Journée mondiale de la ménopause : et si le cannabis était la solution ?

Laetitia Reboulleau
·4 min de lecture
Woman hands in white coat and blue medical gloves holding green branch cannabis with five fingers leaves, marijuana for legalization medical oil hemp
© Getty Images

Plante ultra décriée pour ses effets psychotropes, le cannabis est désormais légal dans de nombreux pays, et même utilisé à des fins médicinales par de plus en plus de personnes. Et, selon de récentes études, il pourrait même permettre de lutter contre certains désagréments liés à la ménopause. Une vertu de plus qui pourrait encourager le processus de légalisation.

La ménopause est un passage obligé dans la vie de toutes les personnes réglées. Passé un certain âge, le système reproductif cesse de fonctionner, les menstruations s'arrêtent, et laissent place à une nouvelle phase hormonale souvent difficile à vivre : la ménopause. Cette dernière intervient entre 45 et 55 ans : il s'agit d'un phénomène naturel, au même titre que le fait d'avoir ses règles. Et pourtant, les symptômes sont loin d'être appréciables. Bouffées de chaleur, insomnie, fatigue, irritabilité, nausées, sécheresse vaginale, prise de poids... Le tout accompagné d'une augmentation des risques de développer certaines maladies telles que l'ostéoporose ou des problèmes cardiovasculaires.

Des symptômes sans traitement

A l'heure actuelle, il n'existe pas vraiment de traitement efficace contre les différents maux liés à la ménopause. Pas de médicament, de soin, d'attitudes à adopter. Résultat : chaque personne concernée à tendance à chercher ce qui fonctionne pour elles, que ce soit parmi les médecines douces ou les remèdes de grand-mère. Mais, à en croire une étude présentée lors de la réunion virtuelle 2020 de la Société nord-américaine de la ménopause (NAMS), il y aurait des pistes à creuser du côté du cannabis.

Le cannabis contre les désagréments de la ménopause

Eh oui : aux Etats-Unis, où le cannabis est légal dans plusieurs états, de plus en plus de concerné·e·s ont décidé de se tourner vers cette drogue pour lutter contre les effets indésirables de la ménopause. L'étude, menée sur 232 personnes ménopausées résidant en Californie du Nord révèle que plus d'un·e sondé·e sur quatre a décidé de consommer du cannabis pour contrecarrer les symptômes de la ménopause. "Ces résultats suggèrent que la consommation de cannabis pour gérer les symptômes de la ménopause peut être relativement courante", analyse Caroly Gibson, psychologue et autrice de l'étude en question.

Cette dernière préfère toutefois prendre l'information avec des pincettes et rappeler le fait suivant : "Nous ne savons pas si la consommation de cannabis est sûre ou efficace pour la gestion des symptômes de la ménopause ou si les femmes discutent de ces décisions avec leurs prestataires de soins de santé." Elle encourage donc le grand public à discuter de la question avec son médecin traitant, d'autant que la consommation de drogue n'est jamais anodine, et peut avoir de graves conséquences, en particulier combinée à d'autres traitements.

Kelly, âgée de 52 ans, réside à Washington DC aux Etats-Unis. Depuis quelques mois, elle est confrontée aux premiers symptômes de la ménopause. "Ici, le cannabis est légal à des fins récréatives et médicinales. Quand j'ai commencé à souffrir de nausées et de bouffées de chaleur, c'est mon fils qui m'a proposé de tester, et ça m'a très vite soulagée", explique cette mère de quatre enfants. "Résultat : j'en ai parlé à mon médecin pour avoir une prescription. Je ne fume pas pendant mes heures de travail, mais le soir, quand je rentre chez moi. Je dors mieux, je souffre moins, et surtout : je fais attention à bien surveiller ma consommation, histoire de pouvoir me sevrer rapidement quand les symptômes auront disparu."

Le CBD, solution pour la France ?

En France, le gouvernement l'a encore ré-affirmé il y a quelques jours : la légalisation du cannabis n'est absolument pas d'actualité. Toutefois, il est possible de trouver dans le commerce des produits qui contiennent du CBD, ou cannabidiol. Ce composé actif majeur du cannabis n'a pas d'effet stupéfiant, contrairement au THC (delta-9-tétrahydrocannabinol), son utilisation est donc légale, et il présente de nombreux avantages. On le retrouve sous différentes formes, aussi bien à fumer qu'à manger ou encore comme huile de massage pour lutter contre les douleurs, et les adeptes sont d'ores et déjà séduits par son efficacité. Une piste à creuser pour les personnes qui traversent la ménopause et cherchent à se soulager.

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