Justine Augier : « Lire, c'est converser avec les fantômes »

©Jean-Luc Bertini

 Dans un récit splendide, Justine Augier déclare sa flamme à la littérature et son amour à sa mère, la députée Marielle de Sarnez, disparue en 2021.

C'est Marielle de Sarnez, alors qu'elle était déjà malade, qui conseilla à sa fille d'écrire cet essai. « Croire, sur les pouvoirs de la littérature » est un manifeste exaltant les lectures reliant les hommes, en même temps qu'un ouvrage splendide sur les retrouvailles d'une fille avec sa mère. À travers des ouvrages aimés ensemble, ou au contraire qui les ont séparées, Justine Augier, romancière et autrice de deux récits sur la guerre en Syrie, livre son parcours, en même temps qu'un portrait pudique et délicat de sa mère, disparue le 13 janvier 2021. Si le chagrin imprègne ces pages, c'est la confiance dans les mots, capables de changer les choses, qui l'emporte. Entretien avec une lumineuse.             

ELLE. « Il faut que tu l'écrives, ce livre sur la littérature et ses pouvoirs », vous intime votre mère. Pourquoi vous dit-elle cela ?             

JUSTINE AUGIER. Cette idée m'est venue pendant le confinement, où j'ai ressenti de façon très forte les possibilités de la littérature face à ce qui enferme et écrase. J'en ai touché un mot à ma mère, puis je suis passée à autre chose. Est-ce parce qu'elle était elle-même enfermée à l'hôpital qu'elle y a repensé ? Cela ressemble beaucoup à sa manière de faire, c'est une sorte de commande qu'elle m'a passée, sans que je sache à ce moment qu'elle allait mourir, au cas où elle allait mourir. Sur le moment, j'ai choisi de ne pas comprendre. C'est après sa mort que j'ai...

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