Nager, c'est se réapproprier son corps et s'émanciper "avec sensualité", défend la philosophe du désir Chantal Thomas

La nage permet-elle de se libérer ? Chantal Thomas, brillante philosophe, le rappelle volontiers dans ses écrits, les podcasts où elle intervient, les interviews. Dans les pages de "Madame Figaro", l'érudite dévoile les atours émancipateurs de la mer, l'océan, la baignade.

Qu'est-ce que la nage ? Une source d'émancipation pour les femmes. Une autre manière, profondément sensuelle, d'expérimenter sa relation au corps, à la nudité, aux autres. C'est en tout cas ce dont est persuadée la philosophe et historienne du libertinage Chantal Thomas. L'autrice de "Souvenirs de la marée basse" et "Journal de nage" est revenue sur cette conviction en ce début d'été, et c'est passionnant.

Dans les pages de "Madame Figaro", l'érudite dévoile les atours émancipateurs de la mer, l'océan, la baignade. "Dans la mer ou l'océan, on se sent porté, exalté, on sent son corps répondre aux sollicitations de l'eau", détaille-t-elle avec émotion. "J'ai voyagé, nagé partout dans le monde, jusque dans le Grand Lac Salé, aux États-Unis, où l'eau vous porte tellement qu'elle vous enserre et qu'il est presque impossible de bouger".

"Mais chaque fois qu'on peut nager dans une mer ou un océan, il existe quelque chose entre l'appropriation, puisque le paysage devient nôtre, et l'acceptation d'une dépossession de soi. Kafka disait qu'on ne pouvait pas connaître un paysage tant qu'on n'avait pas nagé en ce lieu. Chaque bain est unique".

Et sa réflexion, très incarnée, ne s'arrête pas là...

La philosophe féministe Chantal Thomas nous rappelle pourquoi la nage libère le corps des femmes

On vous le disait volontiers l'espace d'un long article enrichi des témoignages de nos lectrices : la nage libère le corps...

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