95% des femmes ne regrettent pas d'avoir avorté, même cinq ans après

Katia Rimbert
Journaliste
95% des femmes ne regrettent pas d'avoir avorté, même cinq ans après

La (très) grande majorité des femmes ayant eu recours à une IVG affirment ne pas regretter leur décision, selon une récente étude. De quoi déconstruire les arguments des anti-avortement qui cherchent à culpabiliser les patientes.

L’avortement est un sujet encore tabou, et même très controversé, notamment aux États-Unis. Pourtant, selon une récente étude américaine, les femmes qui ont fait une IVG sont extrêmement nombreuses à n’avoir aucun regret concernant leur choix.

Les chercheurs de l'université de Californie à San Francisco ne se sont pas contentés d’interroger des femmes venant de subir une interruption volontaire de grossesse. Ils ont suivi 667 d’entre elles, originaires de 21 états différents des États-Unis, pendant cinq ans (à raison d’une rencontre tous les six mois depuis 2015). Le but ? Suivre leur évolution personnelle et savoir si leur avortement avait eu un impact psychologique sur le long terme. Le résultat est sans appel, cinq ans après l’intervention, 95% des participantes ne la regrettent pas.

Laisser du temps au temps

Si 27% des interrogées avouent que cette décision a été “très difficile” à prendre tandis que 27% du panel confient qu’elle a été “assez difficile”, 46% révèlent que le choix s’est fait sans contrainte. Bon, ça à la limite, on s’en doutait. Et surtout, c’est un peu 50-50, ce qui ne donne pas vraiment de tendance émergente. Sauf que les scientifiques affirment que “le nombre de femmes signalant [des] émotions négatives a considérablement diminué, en particulier au cours de la première année”, y compris chez celles qui avaient hésité à devenir maman.

Briser les idées reçues

En revanche, là où l’étude - publiée dans la revue Social Science & Medicine en janvier 2020 - parle d’elle-même c’est avec un chiffre qui va clouer le bec à tous ceux qui utilisent le regret et la culpabilité comme arguments anti-avortement. 95% des participantes ne regrettent pas de ne pas avoir garder leur futur enfant. Et surtout, le sentiment qu’elles formulent à hauteur de 70%, ce n’est ni la culpabilité, ni la colère ou la tristesse mais : le soulagement.

“L’écrasante majorité des femmes qui font le choix d’avorter continuent de penser que c’était la bonne décision (...) Cela démystifie l’idée que la plupart des femmes souffrent émotionnellement d’un avortement”, explique le Pr Corinne Rocca en précisant que “les émotions liées à un avortement sont associées au contexte personnel et social et ne sont pas une conséquence de la procédure d'avortement en elle-même”.

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