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Roschdy Zem, ancien ado complexé : "À 18 ans, j'ai foncé à l'hôpital le plus proche"

LES ARCS, FRANCE - DECEMBER 16: Roschdy Zem attends the closing ceremony during the 14th Les Arcs Film Festival on December 16, 2022 in Les Arcs, France. (Photo by Sylvain Lefevre/Getty Images)
Roschdy Zem, ancien ado complexé : "À 18 ans, j'ai foncé à l'hôpital le plus proche". Photo : Sylvain Lefevre/Getty Images

À l'affiche du film "Le principal", en salles ce mercredi 10 mai 2023, Roschdy Zem incarne Sabri Lahlali, principal adjoint d’un collège de quartier, est prêt à tout pour que son fils, sur le point de passer le brevet, ait le dossier scolaire idéal. Acteur emblématique, le comédien a longtemps été travaillé par un complexe, qui l'a poussé vers la chirurgie esthétique.

On le connaît pour des films cultes tels que "L'Innocent", "Va, vis et deviens", ou encore "36 Quai des Orfèvres". Âgé de 57 ans, Roschdy Zem témoigne de plus de trente-cinq ans d'expérience sur scène et devant les caméras. Mais avant de connaître sa carrière impressionnante, il s'est longtemps battu contre un énorme complexe : ses oreilles décollées.

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"On cherchait la faille et on appuyait jusqu'à ce que ça fasse mal"

Dans les colonnes du magazine Psychologies, sorti le 25 juillet 2019, le comédien a fait une rare confidence sur sa jeunesse : "Je vais vous faire un aveu : j'ai grandi jusqu'à ma majorité avec les oreilles décollées. Très décollées. Aujourd'hui, on peut en rire, mais je peux vous dire que, quand vous êtes gamin, que vos frères et tous les autres enfants se moquent de vous, ça vous marque. (...) On cherchait la faille chez l’autre et on appuyait dessus à volonté jusqu’à ce que ça fasse mal…"

Résultat, il avoue s'être longtemps senti comme "le vilain petit canard de la famille". "Je faisais avec, et je m’interdisais souvent d’aller vers les autres", a-t-il déclaré. "Cela me rendait très vulnérable. Du coup, je compensais en naviguant entre l’humour exubérant, la violence et le repli total sur moi-même. Surtout que, quand vous grandissez dans une famille nombreuse, il est très difficile de trouver un moment pour être seul avec soi-même, faire le point, et j’en ressentais le besoin. Je me souviens que, de temps en temps, j’allais faire une retraite… Dans le cagibi. Je restais dans le noir, enfermé pendant quelques minutes, parfois une demi-heure. Puis j’en sortais apaisé."

"Après l'opération, j'ai tout de suite gagné en assurance"

Victime de critiques, de moqueries, Roschdy Zem fait vite une fixation sur cette zone de son anatomie, en dépit de ses parents, qui ont tenté de le rassurer. "Dans ma tête, j'étais Elephant Man." Résultat, à sa majorité, il décide de passer sur le billard. Et son opération lui réserve une sacrée surprise : "Figurez-vous que l'opération des oreilles est l'une des seules interventions de chirurgie esthétique remboursée par la Sécurité sociale ! Vous pouvez avoir une citrouille à la place du nez, vous payez, en revanche, si vous avez les oreilles décollées..."

C'est d'ailleurs en apprenant cette information qu'il décide de passer le cap de l'opération : "J'ai foncé à l'hôpital le plus proche. J'avais 18 ou 19 ans. Cela m'a donné un sentiment de libération incroyable. J'ai tout de suite gagné en assurance, je n'avais plus besoin d'éviter les autres ou de dénaturer mes relations." L'année suivante, il commence à prendre des cours de théâtre, au théâtre Mogador. Et, en 1987, Josiane Balasko lui offre son premier rôle au cinéma dans "Les Keufs". Le début d'une longue série de personnages sur grand écran, à la télévision et au théâtre.

"Le théâtre a renforcé cette confiance gagnée. D’abord parce que dans le regard de ceux que je rencontrais, je n’étais pas chargé de ce passé de complexé. Je me sentais comme un homme nouveau qui entrait dans un nouveau monde : Paris, le théâtre. Voir toutes ces personnes dont la motivation unique dans la vie était d’apprendre du Shakespeare et de se donner la réplique m’enchantait !"Devenu adulte, Roschdy Zem a oublié ses rancoeurs envers ceux qui se sont moqués de lui durant son enfance : "Aujourd’hui, il y a beaucoup d’amour entre mes frères, ma sœur et moi, mais avant, comme tous les enfants, on pouvait être très durs entre nous."

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