EN IMAGES - Karl Lagerfeld disparaissait il y a 2 ans : 10 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur le couturier

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Le 19 février 2019, Karl Lagerfeld s’éteint à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 85 ans. La Fashionsphère se pare alors de noir, l’une de ses couleurs fétiches. Deux ans après la disparition de celui qu’on surnommait "le Kaiser", on fait défiler sur le podium des souvenirs quelques-uns de ses protégés ainsi qu’une sélection des moments forts du parcours professionnel et sentimental de ce couteau-suisse de la création, qui a révolutionné le monde de la mode.

L’amour de sa vie, une histoire platonique

De son propre aveu, Karl Lagerfeld n’a "jamais couché" avec Jacques de Blascher. L’amour qu’il a vécu avec son compagnon pendant 18 ans était purement platonique. "Il pouvait faire ce qu’il voulait", explique le designer à Paris Match, en 2018, en se confiant une rare fois sur celui qui a été l’homme de sa vie. "C’est la personne qui m’amusait le plus", se souvient-il. À la disparition du dandy parisien, décédé du sida en 1989, le directeur artistique de Fendi et de Chanel, qui l’a veillé jusqu’à son dernier souffle, décide de lui rester fidèle en ne refaisant pas sa vie avec un autre. C’est la mort qui va réunir les deux tourtereaux. En 2019 et conformément aux dernières volontés du Kaiser de la mode, les cendres de Jacques de Blascher sont mêlées aux siennes pour qu’ils reposent ensemble pour l’éternité.

VIDÉO - 5 choses à savoir sur Karl Lagerfeld :

Il a volé Choupette !

Au front row des êtres qui ont compté dans la vie de Karl Lagerfled se trouve Choupette. Magnifique chatte de la race des sacrés de Birmanie, le directeur artistique de la maison Chanel lui voue un réel culte. Il lui ouvre même un compte Instagram, désormais suivi par plus de 80 000 abonnés. Il veille aussi à ce qu’elle ne manque de rien après sa mort en lui léguant une partie de son patrimoine : "Elle a sa propre petite fortune. S’il m’arrive quelque chose, c'est une héritière", déclare-t-il lors de l’émission Le Divan, en 2015.

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Mais le félin n’aurait jamais dû connaître un tel destin ! En effet, elle appartenait au départ à Baptiste Giabiconi. Le mannequin demande à son mentor de la garder pendant une dizaine de jours le temps de passer les fêtes de fin d’année dans le sud de la France. À son retour, le designer refuse de la lui rendre. "On se dispute, et je vois une profonde tristesse dans son regard quand je repars avec Choupette. On est restés une semaine sans se parler, avant que je ne l’appelle pour passer le voir et la lui offrir", se souvient l’égérie dans le magazine Têtu.

VIDÉO : Baptiste Giabiconi : "Quand on me surnommait 'la pute à Karl', ça n'atteignait pas Karl. Il était au-dessus de ça" :

Yves Saint Laurent, son éternel rival professionnel et amoureux

Tout au long de leur parcours, les deux génies de la création se sont concurrencés. En 1954, ils remportent ex-aequo le concours du Secrétariat international de la laine. Yves Saint Laurent dans la catégorie robes du soir et Karl Lagerfeld dans celle des manteaux. Ils sont repérés par des directeurs de maisons de couture ; le premier intègre celle de Christian Dior tandis que le second entre chez Balmain. Le domaine professionnel n’est pas le seul où chacun essaie de doubler l’autre tout en restant amis. Dans les années 70, Karl Lagerfeld s’éprend de Jacques de Bascher et vit une love story avec lui. YSL, alors en couple avec Pierre Bergé, s’entiche aussi du dandy parisien, le séduit et entame une liaison destructrice avec lui. Celui qui travaille alors pour la griffe Chloé ferme les yeux sur l’infidélité de son compagnon et reprend son histoire d’amour avec le jeune homme au charme irrésistible, une fois son escapade avec Saint Laurent terminée.

