"Oui, je couche le premier soir, et alors ?" : elles couchent le premier soir et expliquent pourquoi c'est mieux

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Couple cuddling in the bedroom (South_agency via Getty Images)

La morale a souvent diabolisé le fait de coucher le premier soir. Le sexe au premier rendez-vous a mauvaise réputation, mais cette pratique est toutefois de mieux en mieux acceptée. Et pour certaines femmes, c'est avant tout un bon moyen d'éviter de sacrées déceptions. Explications.

"Coucher le premier soir, c'est pour les filles faciles." "Tu n'auras jamais de relation durable si tu couches dès le premier soir." "Pourquoi un mec qui a tout de suite ce qu'il veut prendrait-il la peine de te revoir ?" Les raisons de ne pas passer à la casserole après le premier rendez-vous sont nombreuses et pour les puritains, les personnes qui acceptent du sexe trop rapidement sont des personnes dépravées. En particulier les femmes ! Double standard oblige : les hommes qui couchent sont toujours considérés comme des séducteurs, tandis que les femmes sont rapidement décrites comme des salopes, ni plus ni moins.

Pourtant, selon une étude menée par l'Ifop en 2015, 44% des Français, tous genres confondus, admettaient avoir déjà eu un rapport sexuel le premier soir. On est donc loin d'une exception. Depuis quelques années, la libération des mœurs fait que cette pratique est de mieux en mieux acceptée. Même si elle reste taboue dans certains cercles. Et les bonnes raisons de coucher le premier soir sont nombreuses, selon celles qui l'ont expérimenté.

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"J'ai aimé un homme avec qui ça ne collait pas au lit, je ne veux pas recommencer"

Parmi les raisons avancées par celles qui font le choix de coucher le premier soir, la question de la compatibilité est celle qui revient le plus souvent. Camille, 30 ans, n'hésite plus du tout à avoir des rapports sexuels sans patienter : "J'ai aimé un homme avec qui ça ne collait pas au lit, et j'étais trop jeune, trop inexpérimentée pour tenter de passer outre. Je ne veux surtout pas revivre ce genre de déchirement", explique la jeune femme.

Même son de cloche chez Nathalie, 57 ans : "A mon âge, je n'ai plus le temps d'attendre de me faire courtiser. J'ai été mariée 30 ans, j'ai attendu le mariage pour perdre ma virginité, et j'ai passé toutes ces années à être frustrée. Mon divorce m'a permis de me lâcher et d'être plus décomplexée. Aujourd'hui, je ne veux pas attendre pour m'amuser, ni perdre mon temps avec quelqu'un avec qui ça ne colle pas au lit. Merci, j'ai déjà donné."

"C'est un bon moyen de se sentir valorisée, mais c'est un sentiment fugace"

Le fait de ne pas patienter plusieurs rendez-vous pour avoir une relation sexuelle évite les déceptions des mauvais coups, mais c'est aussi un bon boosteur d'égo. C'est en tout cas ce qu'affirme Laura, 29 ans : "Savoir qu'on plaît, ça valorise l'égo. On se dit : "C'est génial, je plais, je kiffe". On a l'impression de réussir quelque chose." Mais elle en a conscience : "C'est un sentiment fugace." La jeune femme manque en effet de confiance en elle, et utilise le sexe comme un moyen de se rassurer : “Je suis persuadée que je n'arrive pas à attirer pour autre chose que du sexe, alors tant qu'à faire, autant y aller." Un choix à double tranchant : "Il y a un effet kiss cool puisqu'on finit par se dire : "Ok je couche, mais je dors seule. Je ne plais que pour mon cul. C'est bon sur le coup, mais on finit par se sentir encore plus seule.""

Coucher pour se rassurer ? Lily a beaucoup pratiqué cette technique. "Je suis grosse, je ne rentre pas dans les cases, et j'ai mis longtemps à apprendre à m'aimer. Coucher le premier soir, c'était m'assurer de ne pas m'attacher à quelqu'un qui allait finalement être dégoûté par mon apparence. Je trouvais ça rassurant, et c'était une vengeance sur toutes les personnes qui me disaient que jamais personne ne voudrait de moi." Aujourd'hui âgée de 42 ans, Lily ne regrette pas : "Je suis mariée depuis 12 ans à un mec avec qui j'ai couché 2h après l'avoir rencontré. Comme quoi..."

"J'ai tendance à écouter ma libido plus que la bonne morale"

"Oui, je couche le premier soir, et alors ? Si j'étais un mec, on ne me dirait rien", balance Flora, 35 ans. Pas question pour elle de se priver de faire ce qu'elle a envie de faire sous prétexte qu'il faudrait respecter un timing précis : "C'est trop de pression ! Si on attend le troisième rencard, le mec va s'attendre à un truc incroyable. En couchant le premier soir, je me dis que la spontanéité compense les petits cafouillages, le fait que je ne sois pas épilée, que ma culotte et mon soutif soient dépareillés et que mes draps ne sentent pas la lavande. Je trouve ça tellement moins compliqué."

Justine, 30 ans, partage cette opinion. "J’ai tendance à écouter ma libido plus que la bonne morale. Et j’ai principalement envie de coucher dès le premier soir." D'autant qu'elle a pu le constater : "Ça me met en position de force. Comme les mecs s’attendent souvent à faire le premier pas, ou à devoir patienter le second date, être celle qui entreprend me donne un avantage. Et puis, j'adore la spontanéité et l’impulsivité du sexe au premier date. C’est la grosse surprise, je continue de découvrir l’autre !" Pour elle, ne pas attendre est également un moyen d'éviter la pression : "Quand la personne avec qui je couche me connaît peu, j’ai plus de facilité à me lâcher, être entreprenante et prendre du plaisir."

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Du sexe pas toujours satisfaisant

Parmi les dizaines de témoignages en faveur du sexe le premier soir, aucune des personnes interrogées par nos soins ne regrette d'avoir cédé à la tentation. Mais toutes sont d'accord sur un point : coucher le premier soir n'est pas toujours synonyme d'orgasme. "Coucher le premier soir, c'est un peu un coup de poker", rigole Justine. "Tu sais pas trop sur qui tu tombes même avec beaucoup d’intuition, et parfois, le sexe est bof." Juliette, 27 ans, résume d'ailleurs la situation avec philosophie : "Je regrette parfois d'avoir couché tout court, mais jamais d'avoir couché le premier soir."

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