L'Amour au temps du confinement : "J'ai peur de rencontrer mon crush"

Faire des rencontres au temps du confinement, ce n'est pas forcément chose facile. Les applications permettent certes de maintenir cette possibilité de faire connaissance avec des inconnus, mais, après des semaines à discuter, qu'advient-il de l'heure de la rencontre ? Si les concernés l'attendent avec impatience, ce moment représente aussi une source de stress et d'interrogations. 

L'Amour au temps du confinement

Pour tuer le temps lors du confinement, certaines personnes se sont rabattues sur le binge watching, et d'autres sur les sites de rencontres. Tinder, OK Cupid, Meetic, Adopte un Mec... Et même pour certains draguer via les réseaux sociaux, sur Twitter ou encore Instagram. Pratique pour faire connaissance lorsqu'on ne peut pas mettre le nez dehors. Mais avec le prolongement du confinement, les discussions se font parfois fait plus présentes, plus profondes, plus régulières. A tel point qu'un attachement certain s'est formé, à distance, entre les protagonistes. Un attachement qui enlève le côté léger de ces rencontres.

Une question d'attirance

Marie ne s'en cache pas : du haut de ses 26 ans, si elle fréquente des sites de rencontres, c'est plus pour s'amuser qu'autre chose. Mais à force de discuter avec la même personne depuis plusieurs semaines, elle commence à tout remettre en question : "Au fil des semaines, je me suis rendu compte qu'on se parlait tous les jours, beaucoup. On s'est fait des FaceTime toutes les semaines, et on a évidemment prévu de se voir le 11 mai. Sauf que l'approche de cette date me fait flipper." Pourquoi ? "J'ai peur que cette rencontre casse toute l'image que je m'étais faite de lui. Ce stress, ce n'est pas dans mes habitudes. Pourquoi lui, en particulier ? Peut-être que finalement cette rencontre pourrait mener à quelque chose de plus que ce à quoi je m'attendais... Si on se plaît." 

Il a déjà évoqué le fait qu’on pourrait ne pas se plaire

Cette peur de ne pas avoir le déclic "physique" est en effet présente chez de nombreuses personnes. Certaines redoutent d'avoir idéalisé la personne à qui elles se sont attachées virtuellement. Pour d'autres, c'est plus un problème de confiance en soi qui pousse à l'interrogation suivante : ma personnalité va-t-elle suffire ? Myriam, 30 ans, discute avec son "crush" depuis maintenant un mois, et ils ont tous deux décidé de ne pas s'échanger de photos, outre celles présentes sur leurs profils de rencontre. Et si elle a hâte de découvrir un peu plus cette personne, elle stresse de cette rencontre à venir : "J'ai abordé le sujet avec lui. Il est plutôt sûr que notre feeling sera bon, mais il a soulevé plusieurs fois le fait qu'on ne se plairait peut-être pas. Donc je suppose que cette possibilité est bien présente dans sa tête..." Pas très rassurant. Et ce même si certaines personnes telles que Léa, 23 ans, préfèrent relativiser : "Je me dis que si on s'est parlé pendant un mois sans se voir, c'est que le feeling sera là, et qu'on a tous les deux vraiment envie de se voir Sinon, pourquoi avoir pris la peine de discuter autant ?”

L'importance du feeling 

Pour Katie, la question de l'attirance physique ne se pose pas vraiment. "Au point où j'en suis, je m'en fous. Je trouverai ça tellement superficiel de renoncer à une personne avec qui j'ai un tel feeling juste parce qu'elle est différente de l'image que je me faisais d'elle." La jeune femme de 27 ans discute avec David depuis plusieurs semaines, et ce dernier partage son avis : "Même si je n'ai aucun doute de la trouver magnifique, ce qui me plaît chez elle, c'est avant tout sa personnalité, son humour. On a un feeling parfait depuis le début de nos échanges, ça passe tout seul, on se parle pendant des heures. Je ne vois pas comment ça pourrait être différent en vrai."

J’ai besoin de voir si l’alchimie sera présente...

Yoann l'avoue : il attend beaucoup de cette première rencontre pour décider. Le jeune homme âgé de 33 ans a besoin d'une confirmation avant d'envisager quoi que ce soit avec la demoiselle avec qui il discute : celle que leur attirance est bien réelle dans la vraie vie. "On se parle depuis le début du confinement, et nos messages, nos attentions ont donné l'illusion parfaite d'être un couple à distance", explique-t-il. Un facteur agréable pour lui, bien sûr, mais qui représente aussi une source d'inquiétude : "J'ai besoin de voir si l'alchimie sera présente quand on se verra", dit-il. Un point de vue qui n'est pas forcément partagé par son interlocutrice : "Je pense que pour elle, c'est déjà établi. Pour moi, cela crée une pression supplémentaire. Je ne veux pas griller les étapes trop vite." Une prudence logique pour le jeune homme, qui a déjà eu le coeur brisé. 

"En fait, je crois que je suis amoureuse" 

Si la question de l'attirance est légitime, celle des sentiments l'est tout autant. Ginny, 30 ans, se retrouve en effet dans une situation à laquelle elle ne s'attendait pas. "Au début du confinement, j'ai commencé à échanger avec un ami d'enfance. On a commencé à se parler tous les jours. Pour moi qui suis loin de tous mes proches, c'était tellement agréable..." Seulement voilà, au fil des discussions, des petites habitudes de couple se sont installées. "On se donne des petits surnoms, j'attends ses messages avec impatience, j'ai le coeur qui bat quand son nom s'affiche sur mon téléphone... En fait, je crois que je suis amoureuse, et ça me terrifie."

La jeune femme s'inquiète à plusieurs niveaux : outre la peur de ne pas plaire à l'homme avec qui elle discute, elle n'a aucune idée de ce que lui veut de cette relation qui se dessine. "On a prévu d'aller boire un verre à la fin du confinement, et je suppose qu'on verra ce qui se passe à ce moment-là. Ça serait probablement plus simple que je lui pose directement la question, que je sache s'il flirte vraiment avec moi ou si je me fais des films. Mais pour l'instant, je n'ose pas." Tant que le confinement dure, elle préfère se réfugier dans cette bulle fantasmée. En attendant de voir si l'avenir sera à la hauteur de son rêve, ou si le retour à la réalité sera brutal. 

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