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Il s’est brouillé avec sa première égérie

Précurseur en de nombreux domaines, Karl Lagerfeld a rapidement compris que pour relancer une maison de couture, il fallait en faire une marque avec une identité forte. Une stratégie qu’il met en place dès 1983 pour redorer le blason de Chanel, alors en mauvaise posture économique, et dont il est nommé directeur artistique de l’ensemble des collections. Pour incarner l’institution aux deux C entrelacés, il fait appel à une jeune inconnue : Inès de la Fressange. Pour la première fois de l’histoire de la mode, un mannequin signe un contrat d’exclusivité avec une maison de haute couture.

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Leur relation est fusionnelle jusqu’au jour où celle qui incarne "La Parisienne" fait un choix qui déplait à son mentor. En acceptant de devenir le modèle du buste de Marianne, elle l'irrite au plus haut point. Il déclare alors : "Je ne veux pas habiller un monument, c'est trop vulgaire !" et l’attaque en justice pour non-respect de la clause d’exclusivité du contrat. Pendant plusieurs années, les deux célébrités ne se parlent pas. Mais la tendresse qui les lie est si forte qu’ils finissent par se rabibocher. "On n’a plus jamais reparlé de ça, ce sont de vieilles histoires", confie à Madame Figaro celle qui est restée l’une de ses plus fidèles amies.

Il a lancé un concept marketing

Visionnaire, Karl Lagerfeld veut démocratiser l’accès au luxe en mettant en place une stratégie marketing : le "masstige", contraction entre mass-market et prestige. En novembre 2004, il est le premier grand couturier a collaboré avec la marque H&M. Il crée pour le géant suédois une collection capsule avec des pièces signatures, éditées en une centaine d’exemplaires seulement, et à prix très abordables. À renfort d’un plan de communication XXL, le lancement est un vrai phénomène. Les fashionistas font le pied de grue devant les magasins du monde entier pour s’offrir un vêtement siglé et n’hésitent pas à batailler pour décrocher une veste pailletée ou une robe noire à 99 €. Il n’y a pas assez de modèles pour tout le monde et les clientes sont rapidement frustrées. La star est déçue par la petite quantité de pièces mises en vente par l'enseigne, une stratégie pour susciter le manque chez les consommatrices. "Je trouve pénible que H&M ait contrarié tant de gens. C'est du snobisme dans l'anti-snobisme", n’hésite-t-il pas à déclarer au magazine allemand Stern.

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Il a porté un gilet jaune qui met tout le monde d’accord !

En 2008, Karl Lagerfeld arbore sur son sempiternel uniforme noir et blanc un gilet jaune. Il a décidé de prêter son image pour une bonne cause : la sécurité routière. Avec le slogan "C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut sauver la vie", le but de l’opération est d’informer les conducteurs français de l’obligation d’avoir désormais cet indispensable accessoire dans leur véhicule.

capture écran reportage Guillaume Bonnet, Guillaume Rollin, FRANCOISE KADRI / AFPTV / AFP
capture écran reportage Guillaume Bonnet, Guillaume Rollin, FRANCOISE KADRI / AFPTV / AFP

Son filleul, son mini-lui

Sans enfant biologique et brouillé avec sa sœur Christiane, Karl Lagerfeld s’est constitué une famille de cœur. Parmi les membres de cette tribu choisie figure en bonne position Hudson, le fils de Brad Kroenig – l’un des mannequins fétiches du styliste. Le couturier est impressionné par son filleul, qui lui rappelle le petit garçon sage et passionné de mode qu’il a lui-même été. Il le fait arpenter les podiums alors qu’il n’a que trois ans et lui propose de participer à des campagnes de publicités pour les nombreuses griffes qu’il chapeaute. C’est aussi à son petit protégé, qui ferait partie de ses héritiers, qu’il confie le privilège de déclencher à ses côtés le décollage de la fusée Chanel lors du défilé désormais culte automne-hiver 2017-2018.

