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Muriel Robin (Doutes) : "Les femmes violées ne sont pas bien accompagnées par les forces de l'ordre"

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Actrice française emblématique, Muriel Robin a toujours été une femme engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le 5 novembre prochain, elle revient sur le petit écran avec Doutes, un téléfilm dont l'héroïne va voir sa vie basculée lorsque son mari et producteur va être accusé de viol. L'occasion pour elle de se mettre à la place compliquée de la femme d'un agresseur.

Muriel Robin fait partie de ces stars qui n'ont jamais hésité à donner de la voix contre les violences faites aux femmes. Présente aux manifestations de #NousToutes, l'actrice et humoriste a déjà interpellé le président de la République, bien décidée à l'enjoindre à agir contre ce fléau, grande cause du quinquennat. En 2018, la comédienne avait abandonné ses rôles humoristiques pour se glisser dans la peau de Jacqueline Sauvage, emprisonnée pour avoir tué son mari, qui la violait et violait leurs filles. "Je me reconnais dans ces femmes fortes qui portent une Jacqueline Sauvage, une Marie Besnard, puisque le thème, c'est une petite fille qui est devenue grande, qui a été agressée par un homme", a-t-elle confié face à la caméra de Yahoo!. "Et en vérité, on sait très bien que dans les situations de viol, c'est une parole contre l'autre, et la vérité, on ne sait pas où elle est."

Elle dénonce un manque d'accompagnement des victimes

Alors qu'une grande enquête a prouvé que 66 % des femmes victimes de violences sexuelles se considéraient toujours comme mal accueillies au commissariat, et que le hashtag #DouplePeine a récemment dénoncé le manque de bienveillance des forces de l'ordre face aux victimes de viol, Muriel Robin l'affirme : "Être une femme violée, c'est être pas bien accompagnée par les forces publiques." Mais cela ne s'arrête pas là, puisque ces violences sexuelles distillent une véritable peur chez les victimes : "Être une femme violée, c'est aussi le sexe de l'homme qui devient une arme, et ça me fait une peine folle parce que c'est des femmes chez qui ça s'installe, c'est dramatique. Tout d'un coup, ce sexe qui est là, qui fait partie d'un être, c'est peut-être une arme."

Aussi, l'actrice semble comprendre cette défiance qui s'installe envers la gent masculine, en dépit de ceux qui clament : "Pas tous les hommes". "Ce qu'il faut, c'est peut-être que les chiffres baissent, parce qu'il ne faudrait pas qu'un jour on regarde les hommes en se disant : il a une arme sur lui. Il y a certaines femmes qui aujourd'hui voient les hommes comme ça." Mais surtout, elle aimerait comprendre ce qui se passe dans la tête des agresseurs : "Qu'est-ce qui fait qu'un homme, tout d'un coup, a besoin de faire ça ? Qu'est-ce qu'on lui a donné, qu'est-ce qu'on ne lui a pas donné ? Il y a un boulot de dingue à faire, quoi. Je pourrais pleurer si je continue à en parler", regrette-t-elle.

Vidéo : "Une main aux fesses, ce n'est pas rien" alerte Muriel Robin

La nécessité de libérer la parole

Dénoncer un viol, témoigner contre son agresseur, ce n'est jamais facile. De nombreuses victimes ne trouvent le courage que bien des années plus tard, ce qui peut avoir des conséquences tout au long de la vie de personne violée. C'est la raison pour laquelle Muriel Robin aimerait encourager une vraie libération de la parole, qui passerait forcément par un meilleur accompagnement : "Une femme doit commencer à parler tout de suite, très vite. Ce qu'il se passe dans les violences faites aux femmes, et vraiment, ça a été lu au scanner : il y a une dissociation qui se passe, qui fait qu'il y a des neurones qui ne se touchent plus. Ce qui fait que la personne que l'on tape ou que l'on viole, elle regarde ça comme si ce n'était plus elle. C'est comme si elle était coupée en deux." Et, plus que jamais, elle rappelle le caractère essentiel du fait de rassurer les victimes de violences sexuelles : "La première chose à dire à une femme qui a été victime de ça, c'est : "Tu n'y es pour rien, il n'a pas le droit". Il faut rappeler vraiment les basiques."

