Papillomavirus : les garçons aussi ?

Marine Cygler

Douze ans après sa recommandation aux jeunes filles, la Haute Autorité de santé (HAS) préconise la vaccination des garçons contre les papillomavirus, responsables de lésions précancéreuses, et donc de cancers. Trois questions à la Dre Hélène Borne, gynécologue, responsable de l'unité de colposcopie de l'hôpital de Saint-Cloud.

En quoi les garçons sont-ils concernés ?

« Ils le sont à double titre. D'abord parce qu'ils sont vecteurs des papillomavirus, très contagieux, qui se transmettent par voie sexuelle, certes, mais aussi par simple caresse génitale. D'autre part, même si le tribut est moins lourd que chez les femmes, le papillomavirus est également responsable de cancers - pénis, anus, gorge - chez l'homme », explique-t-elle. Très fréquente au début de la vie sexuelle, l'infection par le papillomavirus (ou HPV) peut entraîner une modification des cellules dont certaines peuvent devenir cancéreuses.

À quoi sert la vaccination ?

« Elle évite le risque de développer une maladie très discrète qui ne se déclare que très tard avec des traitements anticancéreux très lourds et souvent mutilants », souligne Hélène Borne. Administré avant tout contact sexuel, « c'est un vaccin efficace à 98 % et avec une très bonne tolérance » explique-t-elle. Recommandée mais pas obligatoire, la vaccination est conseillée à un âge compris entre 11 et 14 ans. Une bonne couverture vaccinale des jeunes permet d'envisager que, dans le futur, les cancers liés à HPV, celui du col de l'utérus en tête avec encore mille décès par an en France, n'existent plus.

Faut-il parler sexualité lors de la vaccination ?

Cette vaccination HPV correspond au rappel de 11 ans DT-polio. « Les deux vaccins peuvent être faits au même moment, ce qui est pratique et permet de ne pas évoquer...

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