Selon les experts, dire aux femmes enceintes de ne pas boire d’alcool est « sexiste » et provoque une anxiété inutile

Des organisations caritatives de maternité affirment que les recommandations actuelles concernant la consommation d’alcool durant la grossesse sont « sexistes ». [Photo : Pixabay via Pexels]

Des chercheurs expliquent que le fait de dire aux femmes de ne pas boire d’alcool durant leur grossesse est « sexiste » et provoque une anxiété inutile.

Les futures mères qui décident de boire de l’alcool durant leur grossesse sont souvent confrontées à une forte hostilité alors qu’il n’existe que peu de preuves solides affirmant qu’une consommation d’alcool légère ou modérée peut être nocive pour l’enfant.

Les organisations caritatives et les chercheurs ont donc demandé au gouvernement de modifier les recommandations « alarmistes » officielles, qui conseillent aux femmes enceintes d’arrêter complétement de boire de l’alcool.

Bien que la consommation excessive d’alcool durant la grossesse entraine des complications, dont le syndrome d’alcoolisation fœtale, le British Pregnancy Advisory Service (BPAS), politique gouvernementale concernant l’alcool, et Ellie Lee, directrice du centre d’études culturelles et parentales de l’université du Kent, pensent que les recommandations pour les femmes enceintes « ont une orientation trop préventive ».

Le Dr Lee a déclaré qu’il était impossible d’établir une quantité sûre concernant la consommation d’alcool durant la grossesse, et elle déplore le fait que les femmes enceintes vues en train de boire en public doivent faire face à des critiques injustes.

« Le discours public est devenu extrêmement hostile, et de nos jours, les gens pensent qu’une femme enceinte qui tient un verre de vin rouge fait quelque chose de très mal », a-t-elle déclaré.

« Les femmes sont abordées, réprimandées et observées en public. Les gens pensent que parce que vous buvez un verre, vous avez certainement vidé une bouteille de vodka au petit déjeuner. »

Le Dr Lee pense qu’à cause des recommandations actuelles, les femmes enceintes sont constamment surveillées. « Cela provoque de l’anxiété et nuit aux interactions sociales », a-t-elle ajouté. « Et l’exclusion des femmes d’une activité ordinaire sous couvert de « précaution » est un fait plus sexiste que bienveillant. »

Le BPAS fait également campagne pour faire changer le ton des recommandations actuelles qui ont tendance à effrayer inutilement les femmes. La peur est tellement présente qu’ils craignent que certaines femmes n’interrompent leur grossesse car elles redoutent que l’alcool qu’elles ont pu boire ait causé de graves dommages à leur bébé.

Clare Murphy, directrice des affaires étrangères du British Pregnancy Advisory Service, a déclaré : « Nous devons réfléchir à la façon dont le risque de problèmes durant la grossesse est communiqué aux femmes ».

« L’exagération de la réalité peut avoir des conséquences graves et créer une certitude là où il n’y en pas. Cela peut provoquer une anxiété et des inquiétudes inutiles chez les femmes enceintes, à tel point qu’elles envisagent parfois d’interrompre une grossesse non planifiée mais pas pour autant indésirée, car elles ont peur d’avoir causé des dégâts irréparables. »

Elle pense également qu’il est important de faire confiance aux femmes enceintes qui comprennent parfaitement les risques et la différence entre consommation légère et excessive.

« Les femmes ne cessent pas d’être des personnes ayant la capacité et le droit de faire leurs propres choix juste parce qu’elles sont enceintes », a-t-elle ajouté.

La recommandation de ne pas boire d’alcool durant la grossesse entraine-t-elle une anxiété inutile ? [Photo : Pixabay via Pexels]

L’année dernière, le médecin en chef Dame Sally Davies avait été accusée d’être trop « alarmiste » après avoir mis à jour des recommandations officielles concernant la consommation d’alcool chez les adultes, réduisant ainsi la quantité hebdomadaire recommandée de 21 à 14 unités et conseillant aux femmes enceintes d’arrêter complétement de boire de l’alcool.

Les recommandations précédentes ne conseillaient pas aux femmes enceintes d’arrêter complétement l’alcool, mais précisaient que si elles choisissaient de continuer à boire, elles ne devaient pas dépasser 1 à 2 unités par semaine.

Le BPAS et les membres de l’université du Kent ont prévu de débattre des recommandations officielles lors de la conférence qui aura lieu aujourd’hui à l’université Canterbury Christ Church.

Marie Claire Dorking

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