On a voulu savoir si les superaliments sont des vrais aliments miracles

“Superfood”, “superaliments” etc, vous n’avez pas pu passer à côté de ces termes à la mode, qui désignent ces petits aliments réputés très riches en nutriments et excellents pour la santé, comme les noix, les amandes, les baies de goji, le curcuma ou les graines de chia. Quand certains ne jurent que par ces derniers depuis des années, d’autres n’y voient qu’un phénomène marketing bien rodé. Faut-il croire aux super-pouvoirs des superaliments ? Nous avons enquêté.

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Des bienfaits indiscutables

Au moindre coup de mou, Yushing, auteur de labaguettequiriz.com, consomme “une tisane au gingembre, sucre roux et aux baies de goji, qui a le mérite de diffuser de l’énergie en continu et de façon très douce, contrairement au café”. “J’y suis sensibilisée depuis toute petite, car dans la culture chinoise, les baies de goji sont des alicaments“, poursuit celle qui a décidé de partager ses recettes inspirées de la médecine chinoise sur son blog. Comme elle, de nombreuses personnes intègrent aujourd’hui des superaliments dans leur alimentation, bien décidées à maximiser leurs chances de rester en bonne santé.

Une bonne habitude selon Karine Ravier Wrobel qui assure que les bienfaits de ces graines, ces baies, ces épices ou encore ces oléagineux sont “indiscutables” ! En effet, les superfood sont particulièrement riches en antioxydants, à commencer par la spiruline, cette fameuse algue aux propriétés exceptionnelles et les baies de goji, de cranberries ou d’açaï.

Pourtant, ces superaliments n’ont rien de magique à en croire la naturopathe, qui précise qu’ils ne peuvent pas faire de miracles : “Si nous sommes adeptes de la junk food ou que notre alimentation n’est pas assez équilibrée et riche en fruits et légumes et en bons nutriments, les superaliments n’arriveront pas à eux seuls à amener suffisamment de nutriments intéressants”.

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De plus, pour en tirer le meilleur, il existe quelques règles de consommation à respecter… Quelques précautions pour leur consommation “Quand on achète des superaliments, il faut déjà les choisir bio, et de préférence dans les petites boutiques bio car il y a normalement un cahier des charges qui garantit une qualité”, conseille Vanessa Lopez, naturopathe et auteur du livre Secrets de naturopathes.

Certaines baies de Goji sont des leurres

En effet, certaines baies de goji produites “massivement en Chine” ne contiendraient selon elle “plus aucun nutriment”. De quoi rendre leur consommation infructueuse. Une fois sélectionnés avec soin, il est préférable de “faire tremper les superaliments, notamment les fruits secs et les fruits séchés, dans l’eau pour les rendre plus assimilables. Pour les fruits séchés, cela permet de ne pas se déshydrater quand on les mange et de baisser leur teneur en sucre”, selon la naturopathe, qui conseille aussi de varier les superfood afin de diversifier les apports en nutriments. Même son de cloche chez Karine Ravier Wrobel, qui précise que la prégermination des “amandes, des noisettes, des légumineuses etc, leur donne des qualités nutritionnelles incomparables en faisant apparaître en 24h ou 48h des enzymes, qui permettent une assimilation optimale des vitamines et minéraux contenus dedans”.

Les superaliments locaux à privilégier La consonance exotique de certains superaliments, comme les graines de chia provenant du Mexique et les baies de goji originaires du Tibet, est parfois un argument marketing. De quoi faire oublier que nous disposons localement de superaliments tout aussi intéressants que nous “utilisons sans le savoir” comme l’explique Vanessa Lopez : “l’ail, l’oignon, les brocolis, les choux, les petites baies rouges comme le cassis, les fruits secs comme les amandes, les noisettes ou les noix de cajou, sont aussi des superaliments”.

“Quelquefois, les superaliments mis en avant sont très chers comme le miel de manuka qui coute 45€ le pot, alors qu’un miel de montagne de thym, a autant de bienfaits !”

Autre superaliment local, la spiruline, micro-algue d’eau douce très riche en protéines qui serait efficace contre la fatigue ou l’anémie, est aujourd’hui cultivée en France, comme l’explique Karine Ravier Wrobel : “Il y a des producteurs en Normandie et dans le sud, c’est en grand développement et c’est de plus en plus accessible. ”

Autre alternative à ces superaliments venus du bout du monde : les graines et les légumineuses à faire germer chez soi : “On peut faire germer soi-même des lentilles bio, du quinoa bio, du sarrasin, ça ne coûte rien, c’est concentré en vitamines et minéraux. Cela augmente la teneur en nutriments”, affirme Vanessa Lopez. Des aliments vraiment inoffensifs ? Mais la consommation de ces aliments vertueux est-elle réellement sans danger ?

“Certains superaliments sont tout même caloriques, il faut se méfier, cependant ces calories auront un effet moindre que si nous les mangeons sous forme de gâteaux”, affirme Karine Ravier Wrobel. De la même façon, les graines germées qui sont “très riches en fibres”, “peuvent accelérer le transit”, ce qui peut surprendre les personnes qui en consomment, explique la naturopathe qui recommande d’en manger en petite quantité au début. Quant à ceux qui souffrent de problèmes inflammatoires, Karine Ravier Wrobel leur conseille “de faire d’abord le point avec leur naturopathe, qui va pouvoir proposer quelque chose de vraiment adapté à leurs symptômes”. Pour sa consoeur Vanessa Lopez qui affirme elle aussi qu’il ” n’y a pas une règle qui serait la même pour tous”, les personnes doivent avant tout “se reconnecter à leurs corps, retrouver leurs sensations, pour comprendre ce qui leur convient ou non”.

Wassila Djellouli