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"Les gens me crachaient dessus" : Vanessa Paradis et l'horrible histoire de ses débuts

Vanessa Paradis poses during a photocall before the Chanel Spring/Summer 2019 women's ready-to-wear collection show during Paris Fashion Week in Paris, France, October 2, 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes
"Les gens me crachaient dessus" : Vanessa Paradis et l'horrible histoire de ses débutsREUTERS/Gonzalo Fuentes

Ce lundi 5 décembre 2022, M6 diffuse "L’Arnacoeur". Une comédie romantique dans laquelle Vanessa Paradis donne cette fois la réplique à Romain Duris. Si elle jouit d’une brillante carrière, l’actrice et chanteuse a pourtant connu des débuts particulièrement difficiles. À seulement 14 ans, il lui a fallu porter le poids d’une notoriété envahissante, et de toutes ses conséquences néfastes...

Mystérieuse, secrète et pourtant si populaire : dans le paysage médiatique tricolore, Vanessa Paradis est de celles qu’on ne cerne pas facilement. Si elle a longtemps porté les couleurs de la France à l’internationale, notamment à travers son mariage avec Johnny Depp, elle a toujours mis un point d’honneur à préserver sa vie privée. Loin de la lumière menaçante des projecteurs qui a bien failli briser ses rêves d’enfant. Car tout est allé très vite. Après son passage remarqué dans l’émission "L’école des fans", à seulement 8 ans, Vanessa Paradis connait un succès sans précédent grâce à son titre sorti en 1987, "Joe le taxi", vendu à plus d’un million d’exemplaires en France. Elle n’a alors que 14 ans, et n’est pas du tout préparée au raz-de-marée émotionnel que ce succès implique.

Vidéo. La Minute de Vanessa Paradis

"Joe le taxi", et l’horreur d’un public agressif

Dans les années 80, le public français voue alors une véritable fascination pour cette adolescente, au visage de poupée et à l’attitude déjà très affirmée. Du moins, sur scène. Car dans la vraie vie, Vanessa Paradis angoisse à mesure que le succès s’accroît. "Joe le taxi" devient un tube, et il lui faut désormais composer avec l’attention du public. À l’époque, tout le monde n’est pas convaincu par son talent. Le cas Paradis divise. "Ma première chanson était un grand succès. Elle était partout, à tel point que c'est devenu une contrariété pour les gens. Ils disaient des choses atroces à mon propos. Des slogans haineux étaient peints à l'extérieur de ma maison. En me voyant, les gens crachaient dans la rue. La situation s'était tellement détériorée que je sortais avec un sac sur la tête. Ce n'était pas une époque agréable" se souvenait Vanessa Paradis en 2012 dans le magazine Live.

Malgré le succès, l’adolescente est toujours scolarisée, et doit donc gérer cette double vie, entre routine et paillettes. Là encore, elle subit une "violence permanente", comme elle le racontait en 2022 sur la chaîne Arte : "J’habitais en banlieue, je prenais le RER pour aller à l’école le matin. Les gens me regardaient comme si j’étais un animal en cage et ne se passaient d’aucun commentaire à voix haute à côté de moi […] J’étais une enfant, les commentaires étaient vraiment monstrueux." Aujourd’hui encore, du haut de ses 49 ans, Vanessa Paradis n’a rien oublié de cette violence inouïe portée à son égard : "On m’insultait, on me traitait de tous les noms d’oiseaux. On m’attaquait sur mon physique, sur ma musique. Sur mon manque de talent. Ça a failli mal se passer, mais ma grande chance, c’est d’avoir les parents que j’ai, des parents extraordinaires qui m‘ont tellement entourée et donné beaucoup de liberté aussi."

Maman de Lily-Rose et Jack Depp, Vanessa Paradis sait mieux que quiconque à quel point la notoriété peut être dévastatrice. Elle-même dresse un regard lucide sur ses débuts à un si jeune âge : "J’étais très jeune, j’avais une voix de dessin animé, une voix tellement enfantine et puis parfois, je chantais très fort, c’était atroce, ou alors je chantais trop doucement. J’avais 14 ans et à 14 ans, ça ne va pas bien pour personne. On se demande qui on est, qui on va devenir, si on est assez bien. C’était horrible, horrible. J’ai commencé ce métier par un très gros succès et puis comme toujours, quand quelque chose a du succès, il y a un effet boule de neige" estimait-elle sur Arte.

Une adolescente hypersexualisée

Cet "effet boule de neige" a donc continué dans le temps. Car après "Joe le Taxi", tous les yeux étaient rivés sur Vanessa Paradis, à une époque où le public commençait à vouer une étrange et dérangeante fascination pour les "lolitas", ces adolescentes hypersexualisées. À cette époque, Elsa Lunghini fait partie de ces jeunes chanteuses qui font parler. Et elle n’a rien oublié de l’enfer qu’a vécu Vanessa Paradis, considérée par la presse à scandale comme sa rivale : "Vanessa était blonde, elle se faisait lisser les cheveux, elle portait des jupes un peu courtes. Elle bougeait de façon un peu suggestive, mais c’était sa façon à elle de bouger. Tout cela a été mal interprété, parce que je pense qu’il y avait de la jalousie. C’était très violent" confiait-elle en 2015.

Vidéo. Elsa Lunghini raconte le calvaire vécu par Vanessa Paradis à ses débuts

Deux ans après son tube, Vanessa Paradis connait un autre succès, cette fois au cinéma, dans le film "Noce blanche", de Jean-Claude Brisseau, décédé en 2019. Et là encore, l’expérience fut traumatisante. Sur le tournage, l’adolescente doit se déshabiller, mais aussi gérer l’ambiance toxique installée par le réalisateur, rencontré quelques mois avant, et avec qui le courant n’est pas passé : "C’est la productrice Margaret Ménégoz qui a arrangé la rencontre. Il est venu chez moi, il a été tout de suite très désagréable, il m’a bien bousculée, et ça a continué pendant tout le tournage, à Saint-Etienne, il ne m’a absolument pas ménagée", a-t-elle raconté au Monde en 2019. Si ce rôle a offert à Vanessa Paradis le César du meilleur espoir féminin en 1990, l’histoire (ou la justice) a malheureusement donné raison à ses traumatismes, puisque Jean-Claude Brisseau a été condamné en 2005 pour harcèlement sexuel sur deux comédiennes.

Des années après, Vanessa Paradis dresse un regard plus éclairé sur les "situations délicates" auxquelles elle a été confrontée à ses débuts, même si elle s’estime chanceuse d’avoir "toujours réussi à esquiver" : "Dans mon premier film, Noce blanche, j’avais des scènes de nu, j’avais 16 ans, c’était compliqué. J’ai esquivé, confiait-elle à Madame Figaro en 2021. Quand on commence très jeune comme moi, il y a un tas de choses qu’on ne sait pas et qu’on peut considérer comme normales quand on ne dispose pas des repères nécessaires. Il y a peut-être des choses borderline que j’ai vues et dont je n’ai pas voulu me souvenir." Si elle admet avoir "croisé des personnages peu recommandables", Vanessa Paradis a très vite compris qu’il lui faudrait se protéger, coûte que coûte : "Comme j’ai commencé très jeune, on a l’impression que j’appartiens aux gens, ce qui fait que j’ai dû me protéger plus que les autres." Les tristes raisons d’une discrétion devenue légendaire...

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