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Il a adoubé celle qui a fait rougir le football français

Connu pour le choix de ses égéries iconiques telles que Claudia Schiffer, Vanessa Paradis, Inès de la Fressange, Lily-Rose Depp ou encore Cara Delevingne et Keira Knightley, Karl Lagerfeld étonne le public en choisissant de parrainer une célébrité par qui le scandale est arrivé. En 2012, il accepte de devenir le photographe officiel de la collection de lingerie de Zahia, l’ancienne escort-girl dont les relations avec des joueurs de l’équipe de France de football, alors qu’elle était mineure, avaient fait trembler le milieu en 2010. Pour le directeur artistique de la maison Chanel "rien n’est vulgaire" chez cette jeune femme, désormais devenue actrice. Et pour faire taire ceux qui lui reprocheraient son passé sulfureux, il n’hésite pas à rétorquer dans Le Journal du Dimanche : "Coco Chanel a commencé comment à votre avis ?". Une réponse qui n’est pas sans nous rappeler que le Kaiser de la mode était aussi le roi de la punchline !

instagram@zahiaofficiel
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Il aimait créer des rivalités au cœur de son clan

La disparition du designer et la succession complexe de son patrimoine ont mis en lumière quelques conflits au sein de la tribu Lagerfeld. Notamment entre Baptiste Giabiconi et Sébastien Jondeau. Un an à peine après la mort du génie de la mode, le premier déclare figurer en tête de ses sept héritiers. "Il voulait que je sois son fils d'une manière ou d'une autre", explique-t-il sur le plateau de Sept à Huit. Des propos qui choquent l’un des proches du couturier qui s’en offusque dans les colonnes de Voici : "Il n’est même pas sur la liste des personnes convoquées chez le notaire pour l’héritage !". Selon la même source, le mannequin et son pygmalion s’étaient même brouillés quelques années avant le décès de ce dernier. Une dispute liée, entre autres, à la jalousie que l’ex candidat de Danse avec les Stars éprouvait à l’égard de Sébastien Jondeau. Une rivalité qui aurait été alimentée par le Kaiser lui-même ! L'assistant personnel du styliste revient sur les relations tendues entre lui et l’autre protégé dans son ouvrage Ça va, cher Karl ? "Karl aimait monter les garçons les uns contre les autres. C’est la part perverse de sa personnalité", écrit-il dans son livre. Aujourd’hui et au-delà de la mort, l’homme aux cheveux talqués continue de diviser ses favoris… Qui ne se disputent plus son attention ni ses faveurs mais son héritage !

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Des obsèques modestes "pour ne pas encombrer"

Si Coco Chanel, la fondatrice de la maison de couture qu’il a dirigée pendant plus de trente ans, a eu droit à des obsèques VIP en l’église de La Madeleine à Paris, Karl Lagerfeld ne voulait surtout pas de cérémonie solennelle. "Si un jour je meurs, je ne veux pas d'enterrement non plus. Je trouve cela horrible. Je veux juste disparaître comme les animaux de la forêt vierge. C'est horrible d'encombrer les gens avec ses restes", confiait-il dans l’émission Le Divan. Et ses dernières volontés de discrétion ont effectivement été respectées à la lettre après sa disparition à 85 ans, des suites d’un cancer de la prostate. Le 22 février 2019, seule une poignée de très proches – dont Choupette, sa grande amie Caroline de Monaco et sa fille Charlotte Casiraghi – assistent au funérarium du Mont-Valérien (92) à l’incinération de celui qui est devenu une icône de la mode. Conformément à ce qu’il souhaitait, ses cendres ont été mélangées à celle de sa mère et à celle du grand amour de sa vie, Jacques de Basher, avant d’être dispersées dans un lieu gardé secret.