Ils portent des sous-vêtements bio et disent pourquoi c'est important

Wassila Djellouli
Journaliste lifestyle

Nous choisissons souvent nos sous-vêtements selon des critères esthétiques ou de confort. Pourtant, nous aurions tout intérêt à nous pencher sur leur composition, comme nous le faisons pour nos produits de beauté ou nos aliments. Les personnes que nous avons rencontrées les choisissent bio, et cela n’a rien de farfelu…

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Nous ne voulons plus ingérer d’ingrédients chimiques ni étaler sur notre peau de crème à la composition obscure. Alors pourquoi exposer notre intimité à ces mêmes risques ? C’est en réalisant qu’elles négligeaient de protéger ces parties fragiles de leur corps que certaines personnes ont pris une décision : troquer leurs sous-vêtements classiques pour des culottes, caleçons et/ou soutiens-gorge biologiques !

Des substances nocives dans les sous-vêtements classiques

Chez d’autres, c’est une sensibilité particulière à certains produits ou matières qui les oblige à se tourner vers des alternatives plus saines : “Depuis plusieurs années, j’ai abandonné les sous-vêtements en synthétique, cette matière ne m’a jamais vraiment plu ou convenu, j’ai toujours eu l’impression qu’elle empêchait la peau de respirer correctement” , écrit par exemple Chloé, 28 ans, sur son blog myslowlife.fr. Julie du blog sorteztoutvert.fr, nous explique de son côté être particulièrement sensible aux perturbateurs endocriniens, présents en nombre dans les sous-vêtements classiques. Des substances nocives, que l’on peut retrouver dans les teintures utilisées ou plus simplement dans les tissus, et qui affectent le système hormonal.

Mais les risques sont loin de ne concerner que les personnes qui les portent. L’impact sur l’environnement est énorme, l’industrie de la mode étant l’un des secteurs les plus polluants. Selon un film réalisé par la marque de lingerie anglaise Eco-Boudoir, 18 kg de CO2 seraient rejetés pour la création d’une petite culotte et 20 ml d’eau de javel et de colorants toxiques seraient utilisés pour la fabrication d’un sous-vêtement, causant des maladies respiratoires chroniques. Autre chiffre saisissant : 2 milliards de dollars seraient dépensés en pesticides chaque année sur les champs de coton. De quoi s’interroger sur sa consommation…

Un paysan toucherait en moyenne 0,005€ par culotte produite

S’il était difficile de trouver des sous-vêtements bio il y a quelques années encore, plusieurs marques en proposent aujourd’hui. La plateforme Bloomers.eco, qui suggère “des alternatives mode et lifestyle éthiques et écologiques”, s’en fait d’ailleurs l’écho : “Les matières utilisées pour la fabrication de sous-vêtements conventionnels sont principalement synthétiques et issues de la pétrochimie ou en fibre de coton traité avec des pesticides.  Alors […] il nous semble impératif de proposer des alternatives écologiques aux sous-vêtements classiques comme par exemple les culottes en coton bio d’Olly ou la gamme de sous-vêtements homme/femme d’Organic Basics“, nous explique Margot Guilbert, l’une des fondatrices.


Une démarche qui implique aussi la santé des agriculteurs qui cultivent le coton, exposés en première ligne à la pollution et souvent sous-payés. Pour chaque culotte produite, un paysan toucherait en effet l’équivalent de 0,005€ selon le film d’Eco-Boudoir…

Des sous-vêtements bio moins sexy, mais plus durables

Certes, s’offrir des sous-vêtements éco-responsables a un (petit) coût, une culotte basique de chez Olly étant par exemple proposée à une trentaine d’euros. Mais cette somme est finalement rentabilisée, comme le laisse penser Margot Guilbert qui affirme que “la matière, plus noble, est beaucoup plus résistante que les matières synthétiques et donc plus durable”. C’est donc finalement sur l’aspect esthétique que les sacrifices peuvent être les plus ardus. “Les modèles bio sont souvent moins “sexy”, […] la coupe est un peu classique”, regrette Julie de sorteztoutvert.fr. Une réflexion que rejoint Margot, qui a elle-même remplacé “les sous-vêtements conventionnels par ceux en coton bio dans son tiroir à lingerie”  : “Le design est souvent beaucoup plus sobre et minimaliste”. Quant aux soutiens-gorge en coton bio, “ils sont généralement fabriqués sans armatures”, explique-t-elle. Mais ce n’est rien à côté de la tranquillité d’esprit qu’ils permettent de retrouver, à en croire Julie, tout de même emballée par ces produits : “Les tissus sont super doux, il y a une belle tenue, j’ai une peau douce, et surtout psychologiquement je suis plus sereine”.

Pour être sûr d’acheter des sous-vêtements réellement éco-responsables, mieux vaut cependant se renseigner en détails sur les valeurs défendues par chaque marque. Mais surtout se fier à certains labels, Comme le OEKO-TEX 100 qui garantit que les teintures utilisées sont non-nocives pour la santé et l’environnement…

Wassila Djellouli