Harcèlement de rue : elles filment leurs agressions et balancent tout sur TikTok

·4 min de lecture
Family couple having argue on city street in autumn day

En rentrant chez elles tard le soir, en allant au travail ou en faisant du shopping, dans les transports en commun... Le harcèlement de rue est partout, et toutes les femmes en ont déjà été victimes au moins une fois dans leur vie. Mais ces dernières ne comptent plus se laisser faire. Désormais, elles filment leurs agressions et les diffusent sur TikTok pour que les hommes comprennent l'ampleur du phénomène.

Les études et les enquêtes au sujet du harcèlement de rue et du harcèlement dans les transports en commun sont formelles : 100% des femmes ont déjà été victimes d'une agression physique ou verbale, selon le Haut Conseil de l'Egalité en 2020. Et ce, quel que soit leur âge ou leur apparence physique. Nombreuses sont celles à dénoncer ces commentaires, insultes et autres pressions que certains voudraient faire passer pour de la drague. Mais toujours avec le même résultat de la part du grand public (et surtout de la part des hommes) : une minimisation des faits. "Tu es sûre que tu n'exagères pas un peu ?", "Ce n'est pas possible, personne ne se comporte comme ça", "Tu aurais dû être flattée", "Ça n'est pas si désagréable de se faire draguer dans la rue"...

Vidéo. "La rue ça peut faire peur avec toutes les agressions et le harcèlement. La 'reprendre' dans un un but concret, ça m’a motivée"

Seulement voilà : le harcèlement de rue, ce n'est pas de la drague. Une personne qui insulte ou même qui reste cordiale, mais en insistant lourdement, c'est plus que désagréable, et ça entraîne un véritablement sentiment d'insécurité. À tel point que de plus en plus de femmes n'osent plus se balader en solo à certaines heures, dans certains quartiers, de peur de se faire agresser.

Elles reprennent le pouvoir sur TikTok

Comme bien souvent, la parole des femmes ne suffit pas à prouver leur bonne foi dans ces histoires de harcèlement sexiste. Résultat, ces dernières ont décidé de filmer les agressions dont elles sont victimes, pour illustrer un phénomène que seules celles qui l'ont vécu peuvent connaître. Elles espèrent ainsi prouver que ce type de comportement n'a rien d'anodin, et que quand elles disent que c'est aussi lourd qu'angoissant, ce n'est pas une exagération.

Leur plateforme de choix pour diffuser les vidéos ? TikTok, le réseau social chinois devenu incontournable dans le monde entier. De nombreuses femmes s'en étaient déjà servies pour raconter les viols dont elles avaient été victimes, ou pour évoquer le harcèlement sexuel, preuve qu'il n'y a pas que les challenges et astuces potentiellement dangereux qui cartonnent sur la plateforme.

Vidéo. "Des femmes victimes de violence nous disent : 'À force de lire les messages sur les murs, je suis allée porter plainte'"

Des vidéos où on ne voit pas (toujours) le visage de l'agresseur

Depuis le début de l'été, période où le harcèlement de rue a tendance à s'intensifier, ce type de vidéo fleurit sur TikTok. Généralement, elles ne montrent pas le visage de l'agresseur, et ce pour une très bonne raison. Premièrement, parce qu'elles sont filmées en toute discrétion : les femmes gardent leur téléphone à la main et enregistrent l'air de rien. Pas question donc de pointer son objectif en direction de la personne qui les harcèle. Pourquoi ? Pour éviter les représailles et ne pas se mettre davantage en danger. Mais aussi parce que le droit à l'image est strictement réglementé. Il existe bien évidemment des exceptions, notamment la vidéo d'une Parisienne vue millions de fois, dénonçant le comportement des hommes face à une femme en jupe dans les transports en commun

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Toutefois, le son et les conversations en disent long sur ce que vivent les femmes dans les lieux publics. La vidéo d'Ariane, une jeune femme qui a témoigné en vidéo pour Konbini, a notamment fait beaucoup de bruit. Dans sa vidéo, elle n'hésite pas à interpeller l'homme qui lui crie dessus dans la rue, en lui lançant : "C'est quoi ton problème ?". Elle a toutefois confié à nos confrères ne pas s'être montrée trop agressive par peur : "On ne sait jamais comment le mec va réagir, s'il va sortir un couteau ou nous mettre une gifle."

En anglais, en français, en espagnol ou en italien, ces vidéos pullulent sur TikTok, preuve que le harcèlement de rue concerne les femmes du monde entier. Et il est essentiel que les hommes en prennent conscience pour que la rue et les transports en commun redeviennent un espace dans lequel les femmes se sentent en sécurité.

A LIRE AUSSI

>> TikTok : manger du miel congelé, ce n'est pas une bonne idée !

>> Harcèlement de rue : pourquoi le kit d'auto-défense qui cartonne sur TikTok peut vous envoyer en prison ?

>> Elle suit un tuto TikTok et se retrouve défigurée

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles