Cyanotype, l’activité déco parfaite que l’on va adorer à l’approche des beaux jours

Dans l’air du temps et ultra-décoratif, le cyanotype est en passe de devenir l’une des tendances phare du DIY. Simple et rapide, elle est l’activité parfaite pour qui débute dans les loisirs créatifs. Nul besoin de matériel sophistiqué et en plus le résultat est quasi immédiat. Deux bonnes raisons d’y succomber. Explications.Dans un ouvrage récemment publié (La magie du cyanotype) Émilie Lacour, alias Carasco, nous dévoile son univers et sa passion pour les cyanotypes. L’occasion pour la Lyonnaise de revenir sur l’histoire de cette découverte et surtout d’y partager ses tips et astuces pour mener à bien cette jolie activité. Il n’en fallait pas plus pour que l’on y pioche quelques-uns de ses astucieux conseils pour se lancer à notre tour dans l’aventure. Car réaliser des cyanotypes est a priori un vrai jeu d’enfant ne nécessitant que très peu d’investissement, ce qui les rend accessibles et amusants. Avec leurs tonalités bleutées et leurs dessins blancs à l’esprit Shibori, la teinture japonaise très simple, ils sauront envoûter toute la famille et décorer les murs des grands comme des petits.Cyanotype : C’est quoi cette technique d’impression photo ?Il s’agit d’un très ancien procédé photographique datant de 1842. Il permet d’obtenir une sorte de tirage photo monochrome mais à dominante « bleu de Prusse ». Par insolation, le soleil vient révéler sur un support la forme d’un objet ou d’un végétal posé dessus. On doit cette invention à John Frederick William Herschel, un scientifique anglais qui découvre, un peu par hasard la spécificité des sels de fer photosensibles aux ultraviolets.À lire aussi >> Des idées d’ateliers de création canon à ParisComment faire des cyanotypes ? À l’aide d’un mélange chimique (ferricyanure de potassium et citrate d’ammonium ferrique), on vient rendre photosensible un médium comme du papier, du textile, du verre ou même de la céramique. Attention, la solution réagissant à la lumière, il faut procéder à cette étape dans une pièce sombre, sans fenêtre, rideaux tirés… afin qu’aucun rayon ne vienne endommager le support. Muni d’un large pinceau, on étale la préparation sur sa surface en prenant garde à retirer poussières et imperfections qui se verront inévitablement lors du résultat final. Comme pour peindre un mur, on ne prend que la dose nécessaire qu’on viendra appliquer en la croisant pour une homogénéité parfaite. On n’hésite pas à varier les plaisirs en imprégnant la totalité de la feuille ou juste une partie. On peut aussi se laisser surprendre par quelques accidents qui pourront parfois se révéler de vrais chefs-d’œuvre. Ainsi humidifié, le papier risque d’onduler ou de se courber, alors, masking tape, petites punaises, poids discrets… s’inviteront aux quatre coins de la feuille pour la maintenir bien à plat durant le séchage et ce, toujours à l’abri de la lumière et de la poussière. Une fois cette étape prête, vient le moment d’y positionner végétaux ou petits objets. S’ils sont plats et légers, une plaque de verre, comme celle sur les cadres, stabilisera l’ensemble jouant les barrages contre le vent sans en perturber le processus. Il ne reste plus qu’à placer la composition au soleil, sans plus y toucher, et patienter. Le temps d’exposition varie en fonction de la saison et de la région, mais dans des conditions optimales, l’insolation prend entre dix et trente minutes. Vient enfin l’épreuve du rinçage. Dans environ 2 cm d’une eau pas trop calcaire, on y plonge le tirage afin de le débarrasser de la substance chimique non exposée au soleil. Tout en douceur, on fait des petits va-et-vient avec l’épreuve. Quelques gouttes de vinaigre, blanc de préférence (pour ne pas colorer le papier) ou d’eau oxygénée pourront y être ajoutées, abaissant le pH de l’eau et booster de bleu. Puis on termine par un dernier filet d’eau froide sur le cyanotype.Ultime étape, le séchage. Elle s’effectue le papier teint bien à plat ou suspendu à un fil muni de pinces comme pour le linge. Si le papier finit par s’enrouler sur lui-même on pourra le placer ensuite toute une nuit sous un gros poids, comme des livres qui feront office de presse.Quel