Thomas Lilti : « Je ne pouvais plus me cacher derrière la fiction »

Clara Géliot
·1 min de lecture

Le cinéaste publie « le Serment »*, où il raconte comment il est redevenu médecin le temps d’un confinement. Conversation avec un homme intelligent, sensible et attachant.

Quel regard portez-vous sur l’état actuel de la crise sanitaire ?
Thomas Lilti - Je me garderai bien de porter un jugement hâtif car, d’un point de vue technique, je ne suis pas plus calé que n’importe quel citoyen informé. Je peux juste dire que si j’ai la possibilité de me faire vacciner, je le ferai, mais je comprends la méfiance de certains quand on leur a expliqué qu’il fallait entre cinq et dix ans pour mettre au point un vaccin. En revanche, ce que la crise a révélé très nettement, c’est l’état déplorable de l’hôpital public, le manque de personnel et la souffrance des soignants.

Qu’est-ce qui vous a incité à renfiler la blouse de médecin ?
Thomas Lilti - Lorsque le premier confinement a brutalement interrompu le tournage de la saison 2 de ma série Hippocrate, il m’a semblé évident d’aller prêter main-forte au personnel médical de l’hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois, dans lequel nous tournions. Je l’ai fait pour moi, pour les soignants dont je parle sans cesse dans mes films, mais aussi au nom de mes équipes techniques et artistiques qui se sentaient impuissantes de ne pouvoir aider cet hôpital. J’étais terrorisé, car je n’avais pas pratiqué depuis huit ans. Mais étant identifié comme « cinéaste de la médecine », je ne pouvais pas rester sourd aux appels à l’aide. Et même si ce retour à l’hôpital en tant que médecin volontaire bénévole m’a rappelé pourquoi je l’avais...

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