Dans le secret du serti mystérieux

Inventée en 1933 par Van Cleef & Arpels, cette marqueterie de pierres jouit d’une place à part dans la haute joaillerie française. Décryptage d’un savoir-faire complexe.

Comme son nom l’indique, cette technique doit rester mystérieuse ! prévient le chef de l’atelier de Van Cleef & Arpels, qui compte trente joailliers. Nos trois lapidaires sont muets comme des tombes mais vous pouvez les regarder travailler ! » Bienvenue dans le saint des saints où l’on façonne un paradoxe : tenir dans l’ombre une technique de sertissage dont la vocation est précisément de mettre en lumière rubis, saphirs et émeraudes…

Apparu dans la première moitié du XXe siècle, ce dispositif – les pierres sont calibrées pour être insérées dans des rails ou dans une résille d’or – aurait été adopté par Van Cleef & Arpels sur les conseils du fabricant de boîtes Alfred Langlois, qui eut l’idée de transposer un procédé de micro-mosaïque d’agencement de tesselles (sans joint apparent). Au début du siècle dernier, Chaumet, Cartier ou Boucheron planchent également sur ce type de sertissage, mais seul Van Cleef & Arpels en fait sa marque de fabrique et obtient une protection par brevet en 1934. « Dès son apparition, le Serti mystérieux est conçu comme un élément de notre style, explique Nicolas Bos, P-DG de l’entreprise. Il s’adapte parfaitement aux thèmes naturalistes qui nous sont chers. Il se prête aux pièces de forme aux contours très dessinés et il magnifie la couleur des pierres. Il correspond à notre identité : cacher la complexité d’une technique pour valoriser l’esthétique et la préciosité du bijou. »

Le clip Chrysanthème en rubis, diamants et platine a été fabriqué en 1937

Le clip Chrysanthème en rubis, diamants et platine a été fabriqué en 1937 (...)
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