Naomi Watts sans tabou sur la ménopause : "La société en a fait une honte mais vieillir est un privilège"

NEW YORK, NEW YORK - APRIL 19: Naomi Watts attends the 2022 Tribeca Ball on April 19, 2022 in New York City. (Photo by Theo Wargo/Getty Images)
Naomi Watts veut briser le tabou sur la ménopause. (Photo by Theo Wargo/Getty Images)

Dans le monde du showbusiness, vieillir est un tabou. Dans notre société, des sujets tels que la ménopause le sont également. Mais Naomi Watts semble bien décidée à donner un coup de pied dans la fourmilière pour ouvrir les discussions sur l'âge des femmes et ses conséquences.

La ménopause est une réalité biologique qui touche l'intégralité des femmes cis et des hommes trans. Impossible d'échapper à ce bouleversement hormonal qui va avoir de nombreuses conséquences. En France, chaque année, près de 400 000 personnes sont concernées par la ménopause, et pourtant, selon une enquête britannique commandée par Tena et publiée dans les colonnes du Sun, la moitié de ces personnes ménopausées ne parlent pas de cette situation avec leur partenaire. Malheureusement, la ménopause, au même titre que les menstruations, sont encore un sujet tabou auquel s'ajoute la question de l'âgisme, qui touche particulièrement les femmes.

Naomi Watts, victime de ménopause précoce

Actrice engagée, Naomi Watts n'a jamais eu sa langue dans sa poche. Récemment, sur Instagram, elle a décidé de prendre la parole et d'évoquer avec son franc-parler habituel la question de la ménopause. L'occasion de révéler sans complexe qu'elle a longtemps eu très peur de cette période de sa vie. "Le mot ménopause vous fait peur ? Pour moi, ça a été le cas. Mais pourquoi ? C'est juste une phase naturelle de la vie et quelque chose qui affectera directement la moitié de la population et l'autre moitié la ressentira indirectement."

Cette peur est justement née d'un manque de discussion au sujet de cette étape de la vie de nombreuses personnes, à cause d'un tabou qui n'a pas vraiment de sens... Et du fait que la ménopause l'a prise sans crier gare, en arrivant avec plusieurs années d'avance : "Quand j'étais à la fin de la trentaine, j'étais enfin prête à commencer à penser à fonder une famille. Puis la ménopause a tout fait sauter, cela ressemblait à une collision frontale avec un camion. Comment pourrais-je comprendre cela alors que personne n'en parlait ? J'ai été touchée par la ménopause plus tôt que mes pairs. Mes mentors et ma mère ne semblaient pas disposés à en discuter, je ne savais pas comment demander de l'aide et ils ne savaient pas comment m'en fournir... même les médecins avaient peu à dire", dénonce-t-elle, toujours très touchée par la ménopause précoce dont elle a été victime.

Elle veut ouvrir les discussions et briser le tabou

La comédienne en a conscience : le tabou qui entoure la ménopause nuit à la cause de toutes les personnes concernées, ou qui seront un jour concernées par ce bouleversement. "C'est étrangement comme un code de silence non écrit : les femmes devraient l'accepter et s'en sortir, car c'est ainsi que les générations passées l'ont fait", regrette-t-elle, bien décidée à ne pas renouveler cette erreur. "Lorsque vous mettez en lumière des conversations inconfortables, elles deviennent plus faciles. Des progrès sont faits. Pourquoi celui-ci en particulier a-t-il pris si longtemps ? Conquérons la stigmatisation et luttons contre le secret et la honte que nous avons ressentis et contribuons à créer une base plus saine pour les générations futures."

Ce message est une dénonciation à peine voilée de l'âgisme, un problème particulièrement présent dans le milieu du showbusiness. "Vieillir est un privilège et un moment pour nous de nous sentir fiers de nos expériences cumulées - de nous sentir autonomes, sans vergogne. Je pense que faire partie d'une génération d'acteurs du changement est passionnant. Plus besoin de traverser cela seule." Des propos qui font écho à ceux tenus il y a quelques années dans les colonnes du Times : "La société en a fait une honte et nous avons besoin de nous soutenir les unes les autres. Qu'on ne nous fasse pas nous sentir peu attirantes, non fertiles, comme des vieilles femmes grincheuses qu'il faudrait faire retirer de la circulation." Une sombre constatation qu'elle compte bien faire évoluer.

À LIRE AUSSI

>> Ménopause : la moitié des femmes le cachent à leur partenaire

>> Est-il possible de prévoir l’apparition de la ménopause ?

>> Ménopause : elle surviendrait plus tôt chez les femmes racisées, selon une étude

À voir également : "On n'est plus vraiment une femme" : Anne, 28 ans et ménopausée, raconte son calvaire