Il faut dire que, comme bon nombre de femmes, Muriel Robin a elle aussi été victime de tentatives de viol et d'agressions sexuelles : "Moi dans ma vie, j'ai été choquée rétrospectivement. J'ai un curé qui m'a mis la main sur la cuisse. Quand j'avais 12 ans, je faisais la même taille, j'avais déjà une mâchoire carrée et les cheveux courts. Et malgré tout, il a fait ça avec moi. Je me souviens, il était très sympa avec moi, le père Frachon. Il disait des gros mots, donc on l'aimait bien, ça avait un côté moderne. Et clac, la main qui remonte. Moi, je lui dis non. J'avais ce caractère-là. Mais je vois bien le physique qu'elles avaient les filles de ma classe. Toutes ces filles avec des prénoms doux, des cheveux longs, des physiques comme on peut l'imaginer. Elles ont dû y monter, aussi, au-dessus de la chapelle. Et je ne suis pas sûre que ça se soit passé comme ça." Rebelote quelques mois plus tard, avec un homme plus jeune : "J'ai été coincée dans un ascenseur quand j'avais 12 ans, aussi, par un garçon. Il a commencé à vouloir certainement me violer. La porte s'ouvrait, se fermait. Je faisais 1m70, et j'ai réussi à sortir. Mais je me souviens très bien du palier, et de m'être dit que évidemment, je n'allais pas dire ça à mes parents pour ne pas qu'ils se fassent de souci." A l'époque, elle avait préféré préserver sa famille, même si elle en a aujourd'hui conscience : "Ça a peut-être fait quelque chose sur moi, dans mon inconscient ou dans mon rapport aux autres, aux femmes, je ne sais pas."

Un sujet qui la touche, porté sur le petit écran

Après avoir incarné Jaqueline Sauvage, Muriel Robin se glisse cette fois-ci dans un personnage de fiction, Agnès Baer, dans Doutes. Pour ce téléfilm, qui sera diffusé le 5 novembre prochain à 20h55 sur Arte, elle incarne rédactrice en chef et présentatrice d’une émission d’investigation à succès, mariée à Gabriel (Olivier Claverie), son partenaire de toujours et producteur de l’émission. Mais le jour où ce dernier va être accusé de viol par une jeune femme, la journaliste va se lancer dans une enquête personnelle pour comprendre ce qu'il s'est réellement passé.

Cette histoire touche particulièrement Muriel Robin, qui s'est toujours posé cette question : comment réagir si l'on apprend que quelqu'un de son entourage est accusé de viol ? "Si demain, j'apprends que quelqu'un que je connais, qui vraiment m'est proche, est suspecté de viol, je serai très embêtée. Si c'est mon ami, je me dis que j'ai choisi des amis intelligents. Donc s'il est intelligent, il pourra imaginer la situation où je suis. Que je l'aime, mais que lui seul connaît la situation où il est, mais que maintenant que quelqu'un a dit autre chose... Est-ce qu'il me pardonnera de faire un break ? Et quand on aura la réponse, on se retrouve, ou on ne se retrouve pas." Et surtout, elle se mettrait à la place de sa compagne : "C'est pour ça que Doutes m'a intéressée, parce que dès qu'il y a un homme, je pense à sa femme et je me dis "Wahou". On en parlera jamais, d'elle, mais comment elle fait ? Dernièrement, il y a un gynécologue qui a été accusé par 60 patientes. Sa femme est assise à côté de lui. Donc la femme qui est assise à côté de lui, elle est sûre que son mari n'a rien fait. Comment peut-elle être sûre ? Ça remet tout en question, et c'est très pervers. On se dit : "Si cet homme que j'aime a fait ça, ma vie est finie"."

Vidéo. "Un viol, ça commence tout de suite" alerte Muriel Robin

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