Largué.e, délivré.e : "Avec lui, je n'existais plus en tant que personne. Je ne veux plus jamais revivre ça"

Lucile Bellan
·5 min de lecture
Largué.e, délivré.e :
Largué.e, délivré.e :

Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

Si vous aussi vous voulez raconter vos belles histoires de vie, d'amitié et d'amour, vous pouvez envoyer un message à cette adresse : lucilebellan@gmail.com.

Entre Enzo et Imane, c’est le grand amour instantané. Imane raconte : "La première fois qu’on s’est rencontrés, à une soirée d’amis communs, il n’y a très vite plus eu que nous. Je ne voyais que lui et lui ne voyait que moi. Au bout d’une heure à se dévorer des yeux, on a décidé de sortir parler dans un endroit plus calme. On a passé toute la nuit à se raconter nos vies sur son canapé. On n’avait même pas pensé à s’embrasser." Leur histoire dure deux ans. "C’était une passion dévorante. On s’autosuffisait. J’ai mis longtemps à me rendre compte que j’avais pris mes distances avec ma famille et mes amis. Il n’y avait plus que lui et nous qui comptait."

VIDÉO - Dalila Kerchouche : "Beaucoup de femmes ont été brisées par leur mère dans leur éveil à la sexualité"

Une rupture brutale et inattendue

Mais le petit monde de la jeune femme s’effondre quand Enzo la quitte. "C’était vraiment abrupt. On faisait notre soirée comme d’habitude et il m’a lancé qu’il voulait qu’on se sépare. Quelques heures après, il me demandait de trouver un endroit où passer la nuit, parce qu’il n’était pas à l’aise qu’on reste ensemble dans notre appartement. J’étais sous le choc, j’ai mis trois affaires au hasard dans un sac et je suis allée chez mes parents. Je n’ai même pas été capable de leur expliquer quoi que soit. Aucun mot ne sortait. Je suis restée muette comme ça pendant plusieurs jours."

Un médecin m’a fait un arrêt de travail et je suis restée plusieurs semaines dans ma chambre d’enfant à pleurer et à crier.

Puis viennent les pleurs : "Je pleurais toute la journée. Je n’étais plus capable d’aller au travail, plus capable de ne rien faire. Un médecin m’a fait un arrêt de travail et je suis restée plusieurs semaines dans ma chambre d’enfant à pleurer et à crier. Mes parents ont été un grand soutien et ils ont contacté mes anciens amis pour qu’ils passent me voir. Je ne voyais rien à ce moment-là, mais j’ai toujours été entourée."

VIDÉO - Marie nous raconte comment elle vient en aide aux femmes victimes de violences grâce à l’association Collage Féminicides Paris

Se relever et se réinventer

Alors, Imane se remet à vivre peu à peu. Elle sort d’abord quelques minutes, pour faire une course. Puis de plus en plus longtemps. Elle se reconstruit, petit à petit. Ses amis reprennent leur place. Son travail finit de l’ancrer dans le quotidien. Mais elle a changé : "Tout se qui me rappelait notre ancienne vie me dégoutait. On adorait aller dans un restaurant de grillades : je suis devenue végétarienne. On passait nos après-midis à discuter et se balader au parc : je n’ai plus mis les pieds dans un espace vert depuis des mois. J’ai jeté ou donné la plupart de mes affaires, qui me rappelaient trop des souvenirs partagés. J’ai eu besoin de repartir de zéro ou presque et de me réinventer."

J’ai mis longtemps à réaliser que notre relation n’était pas saine et que ce n’est pas bien de s’oublier comme ça dans sa passion.

Aujourd’hui, la jeune célibataire est plus sereine. Elle a commencé une thérapie pour comprendre pourquoi elle s’était autant investie dans cette relation et pourquoi le choc a été si grand pour elle au moment de la rupture : "J’ai eu besoin d’aller parler à quelqu’un parce que je ne veux plus jamais que ça arrive. Avec Enzo, j’ai eu le sentiment de ne plus exister en tant que personne mais uniquement en tant que couple. Le couple dissolu, je n’avais plus d’existence propre. Je ne veux plus jamais revivre ça. Je veux vivre, exister, être amoureuse à nouveau. J’ai mis longtemps à réaliser que notre relation n’était pas saine et que ce n’est pas bien de s’oublier comme ça dans sa passion. C’est bête mais je croyais que c’était la marque des grandes histoires d’amour. Parce que j’en suis revenue, je sais maintenant que non."

Et parce qu’elle se sent mieux avec elle-même et aussi avec l’idée d’amour, Imane espère rencontrer bientôt un homme qui lui donne toute la place qu’elle mérite.

De la même autrice :

>> Largué.e, délivré.e : “Je suis allé me coucher et quand je me suis réveillé, elle avait pris ses affaires et elle était partie”

>> Le couple à l'épreuve du confinement : "Ça a fait grandir la frustration et on a souvent passé notre colère sur l’autre"

>> Le Grand Swipe : "Elle est arrivée à notre premier date avec 30 min de retard, j’ai failli partir mais j’ai eu une intuition"