Je n'aime pas Noël : "La société nous impose d'être heureux, entourés et enjoués à des dates précises"

Laetitia Reboulleau
·5 min de lecture
Annoyed young woman sitting between her friends looking at her smartphones
© Getty Images

Les fêtes de fin d'année sont considérées comme une période joyeuse, de retrouvailles, de soulagement général. L'idée de se réunir en famille, de décorer le sapin, de préparer (et recevoir !) des cadeaux a de quoi réjouir la grande majorité des personnes. Mais quid de celles et ceux qui n'aiment pas Noël ? Personnes isolées, fâchées contre leur famille, ou qui ne trouvent tout simplement pas grand intérêt à cette période festive : autant de profils qui redoutent les semaines à venir et attendent janvier avec impatience.

Le compte à rebours est lancé : il reste désormais moins d'un mois avant le réveillon de Noël. Les ventes de sapins vont bientôt exploser, les décorations prennent place à tous les coins de rue, les listes de cadeaux se préparent... Bref, pour bon nombre de personnes, c'est l'effervescence, le bonheur, la joie : autant de choses que l'on assimile à "l'esprit de Noël". Mais cette célébration est pourtant loin de faire l'unanimité. Considérés comme des Grinch, les anti-Noël ne rêvent bien souvent que d'une seule chose : une soirée en solo loin des injonctions à la bonne humeur qui accompagnent la dinde et les marrons.

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"Depuis le divorce de mes parents, Noël est un enfer"

Marc fait partie de ces personnes pour qui les fêtes de fin d'année ne sont pas vraiment une période joyeuse. "Oui, d'accord, recevoir des cadeaux quand j'étais gosse, c'était cool. Mais tout est parti en sucette après le divorce de mes parents. Chaque année, il fallait le faire chez l'un, pendant que l'autre se retrouvait "abandonné" dans son coin. Et moi, je culpabilisais. D'après ma psy, c'est à cette époque-là que j'ai commencé à détester les fêtes."

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Aujourd'hui, Marc a 38 ans. Récemment séparé de son compagnon, il n'a pas d'enfant et cela ne le dérange pas de passer le réveillon en solo. "Cette année, j'ai décidé de célébrer Noël à ma manière en ne faisant strictement rien. Pour ne pas que mes parents soient tristes à l'idée de m'imaginer tout seul, j'ai dit à ma mère que j'étais chez mon père, et vice-versa." Son programme ? "Bain, polar et traiteur chinois : une soirée idéale, quoi !"

"Noël, c'est une injonction à être heureux·se à une date imposée"

La jeune homme n'est pas le seul à avoir un désamour du réveillon qui a débuté à l'époque de son enfance. C'est également le cas de Flo, qui dénonce "la pression sociale et les injonctions à être heureux·se à des dates imposées." Dans l'imaginaire collectif, la période des fêtes est tellement joyeuse que toutes les personnes qui n'affichent pas un grand sourire sont qualifiées de rabat-joies.

"Ce qui me dérange c'est cette pression que la société nous impose à être heureux, entourés et enjoués à des dates précises", explique-t-elle. Une sensation qu'elle retrouve également à l'occasion de son anniversaire : "Je n'aime pas non plus mon anniversaire, c'est juste un jour comme un autre et je comprends qu'il soit plus important pour ma mère que pour moi." Pour Flo, Noël est devenu un concours de performance, dont la victoire est à celui dont le réveillon aura été le plus complet, le plus réussi : "Il FAUT faire un sapin, à manger, passer des heures à table, s'entendre avec des gens qu'on ne voit jamais le reste de l'année, être hypocrite, éviter les sujets qui fâchent pour ne pas gâcher la fête et l'esprit de Noël..." Et donc ne pas être tout à fait soi-même. "Noël, pour moi, c'est le manque de liberté."

"Noël, c'est une construction capitaliste"

Et si la Saint-Valentin n'était pas la seule fête à visée commerciale ? C'est ce que pense Matt, qui lui non plus n'a jamais vraiment aimé le 25 décembre : "L'aspect religieux du réveillon n'a jamais été trop mis en avant chez nous, mes parents et moi-même étant agnostiques. Et, en grandissant, j'ai vite compris que toute l'imagerie féerique autour de Noël était en réalité une pure construction capitaliste, destinée aux grandes marques qui pouvaient lancer plein d'opérations promotionnelles pour que les ménages consomment encore plus."

Le jeune homme en a conscience : il est lui-même touché par cette fièvre acheteuse. "Je mentirais si je disais que je n'en étais pas moi-même victime en offrant et recevant des cadeaux à cette période, mais je le vois plus comme une volonté de faire plaisir aux gens que j'aime. Le matraquage permanent qui démarre juste après Halloween (publicités, décorations horribles des centres-villes...) me gonfle prodigieusement."

Un avis largement partagé par Marianne : "C'est l’aspect commercial et le côté obligatoire et la surconsommation qui me rebutent. Et j'ai vraiment l'impression que cette fête génère un immense gâchis qui fait que j'ai dû mal à admirer la magie de Noël. Il y a une grande hypocrisie là-dedans." Il faut dire qu'avec les 6,9 millions de sapins vendus en moyenne chaque année pour les fêtes, les cadeaux prétexte qui finissent par être revendus sur Vinted, les décorations lumineuses et la quantité souvent gargantuesque de nourriture dont une partie va finir à la poubelle, Noël est régulièrement pointé du doigt comme une célébration tout sauf écologique.

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