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Sexualité : les Français font de moins en moins l’amour, mais ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle

Les Français n’ont jamais aussi peu fait l’amour depuis plus de 50 ans.
Tom Merton / Getty Images Les Français n’ont jamais aussi peu fait l’amour depuis plus de 50 ans.

SEXUALITÉ - Depuis 50 ans, les indicateurs concernant l’activité sexuelle des Français(es) n’ont jamais été aussi bas. La proportion de celles et ceux ayant eu un rapport au cours des 12 derniers mois est tombée à 76 % en moyenne, 15 points de moins qu’en 2006.

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La France « n’échapperait donc pas au phénomène de récession sexuelle observé ces dernières années », indique cette étude de l’Ifop pour Lelo, qui paraît ce mardi 6 février et a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 911 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Une récession particulièrement vraie pour les 18-24 ans : plus d’un quart des jeunes initiés sexuellement (28 %) admettent ne pas avoir eu de rapport en un an, soit cinq fois plus qu’en 2006 (ils étaient alors 5 %).

La fréquence hebdomadaire des rapports sexuels a elle aussi baissé : aujourd’hui, 43 % des Français(es) disent faire l’amour une fois par semaine, contre 58 % en 2009. Un indicateur là aussi plus élevé chez les jeunes initiés, puisqu’ils sont seulement 52 % à avoir en moyenne un rapport sexuel par semaine, « ce qui est nettement en deçà des personnes âgées de 25 à 50 ans », indique l’étude.

Déconstruction des injonctions au sexe

Pour autant, ces chiffres sont à remettre dans leur contexte. Lorsque l’on s’y penche plus précisément, ils n’apparaissent pas forcément comme une mauvaise nouvelle. Les Français, et surtout les Françaises, semblent en effet se détacher de certains carcans liés à la sexualité et de certaines injonctions.

Les femmes sont par exemple de moins en moins nombreuses à se plier au devoir conjugal : 52 % des femmes âgées de 18 à 49 ans déclarent qu’il leur arrive de faire l’amour sans en avoir envie, contre 76 % en 1981. La déconstruction de ce concept reste toutefois lente et largement inachevée.

L’étude parle également d’une « dissociation croissante » entre conjugalité et sexualité. Elle transparaît par exemple dans « la popularisation du principe selon lequel on peut vivre avec quelqu’un sans avoir de rapport sexuel », loin de l’injonction à avoir une sexualité active au sein d’un couple.

Ainsi, 54 % des femmes adultes (+ 14 points par rapport à 1981) et 42 % des hommes déclarent pouvoir continuer à vivre avec quelqu’un dans une relation purement platonique. Selon les résultats, 16 % des 65 % de Français(es) en couple admettent aussi ne pas ou ne plus avoir d’intimité physique avec leur conjoint.

« Cette enquête met en exergue la proportion croissante de Français(es) qui parviennent à s’affranchir d’une certaine “normalité sexuelle” et tout particulièrement des injonctions sociales qui lient forcément le couple à une vie sexuelle intensive », conclut François Kraus, le directeur de l’expertise Genre et Sexualités de l’Ifop.

La concurrence des écrans

Mais les causes qui expliquent cette forte baisse de l’activité sexuelle des Français sont multiples et ne se résument pas à cette dissociation entre conjugalité et sexualité. Parmi les raisons à l’abstinence chez les célibataires, on retrouve l’absence de partenaire attrayant, pour 63 % d’entre eux. Les hommes la justifiant aussi par leur incapacité à plaire et à trouver des personnes qui auraient envie de faire l’amour avec eux.

L’enquête évoque également la concurrence des écrans, notamment pour les couples. Chez les jeunes de moins de 35 ans vivant à deux sous le même toit, la moitié des hommes (50 %, contre 42 % des femmes) reconnaissent avoir déjà évité un rapport sexuel pour regarder une série ou un film. Ces hommes sont aussi 53 % à avoir déjà préféré les jeux vidéo au sexe, et 48 % les réseaux sociaux de partage de photos ou de vidéos.

Il n’empêche, cette étude le prouve, les Français sont moins enclins à se plier à une sexualité normée. « Les décennies 2010-2020 marquent bien l’amorce d’un nouveau cycle où la contrainte à avoir une vie sexuelle pour faire “plaisir” ou “comme tout le monde” se fait moins forte », indique l’étude dans sa conclusion.

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