Le crush à l'épreuve du déconfinement : "Si je ne le tente pas, je vais le regretter toute ma vie"

Le crush à l'épreuve du déconfinement

Célibataires quand le confinement a commencé, ils et elles ont quand même cherché le réconfort dans la rencontre virtuelle, cherché un soutien au quotidien ou même cherché l'amour. Les personnes qui ont accompagné leur confinement sont devenues de véritables "confi-crushs". Et au déconfinement, le virtuel a laissé la place au réel. Voici l'histoire de leurs rencontres. 

Marc a 30 ans. Au moment de l’annonce du confinement, il est célibataire depuis six mois et vient tout juste de se motiver à rencontrer à nouveau des gens. Marc n’est pas fan des applications de rencontre. Il veut prouver à ses amis qu’elles ne sont pas un passage obligé pour une belle histoire d’amour moderne… jusqu’à ce que le confinement le fasse douter. Il télécharge une application et prend quelques heures de ses soirées à discuter avec des inconnues. La journée, il télétravaille. Son entreprise a tout organisé pour qu’il puisse faire le montage de ses vidéos à la maison. La première semaine, il s’oublie dans le travail. Le soir, il échange quelques mots en ligne avant de s’endormir d’épuisement. Et puis un jour, il se rend compte que ses placards sont vides. Alors Marc, qui n’est pas passionné par la cuisine, fait une petite liste de courses et va prendre l’air dans son quartier. 

“Il admire ses longs cheveux noirs”

Il est d’abord choqué de voir, de ses yeux, ses bars et restaurants préférés être fermés. Les rues d’habitude animées, sont presque vides. Les passants ont l’air de ne pas vouloir s’attarder et ont le visage tendu – quand il n’est pas caché par un large masque. Marc, lui, n’a pas de masque. Il ne sait même pas où en acheter un. Il culpabilise dans la file d’attente de sa boulangerie de quartier. Au début, il ne fait pas attention à la jeune femme qui fait la queue juste devant lui. Et puis , il entend sa voix quand elle salue la vendeuse. Quand il lève la tête, il admire ses longs cheveux noirs. C’est un coup de coeur. Il ne la quitte plus des yeux. Elle paye, emporte sa commande et quitte le commerce.

Si elle va à cette boulangerie, c’est qu’elle habite dans le quartier, non ?

Le soir, il y pense encore. Il se jure de sortir chaque jour pour tenter de l’apercevoir. “Si elle va à cette boulangerie, c’est qu’elle habite dans le quartier, non ?” Le lendemain, il choisit de sortir sensiblement à la même heure. Il ne traine pas dans les rues mais prend le temps, qu’il n’avait jamais pris d’acheter, en plus de sa baguette et de son croissant, quelques fruits : “Ça m’a fait du bien de me nourrir enfin de produits frais et plus de produits en boîtes ou de pâtes que je stockais depuis longtemps dans mes placards.” Il ne pense plus à son application de rencontre, il ne rêve que de revoir la jeune femme brune. Il se promet de l’aborder s’il la revoit. “Je n’ai jamais fait trop ça et je ne voulais pas la gêner, d’autant plus que je ne savais pas du tout si elle était célibataire ! Mais je me dis à ce moment-là que si je ne le tente pas, je vais le regretter toute ma vie.” Marc continue de sortir un peu chaque jour, le temps passe. Une semaine et puis deux. Sans succès. Impossible de retrouver la fille à la jolie voix.

Audrey, 26 ans

Un jour pourtant, il recroise le chemin de la jeune femme brune. Elle s’appelle Audrey. Il l’apprend parce qu’il trouve le courage d’aller lui parler dès qu’il la voit. Audrey a 26 ans, elle est célibataire et elle est confinée dans le quartier chez sa soeur, plus jeune qu’elle. Au départ, elle est méfiante : “Je comprends qu’aucune femme n’aime se faire aborder comme ça dans la rue. Mais je lui explique que je l’ai aperçue une fois précédente et que depuis je ne suis pas arrivé à l’oublier. Je joue la carte de l’honnêteté quitte à avoir l’air d’un gros romantique. De toute façon, on vit des temps absurdes non ? Alors autant jouer le tout pour le tout”. Et ça marche. Audrey est charmée.

J’étais juste heureux de voir cette fille si belle prendre quelques minutes pour aller acheter son pain en même temps que moi

Ils partagent leurs numéros de téléphone : “On a commencé à s’écrire sur tout et n’importe quoi. Et puis à se donner des petits rendez-vous à la boulangerie quand c’était possible juste pour se croiser”. Rien que l’apercevoir lui donne instantanément le sourire. “C’est peut-être nul mais j’étais juste heureux de voir cette fille si belle prendre quelques minutes pour aller acheter son pain en même temps que moi”. 

Heureusement, j’avais rangé tout l’appartement et pensé à changer les draps et serviettes de toilette.

Le premier soir du déconfinement, Marc organise le plus beau dîner aux chandelles dont il est capable : “En temps normal, je l’aurais invitée au restaurant sans réfléchir mais là je n’ai pas trop eu le choix… et je l’ai prévenue qu’elle ne devait pas s’attendre à des merveilles”.

Ils finissent la nuit dans ses draps

Audrey arrive à l’heure avec un gâteau qu’elle a préparé dans l’après-midi avec sa soeur : “En plus, il était délicieux”. C’est leur premier rendez-vous officiel et la soirée passe aussi vite qu’un rêve. “On a parlé des heures et quand je me suis dit qu’il était temps de l’embrasser il était déjà plus d’une heure du matin”. Ils finissent la nuit dans ses draps : “Heureusement, j’avais rangé tout l’appartement et pensé à changer les draps et serviettes de toilette.” 

Depuis, Audrey a dormi toutes les nuits à l’appartement de Marc. Elle n’habite pas la même ville que lui donc ils discutent ensemble de partager bientôt un appartement à eux. “Je sais que ce n’est pas raisonnable du tout de se lancer sur un coup de tête, mais on en meurt d’envie tous les deux”. En attendant, ils ont une autre étape à passer dans leur histoire : “On va essayer de se présenter nos amis, nos parents. Pour l’instant, on est à une transition où on est plus ou moins confinés volontaires à deux chez moi. La suite, ce sera de se tourner à nouveau vers le monde.”

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