Agressions sexuelles : les viols ont augmenté de 19% en 2019

Katia Rimbert
Journaliste
Agressions sexuelles : les viols ont augmenté de 19% en 2019

Les agressions sexuelles ont augmenté ces douze derniers mois. C’est le triste constat d’une enquête nationale dévoilée par le ministère de l’Intérieur. Pour autant, cela montre aussi que ces actes sont mieux reconnus, par les victimes comme par les autorités. Explications.

C’est l’heure du bilan. Si le mois de janvier est propice aux nouveaux départs et aux bonnes résolutions, c’est aussi la période où l’on découvre les résultats des études réalisées tout au long de l’année précédente. Le 16 janvier dernier, le SSMSI (Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure a dévoilé son rapport sur la délinquance en France métropolitaine. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Près de 20% de viols déclarés supplémentaires

En 2019, les agressions sexuelles ont augmenté : 54 100 ont été déclarées au cours des douze derniers mois. Et parmi elles, ce sont les viols déclarés qui sont le plus en hausse - à hauteur de 19% contre + 17% en 2018 et +12% en 2017 - tandis que les violences sexuelles ont diminué (12% de signalements en plus contre 19% l’année précédente). Le harcèlement sexuel est lui aussi en hausse par rapport à 2018, avec 8% de cas supplémentaires recensés. Et la tendance est la même chaque année depuis 2017, avec des données en constante augmentation. Triste réalité.

Si ce phénomène est alarmant, il démontre aussi une véritable prise de conscience, notamment grâce au mouvement #MeToo et à l’affaire Weinstein qui a permis la libération de la parole des femmes.

Plus d’agressions mais aussi plus de dénonciations

En effet, les viols, agressions et violences dont il est question ont été recensés “à partir des données collectées par la police et la gendarmerie” en plus des statistiques “issues de l’enquête annuelle de victimisation pour la mesure des dépôts de plaintes”. Ce sont donc des actes déclarés, qui ne représentent donc pas l’ensemble des victimes. Mais, si les chiffres augmentent, cela signifie que ces dernières ont été plus nombreuses à reconnaître que ce qui leur arrive n’est pas normal, à dénoncer ce qu’elles subissent et à porter plainte.

On voit une “évolution du comportement de dépôts de plainte des victimes”, précise la SSMSI en ajoutant qu’elle se fait “dans un contexte d'amélioration des conditions d'accueil des victimes par les services”. En prenant la question dans le sens inverse, on se rend compte que ce sont en réalité les agressions non dénoncées qui diminuent. Ce qui est déjà une avancée non négligeable.

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