getty Images)

Un décès prématuré

Le 29 mai 1982, Romy Schneider est retrouvée morte à 43 ans dans son appartement parisien par son compagnon, le producteur Laurent Pétin. Elle laisse derrière elle sa fille Sarah Biasini, alors âgée de quatre ans. "Il y a toujours une urgence à dire aux gens qu'on les aime. Encore plus dans ma famille, où l'on connaît les risques de la mort brutale. Alors on s'arrange pour ne pas rester sur une fâcherie, on essaie de se dire les choses, au cas où nous nous verrions pour la dernière fois. C'est un peu une obsession", confie cette dernière au JDD en 2019 à l’occasion de la sortie de La Beauté du ciel, dans lequel elle évoque sa mère.

VIDÉO : les derniers mots d'Alain Delon à Romy Schneider, le jour de sa mort :

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