Ces hommes sont devenus influenceurs ménage durant la pandémie de Covid-19

·Journaliste lifestyle
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Two Males Cleaning Apartment And Disinfecting While Wearing Face Masks (AleksandarGeorgiev via Getty Images)

Les comptes de cleanfluencers pullulent depuis quelques années sur les réseaux sociaux. S'ils se donnent pour mission de rendre cool les tâches ménagères à coup de mises en scène originales et de messages "feel good", certains les jugent rétrogrades en ce qu'ils sont souvent incarnés par des femmes. Mais depuis peu, les hommes aussi s'adonnent à leur passion pour la propreté sur le web. Nous avons rencontré Bruno et Yohann, deux cleanfluencers ménage français qui cartonnent sur Instagram, et prouvent que l'art du ménage peut aussi être source d'épanouissement au masculin.

Depuis quelques années, les comptes Instagram et Youtube sur le ménage cartonnent. Il n'y a qu'à voir le gros succès de la Britannique Mrs. Hinch (4,2 millions d'abonnés sur Instagram) ou Clean Mama (730 000 abonnés), qui ont élevé le "cleansing" au rang de thérapie voire de pratique culturelle. Si de temps à autre, cette tendance virale supporte l'idéologie "tradwife", mettant en avant un mode de vie de femme au foyer très tradi, les hommes commencent à s'emparer du sujet. Ceux que nous avons rencontrés, Bruno et Yohann, y sont arrivés un peu par accident. Le premier travaillait depuis douze ans aux côtés d’artistes dans le monde de la musique classique, lorsque la crise sanitaire l'a stoppé net. Le second a perdu son emploi dans le commerce international pour la même raison. Sans activité, ils ont décidé de s'adonner à leur amour du ménage et de l'ordre, et de partager leurs expériences avec leur communauté virtuelle.

"J’ai profité du confinement pour 'refaire une beauté' à la maison de mon enfance. Et puis, sans rien calculer évidemment, j’ai commencé à faire des photos 'avant/après' de ce que je nettoyais. Mes proches m’ont encouragé à publier tout ça sur un compte dédié. J’ai ouvert le compte Instagram @bgin.clean […] Ça m’amusait beaucoup. Et puis, rapidement, j’ai reçu de plus en plus de questions et je me suis rendu compte que ce sujet passionnait finalement beaucoup de personnes…", raconte Bruno alias Bgin Clean.

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"Si je suis sur la photo, il y a beaucoup plus d’interactions"

Son crédo ? Les astuces de ménage naturelles et accessibles financièrement à tous. Dépoussiérer ses plantes avec du savon noir, fabriquer un anti-mites à base de savon de Marseille, détartrer sa bouilloire électrique au vinaigre blanc etc, il prodigue ses précieux conseils sous la forme de photos ou vidéos très simples. Un an et demi après sa première publication – dédiée aux tâches récalcitrantes sur les tapis de bain-, l'Instagrammeur comptabilise près de 58 000 abonnés. Ses publications les plus populaires sont les vidéos "avant/après" perçues par certains de ses followers comme "très satisfaisantes et très relaxantes". Mais c'est surtout une vidéo bien précise qui se détache des autres : celle dans laquelle il partage sa méthode pour remettre une housse de couette. "Elle a été vue plus de 400 000 fois, c’est fou !", s'enthousiasme l'influenceur.

Sur son compte Instagram @frenchy_home_cleaning rédigé en anglais, Yohann lui, a remarqué un plus grand intérêt pour les publications où il se met en scène. "Les post ‘lifestyle’ sont ceux qui marchent le mieux. Si je suis sur la photo par exemple en train d’utiliser un produit, il y a beaucoup plus d’interactions avec mes abonnés", explique celui qui dit passer au moins 90% de son temps sur Instagram. Sur sa page, on peut le voir en pleine session de repassage de chemises, dans son dressing un spray rafraîchissant pour les vêtements à la main, ou encore à la laverie pour présenter une gamme de lessive. L'Instagrammeur alterne post (et stories) spontanés avec la promotion de certains produits ménagers, pour le plus grand bonheur de ces quelques 26 000 abonnés. Des personnes très réactives qui ne cessent de l'encourager...

Être un homme dans le milieu des cleanfluencers, un atout ?

"Un bon nombre d'entre eux m’envoient des messages régulièrement, pour me féliciter, pour me dire que je les inspire. Ce qui me fait le plus chaud au cœur, ce sont les messages de personnes avec des problèmes de santé ou bien en dépression qui me disent que je leur donne la joie de vivre et que mes post leur font oublier leurs soucis. Bien sûr, il y a les messages un peu moins gentils mais bon, il y en a très peu, alors je préfère les oublier". Parmi ses followers, qui sont en majorité des jeunes (25-44 ans), 90% sont des femmes. Yohann en a bien conscience : être un "homme cleanfluencer" est à cet égard plutôt un atout. "Les dames adorent voir et prendre conseil auprès d’un homme. Certaines aimeraient d'ailleurs beaucoup que leur mari prenne modèle !", rit-il. Et du côté des partenariats commerciaux ? S'il se dit "pas mal sollicité" par des marques d'aspirateurs (il en a plus d'une vingtaine chez lui !), Yohann l'attribue davantage au sérieux de son travail qu'à la rareté de son profil.

Si Bruno a lui aussi une majorité de femmes parmi ses abonnés (80% selon ses statistiques), il reçoit au quotidien un nombre non négligeable de commentaires et de messages d'hommes. À ses yeux, être un homme dans l'univers des influenceurs ménage est plutôt anecdotique. "Peut-être qu’à première vue cela peut attiser la curiosité ! Mais après, cela ne constitue en aucun cas un argument qui expliquerait le développement de la communauté. L’élément différenciant est plutôt que pour la première fois, une personne parle avec enthousiasme et simplicité d’un sujet qui est pour beaucoup une simple corvée", explique celui qui a publié le livre Ménage & Vous ! en octobre dernier.

Pour une vidéo d'une minute, Bruno travaille trois heures minimum. "Entre la conception de la vidéo, l’installation, le tournage et le montage et la publication, c’est long… Et je ne parle pas du temps qu’il me faut ensuite pour remettre mon petit appartement en ordre. Car oui, tourner des vidéos salit et met du désordre (un comble me direz-vous !)". Du temps peu rentabilisé à première vue, puisqu'il ne tirerait aucun revenu de cette activité : "Quand je montre par exemple les bienfaits de l’acide citrique ou du blanc de Meudon, je ne mentionne pas de marques car qu’ils soient vendus par telle ou telle maison, ce sont les mêmes produits. Je gagne ma vie ailleurs, dans différentes missions [...] néanmoins toutes ancrées dans ces univers du ménage et du numérique".

Ses deux dernières publications en date, - une vidéo consacrée aux lavettes et chiffons microfibre et une autre au sujet des tâches de sang sur les tissus -, comptabilisent déjà à elles deux plus de 3000 likes.

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