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Serge Gainsbourg et Jane Birkin : l'impact de leur séparation sur Charlotte Gainsbourg

Serge Gainsbourg and Jane Birkin on the set
(Photo by Bernard Allemane/INA via Getty Images)

Mis à l'honneur sur France 3 dans le documentaire "Gainsbourg, toute une vie" ce jeudi 31 mars, Serge Gainsbourg aussi bien inspiré que choqué le grand public, et ce à bien des niveaux. Mais au-delà de son talent, c'est aussi sa relation avec Jane Birkin qui a marqué les esprits. En particulier celui de leur fille Charlotte Gainsbourg, lors de la séparation de ses parents.

En 1968 et après une idylle passionnée avec Brigitte Bardot, Serge Gainsbourg fait la connaissance de Jane Birkin. Elle a 18 ans de moins que lui, mais le coup de foudre va être immédiat, et leur histoire d'amour va transcender leurs carrières respectives. Au cinéma comme dans le monde de la musique, leurs collaborations font sensation, peut-être parce qu'elles sont habitées par cette sensualité et cette provocation qui les caractérisent. Trois ans après leur rencontre, ils donnent naissance à Charlotte Gainsbourg, née le 21 juillet 1971 à Londres. Mais, 9 ans plus tard, leur séparation est fracassante.

Vidéo. “C’est très douloureux” : quand Charlotte Gainsbourg raconte ses souvenirs en compagnie de son père Serge Gainsbourg

Pourquoi Jane Birkin a-t-elle quitté Serge Gainsbourg ?

Au mois de septembre 1980, la décision de la chanteuse est prise : il faut qu'elle s'éloigne de cette relation qui devient toxique à bien des égards. Plusieurs raisons ont été avancées au sujet de cette séparation, à commencer par les excès de l'artiste, qui n'a jamais caché son penchant pour l'alcool, ni le fait de fumer cigarette sur cigarette. Gainsbourg n'est plus : Gainsbarre, son jumeau maléfique et torturé l'a remplacé pour de bon. Et Gainsbarre n'est pas l'homme dont Jane Birkin est tombée amoureuse 12 années plus tôt.

Ce jour-là, elle claque la porte de leur domicile situé au 5bis rue de Verneuil, à Paris. Jane Birkin embarque ses valises, et part main dans la main avec Kate Barry, sa fille aînée, et sa cadette Charlotte Gainsbourg, tout juste âgée de 9 ans. Cette histoire, le biographe de Serge Gainsbourg la raconte dans son livre "Gainsbourg", aux éditions Albin Michel, avec notamment des témoignages de la photographe disparue il y a quelques années : "C'est vrai qu'à la fin ça tournait en rond, c'était l'Elysée-Matignon tous les soirs avec les mêmes spectateurs. Jane n'en pouvait plus, elle avait l'impression d'étouffer."

De son côté, l'ex-muse de Serge Gainsbourg confie au biographe : "Je suis prise de vertige quand les choses vont mal, parce que c'est très difficile de ne pas les faire aller encore plus mal, confiait-elle. Quand vous sentez que vous commencez à perdre, vous perdez encore plus." Mais à l'époque, elle avait refusé, sur le conseil de ses avocats, d'évoquer publiquement leur rupture et les raisons de cette dernière. Gainsbourg, lui, craque et finit par confier à la presse : "J'ai cru toucher le fond de la piscine et je me suis aperçu qu'il y avait un double fond. Je me retrouve tout seul dans cette garçonnière de milliardaire. […] Ce qu'il me faudrait: une fille de platine. J'ai eu une fille en or mais elle s'est tirée. Jane est partie par ma faute, je faisais trop d'abus. Je rentrais complètement pété, je lui tapais dessus."

Les souvenirs de Charlotte Gainsbourg

Dans un entretien accordé à Télérama, Charlotte Gainsbourg a accepté de se remémorer les querelles entre ses deux parents, la violence qui pouvait éclater à tout moment au coeur de leur foyer. "Avec ma mère, ils se mettaient pas mal sur la gueule, j’en garde des souvenirs cuisants, et elle n’était pas en reste." Une violence qui a perduré même après la rupture : "Même après leur séparation, quand il venait nous voir chez elle, les assiettes volaient. Ils buvaient beaucoup."

Enfant à cette époque, elle n'a rien oublié de l'enfer traversé par son paternel : "Je sentais qu’il se faisait du mal, se souvient-elle. Il s’accrochait à moi pour monter dans les taxis, je ne comprenais pas où il voulait aller, ce qu’il cherchait. C’était douloureux d’accepter qu’il se brûle." Dans les colonnes de L'Illustré, elle confiait toutefois que son père avait bien compris à quel point leur séparation lui avait fait du mal : "Je pense qu’il m’a vue souffrir, mais qu’il était impuissant. On était vraiment très, très proches sans avoir besoin de se parler." Serge Gainsbourg la couvrait de petites attentions assez particulières : "Chez mon père, vers 18 ans, s’il ne m’incitait pas à fumer, il préparait pour moi un paquet de cigarettes, une boîte de Lexomil (anxiolytique, ndlr) et un cendrier. C’était la norme."

Le décès de son père a tout changé

L'année de ses 19 ans, et alors que ses parents ont pris le chemin de la réconciliation et collaborent à nouveau ensemble, Charlotte Gainsbourg doit affronter le drame de sa vie : le décès de son père. Dire adieu à cet homme qu'elle admirait tant n'a pas été simple, en particulier à cause des réactions du public. "Je me sentais acculée, je n’ai pas su gérer mes émotions au milieu d’une telle effervescence. Il a fallu que je rejette tout en bloc. Je n’avais pas envie de partager. Je comprends maintenant ce besoin qu’ont les gens de me parler de lui et l’affection qui s’en dégage, mais quand j’avais 19 ans, il n’y avait que ma peine, et je me sentais agressée : “Comment peuvent-ils ne pas voir qu’ils me meurtrissent quand ils me racontent leurs souvenirs ?” "

Il lui a fallu de nombreuses années pour pouvoir à nouveau lire et écouter son père sans en souffrir. Marquée à jamais par cette enfance si particulière.

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