Largué.e, délivré.e : "Quand il est parti, il a intégralement vidé l’appart"

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Largué.e, délivré.e :
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Vous vous rappelez de ce sentiment de vide quand il ou elle prononce l’irrévocabilité ? Pourtant, les ruptures, si elles peuvent apparaître insurmontables, nous apprennent toujours. Largué.e, délivré.e raconte ces moments de la vie où il a été question de se réinventer pour vivre une vie plus belle encore.

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Sa grande rupture, Domi s’en souvient très bien : "15 ans ensemble, c’est pas rien, non ? Les derniers mois, ce n’était pas la fête, je le voyais bien. On avait des divergences sur pas mal de sujets dont l’envie ou pas de faire un enfant ensemble. Ma carrière stagnait et lui avait envie de vacances de rêves, de voyages lointains, de faire des folies pendant qu’on était jeunes. On en avait un peu marre l’un de l’autre, mais je me disais que ça passerait, que c’était une phase. Et puis un jour, je suis allée passer le week-end chez mes parents et quand je suis rentrée chez nous, il n’y avait plus rien. Il était parti et il avait intégralement vidé l’appart. Il restait quelques cartons ouverts avec des trucs dont il ne voulait pas, mes vêtements, des bouquins, des vieux draps et des serviettes. Mais pour le reste, c’était le désert. Il avait organisé un vrai déménagement et je n’avais plus de lit ou de canapé pour passer la nuit. Je me suis retrouvée à appeler des amis en pleurs pour squatter leur canapé. J’étais sous le choc. Il n’avait même pas pris le temps de discuter avec moi ou de procéder à un partage équitable. Évidemment, on n’avait jamais gardé aucune facture donc impossible de savoir ce qui était à moi et ce qui était à lui. Avant ce jour, on considérait que tout était 'à nous', mais quand il n’y a eu plus de 'nous' je me suis retrouvée sans rien." 

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Une rupture violente et l'urgence de tout recommencer...

S’il arrive que dans les phases du deuil d’une relation, le déni soit un classique, Domi n’a pas eu l’occasion de se dire que le geste de son ex n’était pas définitif : "L’avantage d’une rupture aussi violente c’est qu’on réalise vite que c’est bel et bien fini. Je n’ai jamais imaginé que le mec puisse changer d’avis et revenir, booker à nouveau un camion de déménagement et réinstaller les meubles comme avant. Le plus dur ça a été de tout reprendre à zéro littéralement. J’avais presque 35 ans et un taf un peu nul qui ne me rapportait pas grand chose et je devais racheter chaque torchon, chaque couvert et chaque meuble qui compose normalement un appartement. Au moins comme j’étais fauchée mon appartement était vraiment plus petit et je n’avais pas besoin de beaucoup de trucs pour le remplir. Mes amis ont fait une cagnotte, mes parents m’ont un peu aidé. Je n’aurais rien pu faire sans eux. Et puis au bout d’environ 6 mois, j’avais retrouvé une vie normale avec un appart à moi correctement équipé. C’est là que j’ai pu me poser pour faire un point sur ce que je voulais pour la suite."

Tomber bas pour oser se lancer (enfin !)

Domi se sent pousser des ailes : "Dans l’année qui a suivi, j’ai quitté mon taf de merde pour un projet plus ambitieux et un peu risqué. Je voulais me lancer dans une branche créative, mais ça nécessitait d’abord de se former à plein de choses et de trouver le courage. En revenant d’aussi loin et m’étant rendue compte que j’étais capable de vivre avec pas grand chose, j’ai pu facilement lâcher prise et me lancer. En fait, c’est comme si je m’étais dit que je ne pourrais pas tomber plus bas, qu’au pire ce serait juste un échec de plus."

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Une épreuve douloureuse pour réussir à se trouver

Aujourd’hui, elle est reconnaissante d’avoir pu suivre sa voie grâce au soutien de ses proches et de sa famille : "Ça n’a pas été facile tous les jours et j’ai eu besoin de l’aide de mes proches quelquefois, mais au final je m’en suis très bien sortie. J’ai réussi ma reconversion, je fais un travail que j’aime et qui m’épanouit. Je gagne même mieux ma vie qu’avant même si je ne peux toujours pas me payer les folies qui faisaient rêver mon ex. En fait, ces trucs d’argent, je m’en fous complètement donc ça tombe bien. Je ne me suis pas remise en couple parce que ça ne m’intéresse plus, mais je me suis trouvée. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu, mais c’est une épreuve qui m’a permis de me construire et de devenir celle que je suis aujourd’hui alors je l’accepte."

Heureuse et épanouie, mais pas prête de pardonner

Mais même si elle est plus heureuse et épanouie désormais, Domi n’est pas prête à pardonner : "Je n’ai eu aucune nouvelles de mon ex depuis 3 ans. Je sais juste que quand il est parti c’était pour déménager dans une autre ville en Europe, mais je n’en sais pas plus. Avec le recul, je réalise à quel point on n’avait rien à faire ensemble et qu’on était en couple par habitude. Je lui ai un peu fait perdre son temps comme il l’a fait pour moi, mais je ne lui aurais jamais fait vivre ce qu’il m’a fait. Pour ça, je ne pourrais jamais lui pardonner." 

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