Coronavirus : l’infidélité en ligne en très forte hausse depuis le début du confinement

Katia Rimbert
Journaliste
L'infidélité en ligne (Crédit photo : Manuel Breva Colmeiro via Getty Images)

C’est l’une des conséquences du Coronavirus mais aussi du confinement, qu’on n’attendait pas forcément. Le site de rencontres extra-conjugales Gleeden vient de publier ses chiffres et dévoile une très nette augmentation de son trafic… Et cela concernerait notamment des couples confinés ensemble.

Comment pécho pendant la quarantaine ? Bonne question. Si vous êtes célibataire, c’est assez compliqué. Boire un verre avec un.e bel.le inconnu.e rencontré.e sur Tinder, on oublie. Tout comme faire connaissance avec de nouvelles personnes - et plus si affinités - par l’intermédiaire d’amis (vous savez, cette époque où on faisait encore des soirées), en boîte (rien que d’en parler, j’en ai les larmes aux yeux) ou à la salle de sport (quand on n’était pas obligé de télécharger 5 applis différentes pour perdre 35 calories sur un vieux tapis à la maison). Bref, pécho sans sortir de chez soi, c’est mission impossible. 

Si vous êtes en couple, vous n’êtes pas mieux lotis. Ceux qui sont confinés avec leur moitié peuvent avoir du mal à vivre cette cohabitation forcée, des tensions peuvent survenir, et parfois cela se solde par une rupture. Bonne ambiance. Pour les personnes qui vivent ce confinement loin de leur chéri.e, ce n’est pas évident non plus puisqu’elles doivent traverser cette période compliqué sans l’être aimé, souvent seules. Alors, pour avoir un peu d’amour, certains se rabattent sur les application de dating.

Le boom de l’infidélité virtuelle depuis la quarantaine

Si certains sites de rencontre sont désertés, comme notamment ceux qui fonctionnent grâce à la géolocalisation ou ceux dédiés aux seniors, d’autres se portent à merveille. C’est le cas de Gleeden, le site de rencontre extra-conjugales, qui enregistre une augmentation de son trafic de plus de 270% en mars par rapport au même mois en 2019. Par ailleurs, le nombre de nouveaux utilisateurs s’envole puisque les inscriptions ont augmenté de plus de 170% depuis le début du confinement (soit le 17 mars), peut-on lire dans un communiqué de la plateforme publié le 25 mars dernier.

Les âmes esseulées veulent mettre un peu de piment dans leur vie sentimentale et se changer les idées, vu le contexte, ce n’est pas si étonnant. Mais là où c’est assez vicieux, c’est que Gleeden révèle aussi un changement de comportement de ses utilisateurs depuis qu’ils sont enfermés à domicile.

En moyenne, les inscrits passe plus de temps sur le site (en même temps, c’est pas comme si on était débordé en ce moment) mais surtout ils échangent beaucoup plus longtemps avec leurs targets, avec un temps de conversation de 2h30 contre 1h en temps normal. Ils sont aussi plus actifs sur le plateforme en modifiant davantage leur profil qu’à l’accoutumée (changement de description, de photos, etc.). Après tout, ça occupe ! Mais l’autre changement qu’on peut attribuer à la quarantaine, c’est que les utilisateurs sont bien plus discrets… Preuve que bon nombre d’entre eux sont confinés avec leur conjoint.e.

Être cocu en confinement sans le savoir ?

Pas moins de 9 connexions sur 10 qui ont eu lieu sur la plateforme, depuis le 17 mars, sont faites depuis un Smartphone. Tiens, tiens, est-ce qu’un téléphone portable ne serait pas plus facile à planquer ou à éteindre qu’un ordinateur ? Autre astuce pour ne pas se faire choper par leur âme sœur, le mode discret adopté par pas moins de 79% d’entre eux, qui consister à donner une couleur bleu à l’interface semblable à celle d’un réseau social comme Twitter ou Facebook (contre la teinte violette affiliée à la marque), histoire de brouiller les pistes de loin. Et si votre partenaire s’approche d’un peu trop près de votre écran ? Là aussi, 76% ont tout prévu en activant l’option “sortie d’urgence” qui permet de quitter l’application en secouant son téléphone. Ni vu, ni connu.

Peut-on considérer cela comme de la tromperie ? Réfléchissons deux secondes. Les sorties non indispensables étant interdites, est-ce que chatter n’est pas aussi une activité comme une autre pour se divertir, parler à quelqu’un d’autre qu’à ses potes en apéro visio et à son partenaire à qui on n’a plus grand-chose à dire après 15 jours à se regarder dans le blanc des yeux ? Sachant qu’on ne peut pas franchir le cap de la rencontre physique, est-ce que ce n’est pas simplement l’assouvissement d’un fantasme ? Ou une envie de séduire en sachant pertinemment que ça n’ira pas plus loin que de la drague par écran interposé ? Ça, c’est à chaque couple d’en juger en fonction des limites qu’il s’est imposé.

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