Violences conjugales : faut-il lever le secret médical pour les dénoncer ?

Myriam Loriol

Le gouvernement y est favorable s'il s'agit de dénoncer des violences conjugales. Une mesure efficace pour lutter contre les féminicides ? Les avis divergent…

Quand il évoque les «horreurs» qu'il est amené à réparer chez des femmes battues par leur compagnon, le Dr  Jacques Saboye, président de la Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, ne cache pas son émotion. «Certaines se présentent avec des fractures de la mandibule, d'autres souffrent de plaies profondes au cutter, de brûlures de cigarette, quand ce n'est pas les marques d'un fer à repasser…». Les victimes n'annoncent pas d'emblée l'origine de leurs sévices, mais le chirurgien n'est pas dupe. Et se retrouve assez rapidement dans la confidence. «Je me souviens cette patiente “amochée” au visage pire qu'un joueur de rugby, qui a prétexté une chute de vélo pour justifier les traumatismes causés par les coups de poing de son conjoint

«Je me sens complice de meurtre»

Quoi qu'il en soit, le Dr  Saboye exerce avant tout son métier de soignant. «Mais, sous couvert du secret médical, j'ai l'impression de ne pas porter assistance à des personnes qui sont en réel danger. Pire, je me sens complice de meurtre. Pour les femmes maltraitées que je reçois, l'étape d'après le médecin reconstructeur, c'est encore trop souvent le médecin légiste. Imaginez que je dois me taire… et que je suis amené à serrer la main au mari qui vient chercher son épouse à qui j'ai dû reconstituer le nez qu'il a cassé !» Autant dire que ce chirurgien approuve la proposition de loi*, faisant suite au...

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