Morgane Ortin (Amours solitaires) : “On nous a fait croire que les jeunes ne s’envoyaient que des dick pics mais c’est faux”

Katia Rimbert
Journaliste

La créatrice du compte Instagram Amours solitaires sort ce 30 octobre le deuxième tome directement inspiré des messages d’amour qu’elle publie sur le réseau social. Et elle a découvert que ces missives 2.0 faisaient tomber bien des stéréotypes.

La personne qui se cache derrière Amours solitaires, c’est Morgane Ortin. La jeune femme a créé ce compte Instagram en 2017 pour une raison très personnelle : conserver ses échanges avec son amoureux. “On s’envoyait de très beaux messages et j’avais peur de les oublier alors je faisais plein des captures d’écran mais elles finissaient noyées dans le flot de ma pellicule photos. Je me suis dit que ce serait super d’ouvrir un lieu où je puisse stocker ma propre mémoire amoureuse. J’ai immédiatement pensé à Instagram parce que c’est le royaume de l’image et ça m’intéressait de travestir la plateforme en y publiant que des mots”, nous explique-t-elle.

Très rapidement, elle a eu l’idée de partager les mots doux de ses abonnés et a reçu une déferlante d’écrits plus poétiques les uns que les autres (900 par jour tout de même). Son leitmotiv : “répondre à une solitude de plus en plus grandissante à l’ère du numérique”.

Des sextos qui cassent les idées reçues

Morgane Ortin nous avoue avoir été particulièrement surprise par les sextos que certains de ses followers lui ont partagé. “Contrairement à tout ce qu’on a essayé de nous faire croire dans la presse comme quoi les jeunes étaient ultra vulgaires, communiquaient beaucoup avec des dick pics par exemple, je me rends compte que c’est faux. Il y a un art du sexto, qui est hyper créatif et ultra poétique (...) L’érotisme et le fantasme ne passent pas seulement par l’image mais beaucoup par les mots”, déclare-t-elle.

Quant à savoir si ce sont des hommes ou des femmes qui sont à l’origine de ses posts Instagram, difficile d’en être sûr. Et justement, c’est tout l’intérêt. “On est tous conditionnés par la société patriarcale dans laquelle on vit, qui longtemps nous a fait croire - par exemple - que les hommes, beaucoup moins que les femmes, n’avaient pas le droit d’être sensibles, fleur bleue, mélancoliques, de souffrir par amour… À l’inverse, on nous a fait croire beaucoup trop longtemps que les femmes n’avaient pas le droit d’être sensuelles, de ressentir et d’exprimer du désir, d’utiliser des mots crus. Alors que c’est faux, on est tous égaux face à des notions aussi intimes que l’érotisme, l’amour ou le romantisme”, révèle l’autrice pour qui ces émotions sont “non genrées mais humaines avant tout”.

À partir des contributions reçues, cette dernière a publié un premier livre intitulé Amours solitaires, qu’elle qualifie de “roman épistolaire 2.0” pour pallier sa “frustration de ne jamais connaître la suite des messages publiés”. Le deuxième tome est sorti ce 30 octobre. Une série est également en préparation avec Arte.

Retrouvez notre interview intégrale de Morgane Ortin :

A LIRE AUSSI

Après le ghosting, voici le soft ghosting ou l’art de nexter quelqu’un en douceur (et de façon pas très honnête)

Les personnes qui envoient des émojis à leurs crushs auraient plus de relations sexuelles (bande de coquinous !)

Une application scanne vos SMS (oui, oui) pour savoir si vous allez conclure avec votre crush