Single Day : pourquoi culpabilise-t-on les femmes célibataires ?

Laetitia Reboulleau
·4 min de lecture

En 2020, les femmes rêvent-elles encore toutes de se faire passer la bague au doigt et de fonder une famille ? Alors que les mentalités changent, de plus en plus de personnes osent enfin affirmer s'épanouir dans leur célibat. Mais si cette vision des choses est plutôt bien acceptée chez les hommes, chez les femmes, c'est une autre histoire...

Le 11 novembre est une date connue en France pour être l'Armistice de la Première Guerre mondiale, mais à l'international, cette date est aussi la journée consacrée aux célibataires du monde entier. Pourquoi ? Parce qu'en Chine, pays d'origine de cette célébration, le 1 représente l'individualité. Alors, quelle meilleure date que le 11/11 pour fêter son célibat ? Enfin, fêter... Tout est relatif. Car en France comme dans de nombreux pays, une femme célibataire est plus moquée ou prise en pitié que célébrée, tant le mariage et la maternité sont portées aux nues.

La tradition dépassée des Catherinettes

Le 11 novembre est la journée internationale des célibataires, mais le 25 novembre prochain, une autre "fête" sera célébrée : la Sainte-Catherine. En ce jour si particulier, la tradition voudrait que les femmes célibataires de plus de 25 ans soient coiffées d'un chapeau vert et jaune, et défilent dans les rues ou sur leur lieu de travail dans l'espoir de trouver un homme qui voudra bien les épouser. Vous avez dit sexiste, dépassé ? La réponse est oui.

Et pourtant, dans plusieurs villes de France, la traditionnelle fête des Catherinettes est encore célébrée, notamment par les grandes maisons de couture, tandis que certaines entreprises font même des cadeaux à leurs célibataires. Confinement oblige, cette année 2020 ne devrait pas voir de célébrations accompagnées d'entrées gratuites pour les femmes, et c'est tant mieux. Mais l'existence de ces célébrations restent bien la preuve que le célibat féminin reste vu comme une tare. Et ce, alors même que les femmes célibataires et sans enfant seraient plus heureuses et vivraient plus longtemps que leurs consœurs.

Le cliché de la vieille fille avec ses chats

Force est de le constater, si les femmes célibataires passé l'âge de 25 ans sont marginalisées par la société, ce n'est pas le cas des hommes. Bien au contraire, un homme célibataire, quel que soit son âge, est considéré au mieux comme un tombeur qui profite de son charme pour multiplier les conquêtes, et au pire comme une personne qui a préféré se consacrer à sa carrière plutôt que de fonder une famille... Ou tout simplement comme quelqu’un qui n'a jamais trouvé chaussure à son pied.

Au contraire, une femme qui n’est pas en couple est rapidement jugée "trop exigeante". On lui dit qu'elle finira "vieille fille", qu'elle vivra seule avec ses chats et qu'elle sera malheureuse... Pourquoi ? Parce que dans une société patriarcale comme la nôtre, une femme se doit d'être mariée et d'avoir des enfants pour être considérée comme une vraie femme. Il suffit pour le constater de regarder le traitement des célébrités. Là où Jennifer Aniston est souvent pointée du doigt pour n'avoir jamais eu d'enfant, à l'époque où elle était un cœur à prendre, George Clooney était quant à lui décrit comme "le célibataire le plus convoité d'Hollywood", sans que l'on ne s'inquiète d’une éventuelle paternité.

Une femme épanouie en solo fait peur

Aujourd'hui, de plus en plus de femmes acceptent et même revendiquent leur célibat. Le féminisme aide d'autant plus ces dernières à reprendre possession de la situation, et à ne plus accepter la pression du mariage et de la famille. Mais une femme seule et épanouie fait peur à bien des hommes, puisque ces dernières ont longtemps été considérées comme "inférieures" à ces messieurs. Il y a encore quelques années de cela, une femme passait de l'autorité de son père à celle de son mari, et les différents mouvements de libération et d'émancipation de la femme ont permis de sortir de cette spirale de domination masculine. Même si nombreux sont ceux qui regrettent cette ancienne "soumission" du genre féminin.

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