En Antarctique, sur le lieu de tournage de La Marche de l’empereur

Sur le papier, rien de plus simple que l’histoire de ce film sorti en 2005 : il raconte la vie d’une colonie de manchots empereurs durant une année sur le continent Antarctique. Le réalisateur Luc Jacquet est un familier des lieux. Encore étudiant en biologie animale, il y a effectué un premier voyage en répondant à une petite annonce. C’est ici qu’il a appris le maniement d’une caméra. La passion de cet univers glacé ne l’a jamais quitté : c’est ainsi qu’il a eu l’idée de ce documentaire qui sera son premier long-métrage pour le cinéma.

L’une des quarante colonies de manchots empereurs en Antarctique se trouve à 800 mètres de la base Dumont d’Urville, en Terre Adélie. C’est dans ce petit quartier de France, sur le continent blanc, que s’installe une équipe de tournage réduite. Luc Jacquet passera cinq mois au total sur les lieux. Deux directeurs de la photographie, Laurent Chalet et Jérôme Maison, vont y rester un an pour emmagasiner les 120 heures de rushs. Alors que chaque couple de manchots, après s’être reproduit, doit parcourir de longues distances pour protéger son unique petit des tempêtes, du froid et des prédateurs, les deux hommes vivent un tournage éprouvant. Ils doivent tirer 60 kilos de matériel au quotidien, de la neige jusqu’aux genoux. Pour rendre compte du long voyage de ces grands oiseaux, leur rayon d’action est en réalité de 10 kilomètres ; au-delà, c’est terra incognita. Pendant l’hiver austral, ils sont pris un jour dans un blizzard terrible. Grâce à leur (...)

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