Ukraine : les troupes russes se dirigent vers le sud-ouest

Alors que les soldats ukrainiens postés dans l'est rassemblent leurs forces, les troupes russes se massent, elles, dans le sud-ouest de l'Ukraine. C'est en tout cas ce qu'a constaté le ministère britannique de la Défense, qui suit la situation sur le terrain depuis le début de la guerre.

"De longs convois de camions militaires, de chars, de pièces d’artillerie continuent de s’éloigner de la région ukrainienne du Donbass et se dirigent vers le sud-ouest. On signale également des mouvements de matériel en provenance de Melitopol, Berdiansk et Marioupol, occupées par les Russes, et de la Russie continentale vers la Crimée via le pont de Kertch", écrit le ministère. Londres note également que " les forces ukrainiennes ciblent de plus en plus fréquemment les ponts, les dépôts de munitions et les liaisons ferroviaires dans les régions du sud de l’Ukraine".

Difficile toutefois de savoir si ce déplacement préfigure un nouvel assaut massif des troupes russes, ou une anticipation d'une potentielle contre-offensive ukrainienne, souligne l'institut britannique.

Un réacteur de Zaporijjia arrêté

Dans le même temps, les bombardement se poursuivent, comme à Kostantynivka dans la région de Donetsk. Des frappes ont touché dans la nuit de vendredi à samedi une école ainsi que plusieurs immeubles d'habitations." Là, vous voyez, l'horloge s'est arrêtée. A ce moment-là. A 00h20, il y avait un bombardement, j'ai ouvert la fenêtre, et j'ai été projetée par une vague", explique Evgeniya Lefimenko, une résidente de Kostantynivka de 82 ans.

Plus au nord, dans la région de Kharkiv, en partie contrôlée par Moscou, des soldats russes ont distribué de des colis humanitaires aux habitants, contenant de la nourriture ou des médicaments. Kyiv accuse la Russie d'utiliser cette technique pour s'attirer la sympathie des locaux, avant de potentiels référendums d'adhésion à la Russie, prévus en septembre.

A Zaporijjia enfin, un réacteur de la centrale nucléaire a été arrêté, après des frappes dont Kiev et Moscou s'accusent mutuellement. Selon la compagnie ukrainienne de l'énergie atomique Energoatom, une station renfermant de l'azote et de l'oxygène et un "bâtiment auxiliaire" ont été "gravement endommagés" par la frappes.

"Il existe toujours des risques de fuite d'hydrogène et de substances radioactives, et le risque d'incendie est également élevé", affirme la compagnie ukrainienne.  "Le bombardement (...) a causé un risque sérieux pour le fonctionnement en toute sécurité de la centrale", a poursuivi Energoatom, indiquant toutefois qu'elle continue de produire de l'électricité et que le personnel ukrainien continue d'y travailler.

Condamnation de l'UE

Les frappes contre  Zaporijjia a provoqué de vives réactions à l'international. Par la voix de son chef de la diplomatie, l'Union européenne a condamné "la violation irresponsable" des règles de sécurité nucléaire par la Russie.

"Il s'agit d'une violation grave et irresponsable des règles de sécurité nucléaire et d'un nouvel exemple du mépris de la Russie pour les normes internationales", a-t-il accusé dans un message sur son compte Twitter.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé vendredi l'armée russe d'avoir frappé "à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijjia", dans le sud, bien que Moscou contrôle ce territoire depuis le début de l'invasion. "Tout bombardement de ce site est un crime éhonté, un acte de terreur. La Russie doit porter la responsabilité du fait même de créer une menace pour une centrale nucléaire", a-t-il affirmé.

Au moment de la prise de la centrale en mars, les militaires russes avaient ouvert le feu sur des bâtiments du site, faisant courir le risque d'un accident nucléaire majeur.

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