Sandrine Bonnaire, ancienne victime de violences conjugales : "Je regrette d'avoir attendu pour porter plainte"

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CABOURG, FRANCE - JUNE 12: Sandrine Bonnaire attends the red carpet closing ceremony of the 35th Cabourg Film Festival - Day Four on June 12, 2021 in Cabourg, France. (Photo by Sylvain Lefevre/Getty Images)

Petit à petit, la parole se libère sur le tabou des violences conjugales. Certaines stars commencent à évoquer les relations toxiques et violentes dont elles ont été victimes. Parmi elles, Sandrine Bonnaire. Pourtant, pendant de nombreuses années, la star de Rouge Sang, diffusé ce mercredi 23 juin sur France 2, a dissimulé l'origine des coups qui lui ont brisé la mâchoire en 2000.

Depuis le mouvement #MeToo, de nombreuses personnalités osent évoquer les drames dont elles ont été victimes par le passé. Lady Gaga a parlé de ce producteur qui l'avait violée et abandonnée enceinte, la chanteuse Duffy de l'homme qui l'a séquestrée. Sandrine Bonnaire, elle, a décidé de révéler avoir été victime de violences conjugales. Un fait qu'elle a à l'époque dissimulé à son public.

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Une révélation faite bien des années plus tard

En 2000, lorsqu'elle se lance dans le tournage du film C'est la vie, avec Jacques Dutronc, Sandrine Bonnaire est une actrice bien installée. A 37 ans, elle a déjà tourné dans de nombreux longs-métrages, et remporté deux César : celui du meilleur espoir féminin pour A nos amours en 1984, et celui de la meilleure actrice en 1986 pour Sans toit ni loi. Sans oublier la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise pour La Cérémonie. Mais, cette année-là, elle est victime d'une violente agression qui la laissera avec une triple fracture de la mâchoire et huit dents cassées. Des blessures qui entraîneront une longue rééducation, et la pose de plaques en titane pour soutenir sa mâchoire brisée. Une épreuve qu'elle raconte pour la première fois en 2010 dans sa biographie Le soleil me trace la route : conversations avec Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac (Editions Stock)... Ou presque.

Ce n'est qu'en 2019 que la star de La dernière leçon ne révèle la véritable histoire qui se cache derrière ses blessures dues à des coups portés par son ancien compagnon, lors de leur rupture, ainsi qu'elle l'a confié dans le livre A l'amour, à la vie, un recueil de témoignages écrit par Catherine Ceylac. "Un soir, tout a basculé, je n'ai rien vu venir. Il m'a strangulée, je suis tombée dans les pommes, et je me suis réveillée avec une triple fracture de la mâchoire et huit dents cassées", a-t-elle raconté. L'homme en question a tenté de lui faire croire qu'elle avait fait une mauvaise chute, mais elle a fini par porter plainte, notamment grâce au soutien de son ami Jacques Dutronc.

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Une volonté de libérer la parole des victimes de violences conjugales

Si Sandrine Bonnaire a décidé de tout raconter, des années plus tard, ce n'est pas pour attirer attirer la lumière sur elle. Comme elle l'a expliqué sur le plateau de BFMTV, sa démarche est loin d'avoir été simple pour elle : "Je n'aime pas étaler ma vie personnelle. Mais, là, aujourd'hui, j'ai décidé de le faire pour être solidaire de toutes ces femmes violentées - et de ces quelques hommes aussi, parce que ça existe même si le pourcentage est moindre. Je veux faire passer comme message que la violence sur autrui est inacceptable et qu'elle peut toucher tout le monde."

A l'époque, elle a confié avoir hésité avant de porter plainte. "Quand on aime quelqu'un, on se dit que c'est impossible. On n'a pas envie d'aller au commissariat tout de suite. Je le regrette." Aujourd'hui, elle encourage les victimes à ne rien laisser passer : "J'ai envie de dire à tous ces femmes et hommes battus d'aller porter plainte tout de suite. Pour le moindre geste, pour le moindre harcèlement moral, il faut se manifester." Toujours sur le plateau de BFMTV, elle a estimé que la police devait faire en sorte de mieux agir pour protéger les personnes subissant des violences : "La police doit vraiment entendre les victimes. Elles doivent être mises en sécurité immédiatement, et la justice doit être bien plus dure." Une déclaration qui fait écho aux nombreux témoignages et aux enquêtes qui disent que les victimes se sentent souvent mal accueillies par les forces de l'ordre. La preuve avec les décès de femmes ayant porté plainte contre leurs conjoints et ex-conjoints à plusieurs reprises.

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