Le body neutrality, l’anti-body positive qui arrête de nous mettre la pression pour aimer notre corps

Katia Rimbert
Journaliste
Le body neutrality, l’anti-body positive qui arrête de nous mettre la pression pour aimer notre corps

Le body positive serait-il déjà dépassé ? S’il partait d’une bonne intention, il peut être culpabilisant. C’est pour cela que son petit frère est né. Dites bonjour au body neutrality ou l’art d’aimer son corps sans forcément aimer son physique. Si, c’est possible.

Lorsque le mouvement body positive a débarqué dans notre feed Insta, on a crié au génie. Et surtout, on avait envie de dire merci à toutes ces nanas qui se battent au quotidien pour qu’on apprenne à s’aimer tel.le qu’on est. Sauf qu’évidemment, ce n’est pas (du tout) évident de faire la paix avec ses fesses/son ventre/ses hanches/sa cellulite/ses jambes (rayez la mention inutile).

Tout comme c’est compliqué d’assumer des bourrelets qu’on a toujours caché sous des sweats XXL, des vergetures qui nous complexent depuis notre première grossesse, de l’acné qui ne part toujours pas à trente ans passé… Bref, d’aimer notre enveloppe corporelle et tous ses petits défauts. Parce que personne n’est parfait, au cas où vous ne le sachiez pas encore.

La fausse bonne idée ?

On ne va pas se mentir, ça nous met aussi une certaine pression alors qu’on a rien demandé. Si tu n’es pas adepte du self love, tu es hors game. C’est un peu le nouveau mantra à suivre. Sauf que c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît.

Et puis, on a tendance à l’oublier, mais initialement le #bodypositive a surtout été créé pour lutter contre la grossophobie avant d’être repris en masse par tout le monde. D’un côté, bien sûr qu’on peut être mal dans sa peau quand on fait un 40 mais d’un autre, cela dessert un peu la cause de voir tout plein de filles publier des photos d’elles en bikini ou en sous-vêtements avec ce hashtag alors qu’elles ne sortent pas vraiment des normes. En conséquence, les militantes de la première heure ne s’y retrouvent pas toujours et le concept en lui-même perd son sens.

Oublier sa silhouette

C’est pour ça que le body neutrality a fait son apparition. Qu’est-ce que c’est ? Un juste milieu entre l’insatisfaction permanente et l’acceptation de soi totale. Là où il devrait être un peu plus facile de se situer, en somme.

Mais cela va un peu plus loin puisque le but est aussi d’apprécier son corps pour ses capacités, pas pour son apparence. Pour ce qu’il est capable de faire, de produire, de soulever, d’accoucher, de ressentir. Et là, on découvre que c’est quand même un super allié voire un super-héros.

Alors, on s’aime ? Ou du moins, on essaye ?

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