#StopPrécaritéMenstruelle : le hashtag qui milite pour des protections hygiéniques gratuites

Katia Rimbert
Journaliste
#StopPrécaritéMenstruelle : le hashtag qui milite pour des protections hygiéniques gratuites (c) Getty Images

La précarité menstruelle existe bel et bien en France, en 2020. Et pour lutter contre ce phénomène, la newsletter féministe Les Glorieuses a lancé une pétition et un hashtag. Histoire de remettre les règles au centre des problématiques de santé publique.

Les règles, c’est pénible, douloureux, fatigant, relou… Vous pouvez y apposer l’adjectif que vous voulez. Mais c’est aussi très trop cher. Parce que les protections hygiéniques représentent un coût mensuel non négligeable, surtout pour les personnes en situation précaire. Outre les tampons et les serviettes hygiéniques, les règles entraînent aussi d’autres dépenses comme l’achat de médicaments anti-douleurs - dont certaines femmes ont besoin - ou de bouillottes et chocolats pour tenter d’atténuer les spasmes. À chacune sa méthode.

Vers des produits de première nécessité ?

Quand on y réfléchit d’une façon un peu plus globale, on se rend compte que les menstruations peuvent aussi entraîner d’autres raisons de mettre la main au porte-monnaie. Investir dans une cup ou une culotte menstruelle mais aussi racheter des draps si les siens sont tachés par le sang ou encore prendre rendez-vous chez le gynécologue (dont les consultations sont souvent onéreuses et pas entièrement remboursées par la sécurité sociale). Bref, c’est un budget qu’on ne peut pas vraiment réduire. Et quand on n’a pas les moyens pour s’acheter des protections hygiéniques, on parle de précarité menstruelle.

Si on ne s’en tient qu’au coût des protections hygiéniques, cela représente déjà une certaine somme : 24,6 euros par an, selon 60 Millions de consommateurs, qui a estimé une moyenne d’un peu plus d’un paquet de tampons utilisé chaque mois dans son enquête datant de mars 2019. Les estimations de ce montant varie évidemment d’une femme à l’autre, en fonction de l’abondance du flux, mais elles fluctuent aussi beaucoup d’une étude à l’autre. Difficile d’avoir des vraies stats en la matière.

Des tampons bientôt gratuits ?

Les Glorieuses, la newsletter féministe créée par Rebecca Amsellem, s’est davantage intéressée à la précarité menstruelle chez les jeunes, les collégiennes et lycéennes mais aussi les étudiantes qui ont des difficultés financières. La jeune femme a l’initiative du média a lancé une pétition pour demander au gouvernement français la gratuité des protections hygiéniques via la mise en place de distributeurs, dans les collèges et lycées.

Pour appuyer la nécessité de ses revendications, la plateforme a réalisé un sondage sur 1653 personnes âgées de 12 à 19 ans dont les résultats parlent d’eux-mêmes. 97% d’entre elles jugent les protections périodiques trop chères. 88% du panel a affirmé s’être “déjà retrouvé en pénurie de protections périodiques à l’école. 49,5% ont été dans cette situation 2 ou 3 fois” dont 26% “plus de cinq fois”. Plus inquiétant, 67,5% ont révélé ne pas être “suffisamment à l’aise avec le personnel encadrant et éducatif pour demander de l’aide en cas d’oubli ou de pénurie de protection”.

On en déduit donc qu’elles se retrouvent très seules dans ce genre de situation qui n’a pourtant absolument rien d’honteuse. Preuve que le sujet des règles reste encore très tabou. Et les témoignages sont nombreux sur les réseaux sociaux.


Mais là où cela pose aussi problème dans le milieu scolaire c’est que les menstruations peuvent causer de l’absentéisme. Une écrasante majorité des sondé.e.s (92% tout de même) ont confié qu’elles les avaient empêchées de faire certaines activités dont faire du sport pour 75,5% et aller en cours (41%). D’où la nécessité de faire bouger les choses.

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