La mulette perlière, une moule d'eau douce qui fabrique des perles

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Au Moyen Age, les Bretons ne mangent guère les moules du littoral et des rivières, qu’ils pensent créées par le diable à cause de leur couleur noire et du risque d’empoisonnement. Mais leur suc peut quand même soigner la rage… Comme ils s’ennuient, les mollusques, dit-on, grimpent peu à peu jusqu’au sommet de leur rocher à marée haute puis ils prennent leur envol lorsque les flots se retirent pour s’installer ailleurs ! Pendant longtemps, la pêche aux moules est donc une quête de la perle rare. Le coquillage ouvert est alors laissé aux oiseaux et autres prédateurs.

La moule commune comestible (Mytilus edulis) donne parfois une perle terne et fragile, non utilisée en joaillerie. Les joyaux les plus prisés sont en fait fabriqués par une espèce d’eau douce. Son nom en latin scientifique, Margaritifera margaritifera, signifie deux fois porteuse de perle. On ne peut pas se tromper !

Aussi appelée mulette perlière, la moule perlière jalonne les rivières fraîches, rapides et non calcaires de Bretagne, de Normandie, des Pyrénées occidentales, de Bourgogne et de l’immense région englobant le Massif central. Plus grosse que sa cousine des mers, l’espèce peut atteindre 13 centimètres de long ! Parfois, un corps étranger minuscule (souvent un grain de sable) s’introduit à l’intérieur de la bivalve dans l’organe appelé manteau. Pour se protéger, le mollusque enrobe alors l’intrus d’une couche arrondie de nacre – la perle.

Pour paraître en 1601 au baptême de son fils, futur Louis XIII, la reine (...)

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