Playboy revient en France : "Les femmes sont libres de tout, même de poser nues !"

Laetitia Reboulleau
·6 min de lecture
Hamelin, Lower Saxony, 1979. Two young women read together an article in a well-known men's magazine in a pedestrian area.
© Getty Images

C'est un retour qui va faire grand bruit. Playboy, le magazine créé en 1953 par Hugh Hefner, connu pour ses photos érotiques aussi bien que pour ses articles de qualité, revient en France sous un tout nouveau format. Avec au centre, les femmes. Toutes les femmes, même celles qui ne rentrent pas forcément dans les codes de la traditionnelle playmate.

Le nom de Playboy est évocateur de souvenirs, pour bon nombre de personnes. Le lapin aux grandes oreilles qui illustrait le magazine a fait un sacré chemin en 67 ans, s'installant dans différents pays (26, à l'heure actuelle) pour proposer à un lectorat essentiellement masculin un magazine branché... Illustré par des femmes nues. Sans être un magazine à vocation pornographique, Playboy a toujours été dédié à l'érotisme, mettant en avant la beauté des femmes, et représentant les premiers émois de nombreux adolescents qui dévoraient ses pages en cachette. Mais surtout, le magazine a traversé les âges, s'adaptant à son lectorat, passant du papier au web. Pourtant, ce papier manque à certains, et notamment à Jean-Christophe Florentin. L'éditeur, qui oeuvre pour la société Medialyd, a décidé de prouver que "le papier fait de la résistance" en donnant une nouvelle vie au magazine culte.

Playboy en France, je t'aime moi non plus

Si Playboy a débarqué en 1953 dans les mains des lecteurs américains, les Français, eux, ont dû attendre 1973 pour feuilleter les pages de papier glacé. Daniel Filipacchi, qui avait créé le magazine Lui 10 ans plus tôt, s'était alors lancé dans la grande aventure Playboy. À l'époque, quelques actrices françaises telles que Brigitte Fossey, Jane Birkin ou Romy Schneider acceptent d'en faire la couverture, suivies quelques années plus tard par Nathalie Baye, Zabou Breitman et Arielle Dombasle.

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En France, le magazine a eu plusieurs vies, plusieurs éditeurs, et a recommencé sa numérotation à plusieurs reprises, au fil des chutes des ventes. La dernière en date remonte à 2016, avec sept numéros, dont le dernier remonte à juillet 2018, Axelle Lafont en couverture. Depuis, plus rien. Du moins, jusqu'à ce jeudi 23 juillet 2020, date à laquelle le magazine fera son grand retour en kiosque. Un vrai bonheur pour Jean-Christophe Florentin, qui ne cache pas son enthousiasme : "J'ai été motivé par le fait que le magazine n'existe plus. Je trouvais ça vraiment dommage. C'est un journal mythique qui a marqué les esprits, à commencer par le mien. Je trouvais qu'il avait été malmené, et qu'il fallait absolument le ranimer. L'opportunité s'est présentée, et nous avons décidé de relever le défi. Je suis très honoré d'être le dépositaire de cette marque."

Un nouveau Playboy, entre fondamentaux et nouveautés

Interrogé par yahoo.fr, l'éditeur a accepté d'en dire un peu plus sur cette nouvelle version. "Tout change ! Déjà la version américaine n'existe plus en papier, et moi j'aime bien dire que le papier fait de la résistance. Et nous avons décidé de le sortir sous forme de mook, c'est-à-dire mi-livre, mi-magazine, ce que les autres ne font pas. Il y aura 210 pages imprimées sur un beau papier... C'est vraiment un bel objet, un objet collector. On part sur quelque chose d'élégant, d'avant-gardiste, de branché, tout en gardant les fondamentaux, c'est-à-dire des stars déshabillées. On part sur une publication tous les trois mois." A la rédaction, une équipe réduite composée de trois hommes et deux femmes : "Nous avons fait appel à des gens avec qui nous avons l'habitude de travailler", affirme Jean-Christophe Florentin, confiant en ses équipes.

Et la couverture de ce premier numéro promet déjà de faire du bruit, puisque c'est une totale inconnue qui portera le retour du magazine. "La première à faire la couverture n'est pas une playmate, mais une jeune inconnue originaire de Belgique, âgée de 23 ans, et qui est absolument ravie de faire la couverture du magazine mythique comme Playboy, qui est probablement le plus célèbre du monde." La principale intéressée s'est d'ailleurs exprimée à ce sujet à l'antenne d'Europe 1 : "Un jour, je me suis lancée, on s'est fait ça au bord d'une piscine et je me suis dit : 'allez, je peux tenter de faire du nu avec un beau chapeau. Ça s'est hyper bien passé, j'étais hyper à l'aise (...). Faire la couverture de Playboy, c'est fou, je n'aurais jamais pensé ! C'est hyper valorisant. Et puis c'est un peu bizarre, parce que ce ne sont que des femmes connues d’habitude, avec une belle poitrine."

Féministe ou pas féministe, le nouveau Playboy

Comme tous les magazines qui traitent de la sexualité ou de l'érotisme, Playboy possède ses détracteurs. Pour certaines personnes, le magazine est purement et simplement anti-féministe, et son renouveau n'a pas lieu d'être en 2020, alors que les femmes luttent plus que jamais contre les clichés sexistes. Jean-Christophe Florentin, lui, n'a pas envie d'entrer dans ce débat : "Je n'ai pas d'avis là-dessus", affirme-t-il. "Il y en a qui diront que Playboy est un journal pour macho, et d'autres diront que les femmes sont libres de faire ce qu'elles veulent, même de se mettre toutes nues."

L'important pour lui est de mettre en avant les femmes en général, et le magazine promet déjà de sortir du cadre très normé de la version originale de Playboy, et de ses playmates aux allures de pin-up, taille fine et seins gonflés. La preuve avec cette première couverture pas comme les autres : "Notre modèle ne répond pas forcément aux canons habituels de la playmate un peu vulgaire avec des gros seins, c'est une fille nature", clame l'éditeur, qui précise : "Personne n'a été contraint d'être dedans, tout le monde l'a fait de son plein gré, il n'y a pas eu de pressions, et tout s'est fait dans la plus grande cordialité."

En kiosque le 23 juillet, le premier numéro de ce nouveau Playboy est très attendu, mais sera probablement passé sous un microscope, décortiqué de la première à la dernière page.

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