matériel utiliser pour des cyanotypes ?Outre le support, il faudra impérativement se munir de cette liste d’ustensiles : Ferricyanure de potassium Citrate d’ammonium ferrique Flacon Pinceau plat en mousse ou à défaut qui ne perde pas ses poils/une éponge/un rouleau Petits pots Pinces à linge/ruban adhésif repositionnable Plaque de verre ou sous-verre Végétaux ou objets Eau Gants Seringue Facultatif : vinaigre blanc/eau oxygénée En ce qui concerne le ferricyanure et le citrate, on peut en trouver tout prêt sous forme liquide dans des kits du commerce, qu’il faudra simplement mélanger selon le mode d’emploi. © Taras Polatayko/iStockQuel papier choisir ?Si en théorie tous les papiers sont aptes à se prêter à cet exercice, il est néanmoins conseillé d’en choisir un, un peu épais afin qu’il ne se déchire pas une fois gorgé d’eau. On opte pour un grammage entre 160 et 300 g/m2 ou idéalement de 250 g/m2. L’utilisation de feuilles dédiées à l’aquarelle est un bon indicateur pour ne pas se tromper.Sur quel support faire des cyanotypes ?Pour réaliser de beaux cyanotypes, il leur faut un support assez poreux pour s’imprégner de la solution chimique. Si le papier est évident, il est possible de s’amuser en expérimentant d’autres surfaces. Le carton, le tissu en coton ou le bois brut seront de bons terrains de jeu. Plus périlleux et surprenant la céramique, le verre (avec ajout de gélatine) ou le béton se transformeront à leur tour en toile vierge sur laquelle exprimer sa créativité.Comment fixer un cyanotype sur du tissu ?Parce qu’on est fier de notre œuvre, que l’on veut l’exposer sur un sac, l’afficher dans un tambour façon broderie ou créer ses propres Furoshiki, il faut le fixer pour qu’il ne déteigne pas. Bonne nouvelle, pas besoin de produit ou technique particulière. Les étapes sont exactement comme pour le papier. Pour fixer l’impression, on passe le textile sous l’eau jusqu’à ce que celle-ci soit claire, sans plus de trace de chimie. Le tour est joué.Quels sont les meilleurs végétaux pour faire des cyanotypes ?Le choix des végétaux est presque infini pour qui veut se lancer dans des cyanotypes à imprimés floraux. En fonction du rendu on les choisira plus ou moins compacts. Plus ils seront légers et translucides et plus leur empreinte sera délicate et détaillée. Si les fleurs séchées façon herbier s’y prêtent bien, les fleurs fraîches peuvent aussi servir, offrant un résultat au contour plus vaporeux qu’avec les premières. Une façon bucolique de faire vivre une dernière fois les fleurs d’un bouquet trop vite fané ou sublimer les petits trésors proposés par la nature et ramassés lors de balades en forêt. © NNehring/iStockFaire des cyanotypes sans fleurs ?Envie de varier de la version champêtre ? À l’instar de Man Ray avec ses « rayogrammes », il est tout à fait possible de fabriquer ces tableaux bleus à partir d’objets divers et variés. Comme avec les végétaux, il est recommandé de jouer avec les transparences et les formes afin d’éviter de n’avoir qu’une grosse masse blanche. Dentelle, passoire, tulle, corde, flacon, pompon… s’improviseront modèles.Faire des cyanotypes à partir de photo Pour aller plus loin, on oublie fleurs et autres objets et on réalise de vrais tirages sans avoir besoin d’agrandisseur ni de chambre noire. Sur le même principe qu’une épreuve photo classique, on vient déposer un négatif sur le support. Si à l’ère du numérique, ces morceaux de gélatine se font plus rares, il suffit de créer le sien à partir de n’importe quel fichier et d’un logiciel de traitement d’image.On commence par passer notre image en noir et blanc puis en négatif pour en inverser les valeurs. Ensuite on accentue les contrastes pour obtenir essentiellement des blancs et des noirs. Enfin, on l’imprime sur une feuille transparente. Tout ce qui sera noir ne sera donc pas exposé au soleil et l’image finale retrouvera son sens de départ.Où acheter des kits de cyanotype ?Envie de s’initier ? Le plus simple pour débuter est de se procurer des kits clé en main comprenant tout le matériel nécessaire. Direction les enseignes de dessin, de loisirs créatifs ou de cadeaux pour se procurer notre Graal.

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