Vasectomie : une nouvelle technique "sans scalpel" pour moins de douleurs

Le Canada pratique la méthode "sans scalpel" depuis trente ans. (Getty Images) (Getty Images)

Le nombre de vasectomies a été multiplié par dix en dix ans. Aujourd'hui, le CHU de Toulouse teste une nouvelle méthode sans scalpel. Explications.

La vasectomie est autorisée en France par la loi du 4 juillet 2001. Si au début, moins de 2 000 interventions étaient réalisées chaque année, elles étaient plus de 23 300 en 2021, selon les données de l'Assurance maladie. De plus en plus d'hommes effectuent cette méthode de stérilisation qui consiste à couper et à bloquer les canaux déférents transportant les spermatozoïdes à partir des testicules.

Entre 2010 et 2022, le CHU de Toulouse a réalisé une étude auprès de près de 450 hommes sur les motivations à réaliser cet acte de contraception. Parmi les 207 réponses, 78% hommes assurent avoir voulu prendre à leur compte la charge contraceptive au sein du couple. Pour 67% des sondés, la réflexion a duré plus d'un an. De plus, 4 hommes sur 5 ne rapportent aucune modification du désir, de l'érection, de l'éjaculation et de l'activité sexuelle. Ce que confirme la Haute autorité de Santé (HAS) : "La vasectomie n’a pas d’impact sur l’apparence physique, ne modifie pas la qualité de l’érection, de l’éjaculation, le désir et le plaisir sexuel". Autre information importante, elle ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et sida.

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Une intervention "sans scalpel"

Depuis cet automne, le CHU de Toulouse propose une nouvelle technique dite "sans scalpel". La France est en retard, le Canada pratique cette méthode depuis trente ans. "À la différence de la chirurgie traditionnelle où il fallait inciser de 1 cm de chaque côté, nous ne réalisons qu'une seule incision au niveau de la ligne médiane des bourses et nous utilisons deux pinces spécifiques, moins grosses, pour attraper et extraire le canal déférent. La cicatrisation est meilleure (il n'y a pas de suture cutanée) et nous améliorons beaucoup de paramètres comme la douleur post-opératoire", explique le Pr Eric Huyghe, urologue-andrologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, responsable du comité d'andrologie et médecine sexuelle de l'association française d'urologie (AFU), cité par La Dépêche.

Avant de compléter : "Les retours des patients sont bons, l'intervention ne dure que dix minutes, anesthésie comprise. Nous voudrions aller plus loin en proposant, à partir du mois de mars, la réalisation des vasectomies en soins externes avec une arrivée et un retour à pied plutôt que sur un brancard. Cette chirurgie est très mal valorisée, il faut faciliter les parcours, d'autant que la demande ne fait qu'augmenter".

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