#StopPrescription : les victimes de viol sur mineur demandent la fin de la prescription pour la pédocriminalité

Laetitia Reboulleau
·3 min de lecture
© Twitter Nadège Beausson-Diagne
© Twitter Nadège Beausson-Diagne

"Violée à 15 ans, 11 ans d'amnésie, 30 ans de silence." Voilà le type de publications poignantes qui fleurissent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, de la part de stars, mais aussi de la part d'anonymes. Des hommes et des femmes qui dénoncent les viols dont ils et elles ont été victimes, en particulier durant leur enfance. Tous demandent la même chose : l'imprescriptibilité des crimes sexuels, et à l'entrée dans la loi de la notion d'amnésie traumatique.

Comme de plus en plus souvent, c'est sur les réseaux sociaux que naissent les mobilisations d'envergure. Et c’est aujourd’hui le cas de celle contre les crimes sexuels impunis. Après les mouvements #MeToo ou #IWas, qui dénonçaient les agressions sexuelles, aujourd'hui, des dizaines d'hommes et de femmes sont unis dans un même combat : la fin de la prescription dans les affaires de viol.

Pour faire passer le message, de nombreuses personnes ont décidé de faire un geste fort : prendre la pose avec un panneau affichant l'âge (ou les âges, dans certains cas) auquel elles ont été violées. Parmi les anonymes, plusieurs stars ont également donné de la voix, comme par exemple la patineuse Sarah Abitbol, ou encore l'actrice et autrice engagée Nadège Beausson-Diagne. Les deux femmes évoquent notamment le concept "d'amnésie traumatique", et demandent que cette notion soit inscrite dans la loi.

L'amnésie traumatique, c'est quoi ?

Le terme n'est pas nécessairement connu du grand public, mais les victimes d'événements traumatisants, elles, n'ignorent rien de l'amnésie traumatique. Ce terme décrit un processus psychique par lequel les victimes d'un viol, d'une agression sexuelle ou de tout autre souvenir traumatisant vont refouler leurs souvenirs, au point de les oublier... Jusqu'à ce qu'ils ne finissent par rejaillir un jour, à cause d'un stimuli, d'un choc, d'un événement.

Le phénomène est courant chez les victimes de violences sexuelles, raison pour laquelle certaines mettent des mois, voire des années à porter plainte. Or, l'amnésie traumatique représente actuellement un vide juridique, ce qui pénalise les victimes qui pourraient vouloir porter plainte, même des années après les faits.

L'imprescriptibilité, une demande très reprise

À l'heure actuelle, en France, l'article 222-23 du Code pénal dispose que le délai de prescription d'un viol sur personne majeure est de 20 ans, et de 30 ans après la majorité pour un viol sur mineur. Mais les victimes réclament aujourd'hui la suppression totale du délai de prescription, et invitent le plus de monde possible à rejoindre le mouvement : "Nous appelons les victimes d'amnésie traumatique, d'inceste et de pédocriminalité à rejoindre ce combat collectif en se prenant en photo sur le même modèle", clame Nadège Beausson-Diagne.

Par ailleurs, un manifeste porté par une trentaine d'associations et plus de 40 000 signataires demande depuis plusieurs mois à ce que les crimes à caractère sexuel ne soient plus liés à des questions de prescription des faits. Le texte l'affirme : "Rendre justice, offrir une protection, des soins, un accompagnement social et des réparations aux victimes de pédocriminels, protéger tous les enfants, doit être une priorité."

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